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Madrid II, ou Netanyahou et la guerre : Israël doit choisir

La rédaction
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Dans le débat qui fait rage en Israël, opposant partisans et détracteurs de la guerre, le ministre de la Police et la Sécurité, Avi Dichter, s’est prononcé le 21 août pour l’ouverture d’entretiens avec la Syrie. Cet ancien chef du Shin Bet et membre actuel du Kadima estime qu’« en échange d’une véritable paix avec la Syrie ou le Liban (...) je pense que ce que nous avons fait avec l’Egypte et la Jordanie est légitime ici aussi. » Les entretiens « pourraient être initiés via un tiers » et ne devraient pas exclure la stratégie « terre contre paix », en dépit des échecs passés .

Par contre, le Premier ministre Ehoud Olmert, qui lutte pour sa survie politique, s’y oppose fermement. Lors d’un événement public récent, il a encore fait écho à la rhétorique du gouvernement Bush, qualifiant la Syrie de « membre le plus agressif de l’axe du mal. Je serai le dernier à dire que je veux négocier avec la Syrie. »

Dans ce sens, le Jerusalem Post a écrit la semaine dernière, « en exclusivité », qu’Israël allait acheter deux autres sous-marins allemands de classe 212, capables de tirer les missiles de croisière israéliens dotés d’ogives nucléaires . Autre nouvelle inquiétante, on a appris dans le Ha’aretz du 25 août que, quelques semaines avant le début de la guerre contre le Liban, le chef d’état-major israélien, le général Dan Halutz, avait nommé le commandant de l’Armée de l’air, le général Elyeser Shkedy, au poste de chef du commandement iranien des forces de défense.

Sur le plan politique, l’électorat israélien se déplace sur la droite et d’après les derniers sondages, si les élections devaient se tenir ces jours-ci, le Likoud de Benjamin Netanyahou en sortirait grand vainqueur, de même que le parti d’extrême-droite YIsraël Beitenu, dirigé par Avigdor Lieberman. La perspective de nouvelles élections n’est pas si éloignée, puisque la coalition d’Olmert pourrait tomber dans les deux prochains mois si le budget proposé par le gouvernement est rejeté par la Knesset. Un groupe de députés du Parti travailliste a déjà fait savoir qu’il ne soutiendrait pas ce budget qui prévoit une réduction de 2 millions de shekels dans les programmes sociaux pour financer la guerre.

Sentant le vent tourner, Netanayahou et ses bailleurs de fond dans la synarchie essaient désormais de coopter le mouvement de protestation lancé par des soldats réservistes et des parents de victimes, qui tiennent des manifestations devant le bureau du Premier ministre pour exiger sa démission, ainsi que celle du ministre de la Défense Peretz et du chef de l’état-major Halutz. Certaines sources politiques israéliennes font remarquer que ce « mouvement des réservistes » illustre bien le problème des actions de protestation qui sont organisées autour d’un seul thème et d’une seule revendication limitée, sans tenir compte des implications plus vastes qu’aurait la chute du gouvernement. Quoi qu’il en soit, la dynamique créée est plutôt favorable à Netanyahou. Par ailleurs, un groupe d’« anciens combattants de la guerre de 1948 » a manifesté sa solidarité avec le mouvement des réservistes. Or les anciens combattants étaient dirigés par un certain Daniel Doron, l’un des principaux conseillers économiques de Netanyahou, formé à l’école du libéralisme sauvage. Cette piste mène non seulement au chef du Likoud mais aussi à l’américain George Shultz. Doron dirige en effet le « Centre israélien du progrès social et économique », qu’il a fondé en 1983 dans le cadre de la campagne de Shultz, alors secrétaire d’Etat américain, pour obliger Israël à démanteler son système de filet social et son vaste secteur public.

Le général Ben Ari : Israël doit opter pour une conférence Madrid II

Dans une interview avec l’EIR, le général israélien Yossi Ben Ari (cr), ancien officier supérieur du renseignement et actuel co-directeur de l’unité Affaires stratégiques du « Centre Israël-Palestine de recherche et d’information », a déclaré que la meilleure option pour Israël serait de soutenir une conférence Madrid II et une initiative de paix globale pour le Moyen-Orient :

« Si Ehoud Olmert cherche une véritable alternative qui lui serve en même temps de sauvegarde, il devrait prendre une nouvelle initiative politique globale, s’appuyant sur le concept de la conférence de Madrid de 1991 que vous avez mentionné. Autrement dit, Israël devrait tenter d’impliquer positivement la Syrie et le Liban sur le plan politique, tout en renouvelant les entretiens avec les Palestiniens. »

Mais pour choisir une telle voie, « Olmert devra être bien courageux », parce qu’il lutte en ce moment pour sa propre survie politique face au virage à droite de l’opinion publique qui a suivi la débâcle militaire au Liban. Ben Ari estime que le véritable problème pour Israël n’est pas la Syrie : « Ce qui m’inquiète vraiment, personnellement, c’est que l’Etat d’Israël doit se préparer à engager l’Iran. (...) Ce qui devrait nous réveiller tous, je pense, c’est la réaction négative attendue de la part du [président iranien] Ahmadinejad à l’initiative du Conseil de sécurité de l’ONU. (...) Si je me mets à la place d’un décisionnaire israélien, le processus politique représente l’option préférée, bien sûr, contrairement à un conflit armé avec l’Iran. (...) Le conflit israélo-arabe exige une solution politique. Si Israël se montrait fondamentalement prête à revenir aux lignes de 1967 avec la Syrie, le Liban et les Palestiniens, on aurait de meilleures chances de mettre fin au conflit. »

Compte tenu de l’opposition de l’administration Bush à tout dialogue, sans parler de processus de paix avec la Syrie, le général Ben Ari affirme : « Je pense que nous avons une autre option à envisager. Israël peut ignorer l’attitude américaine et rechercher le processus de paix. (...) Si l’on considère toutes les options pour notre pays, les deux principales sont soit d’entrer en conflit d’une manière ou d’une autre avec l’administration Bush, soit de nous exposer à de graves problèmes potentiels avec l’Iran. Il serait peut-être préférable d’affronter des moments difficiles avec la Maison Blanche pour soulager ainsi la menace venant de l’Est. Après tout, nous avons eu des différends et des conflits avec des gouvernements américains précédents, sans que cela touche aux relations stratégiques globales des deux côtés. Je crois que si Israël arrivait à la conclusion de vouloir approcher la Syrie et la faire entrer dans un genre de négociation, ce serait la meilleure option pour nous. Peut-être devrions-nous le faire même si cela risque de rendre Bush, Cheney et Rumsfeld un peu fous. Nous ne devrions pas écarter cette option. »

Le général Ben Ari a enchaîné en appelant des décisionnaires politiques israéliens à se rendre à Washington pour y faire pression en faveur de l’approche d’un Madrid II, tout en exprimant l’espoir que les élections législatives de novembre amènent un type de changement qui améliore encore les perspectives et les options, « afin d’influencer les attitudes à Washington et dans la population américaine ».

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