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Madeleine Albright et le bombardement du Soudan en août 1998

La rédaction
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Un long article dans le New York Times du 26 octobre a révélé qu’il y a avait eu d’importantes dissensions au sein de l’administration Clinton à propos de la décision de bombarder l’usine pharmaceutique d’Al Shifa au Soudan le 20 août 1998. Selon cet article, la secrétaire d’Etat Madeleine Albright a joué un rôle clé pour s’assurer que ce bombardement ait bien lieu. Elle a été soutenue par le sous-secrétaire d’Etat Thomas Pickering et l’un des responsables du Conseil national de sécurité (NSC) Richard Clarke. Par contre, la CIA et le Pentagone avaient mis en garde contre une telle opération.

Ce bombardement est intervenu suite aux attentats perpétrés contre les ambassades américaines de Nairobi et Dar Es-Salaam le 7 août 1998. Il avait été justifié par la « preuve » selon laquelle l’usine d’Al Shifa produisait des « armes chimiques » et était « contrôlée » par le terroriste saoudien Osama Bin Laden. Les Soudanais ont toujours catégoriquement démenti ces allégations. Depuis, une enquête d’experts en armement chimique, sous les auspices des Nations unies, a donné raison à la position soudanaise.

Selon le New York Times, des responsables gouvernementaux de haut rang « avaient émis des doutes, à la veille de l’attaque, quant à savoir si les Etats-Unis détenaient des informations suffisantes sur les liens entre l’usine et la production d’armes chimiques ou Bin Laden. (...) De hauts responsables diplomatiques et du renseignement ont eu des discussions acharnées pour déterminer s’il fallait attaquer une quelconque cible au Soudan. » Le directeur de la CIA George Tenet avait averti les conseillers de Clinton que la preuve à propos d’Al Shifa n’était pas irréfutable, et que le lien entre Bin Laden et l’usine n’était qu’« indirect ». Même le chef d’état-major Hugh Shelton était réservé au sujet de cette opération.

Avant l’opération, les analystes du Bureau du renseignement et de recherches du département d’Etat avaient exprimé leurs doutes à l’assistant au secrétaire d’Etat Phyllis Oakley. Lors d’une réunion, Oakley et d’autres fonctionnaires furent d’avis que le dossier établissant un lien entre Al Shifa et Bin Laden manquait de consistance. Toutefois, Albright voulait que le bombardement ait lieu. Après le bombardement, Albright et Pickering dissimulèrent un rapport du département d’Etat selon lequel l’opération n’était pas justifiée. Le porte-parole du département d’Etat James Rubin rapporta au New York Times qu’Albright n’était « pas intéressée à voir ce [vieux] débat ressassé ».

Richard Clarke, responsable du contre-terrorisme au NSC, avait également encouragé le bombardement du Soudan. En 1992, Clarke avait été limogé du poste d’assistant au secrétaire d’Etat chargé des affaires politiques et militaires, pour avoir couvert des ventes israéliennes illégales de technologie sensible américaine à des pays tiers. Avant l’opération, certains experts du contre-terrorisme, convoqués au bureau de Clarke au NSC, s’étaient montrés sceptiques en ce qui concerne le ciblage d’Al Shifa, mais Clarke ne pris pas en compte leurs réserves.

Interrogé par le New York Times, Clarke nia que quiconque ait émis des doutes lors de cette réunion. Toutefois, note le journal, « à Langley, des doutes similaires sont apparus parmi de hauts responsables de la CIA. Jack Downing, le directeur des opérations de la CIA, avait estimé que cette attaque n’était pas justifiée ».

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