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Manifestations du lundi : la bonne idée au bon moment

La rédaction
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Il y a un mois, Helga Zepp-LaRouche, Présidente du Buergerrechtsbewegung Soldaritaet (BueSo, Mouvement des droits civiques/Solidarité), et le mouvement des jeunes Larouchistes (LaRouche Youth Movement, ou LYM) ont relancé les « manifestations du lundi » de Leipzig (qui avaient mis fin au régime de l’Allemagne de l’Est en 1989), cette fois pour rétablir la justice économique et sociale. Le 2 août, des rassemblements se sont produits à Leipzig et dans d’autres villes pour protester contre l’intensification des mesures d’austérité, mesures connues sous le vocable de Hartz IV. Il y avait 5500 manifestants à Magdebourg, 1500 à Dessau et Senftenberg, et des centaines à Erfurt, Suhl, Dresde, organisés par d’autres partis et organisations. 32 villes, à l’est comme à l’ouest, ont été touchées par les manifestations du 9 août, rassemblant plusieurs dizaines de milliers de manifestants. Parmi ces villes : Leipzig, Rostock, Magdeburg, Dessau, Halle, Dresden, Erfurt, Jena, Weimar, Hamburg, Francfurt/Main, Dortmund, Duisburg, Essen et Koeln.

La propagation rapide de l’idée de reprendre, au beau milieu du creux estival, les manifestations historiques du lundi tenues en 1989, prouve que l’initiative prise début juillet par le BueSo, afin de demander un changement profond des politiques économiques et des choix d’investissement, a touché juste, au bon moment. La mobilisation du BueSo constitue une réponse à la nouvelle dynamique déclenchée dans l’Est du pays, en réponse à l’arrogance et l’incompétence des élites bancaires et politiques. La population de l’Allemagne de l’Est a dû subir une suite ininterrompue de mesures d’austérité - aujourd’hui les mesures Hartz IV - qui ont provoqué l’humiliation et l’angoisse du lendemain ; elle garde également un souvenir vivace des rassemblements de 1989, qui ont mis fin au régime communiste au terme d’une révolution pacifique.

Le soutien pour relancer les manifestations du lundi, auquel le BueSo avait appelé dans un tract diffusé à grande échelle, est venu des milieux de l’Eglise, des syndicats et des partis politiques : plusieurs « vétérans » à l’origine des initiatives de 1989, comme Christian Fuehrer et Hans-Jochen Tschiche ont fait connaître leur soutien. Fuehrer, pasteur de la Nikolaikirche à Leipzig, où les manifestations avaient débuté voilà 15 ans, a déclaré dans une interview au Berliner Zeitung le 5 août que « les nouvelles manifestations du lundi arrivent fort à propos, les gens se sentent impuissants face au démantèlement social. » Il y ajoute que « nous avons besoin d’un nouveau grand mouvement comme alors (en 1989) pour accoucher du deuxième volet de la révolution pacifique, qui n’a toujours pas été réalisé, c’est-à-dire restaurer la paix intérieure en Allemagne. » ; Tschiche, co-fondateur du principal groupe d’opposition à l’Est avant la chute du Mur, le Neues Forum, a souligné la pertinence des nouveaux rassemblements du lundi car les droits sociaux des citoyens sont maintenant menacés, comme l’étaient les droits civiques il y a 15 ans. Selon Tschiche, les nouvelles protestations constituent le début d’un « véritable mouvement de citoyens ».

Autre vétéran du mouvement de la fin de 1989, Friedrich Schorlemmer a annoncé dans une interview radio le 6 août que « si la confiance dans un futur n’est plus là, la société se disloque. Avec les mesures Hartz IV, on peut s’attendre à l’irruption d’une pauvreté de masse. » Tous ceux qui se trouvent confrontés à la perspective d’un chômage de longue durée connaissent une « angoisse existentielle fondamentale » dit Schorlemmer, ajoutant que « l’on est en train d’extirper toute trace de la tradition européenne de bien-être social », et qu’avec Hartz IV, on a affaire « aux plus grandes coupes des indemnités sociales depuis la fondation de la République fédérale (d’Allemagne). » Pour Schorlemmer, l’Est est transformé en un territoire du chômage, des retraités et des malades. C’est la raison pour laquelle, « quand règne l’idéologie néolibérale, l’intervention de l’Etat est requise » déclare-t-il.

L’establishment pro-austérité en Allemagne a été pris de cours : s’il s’attendaient à une résistance vis-à-vis de Hartz IV, ses mentors ne s’attendaient certainement pas à une telle contre-offensive, s’inspirant directement de la révolution de 1989. Lors d’interviews le 6 août avec le quotidien Leipziger Volkszeitung et à la Deutschlandfunk, principale radio du service public, le Ministre de l’économie allemand Wolfgang Clement, dont les services sont en charge de l’application de Hartz IV, a qualifié l’idée des nouvelles manifestations du lundi de « totalement déplacées », toute référence aux rassemblements de 1989 étant « ridicule » et représentant même « une insulte aux manifestations historiques du lundi ». « Parfois, a-t-il ajouté, je me demande dans quel pays nous vivons en réalité... à tous ceux qui voudraient maintenant appeler à la désobéissance civile, je dis qu’ils sont complètement à côté de la plaque ».

L’arrogance et l’incompétence de Clement ont créé une forte polarisation dans le public allemand : s’il a Clement reçu le soutien ; autre autres, de personnalités en vue dans le Parti Vert, et du président de l’Association allemande des chefs d’entreprise, il a par contre été fortement attaqué par Wolfgang Thierse, ténor du Parlement allemand et l’un des co-fondateurs de la Sociale Démocratie en Allemagne de l’Est à la fin 1989, ainsi que par Freya Klier, réalisateur et dissident très connu de l’autre côté du Mur avant 1989. Dans le principal Tabloïde dominical Bild am Sonntag, Thierse a défendu les manifestations du lundi, affirmant que « le sens de la justice est plus fort chez les gens de l’Est que chez les gens de l’Ouest [...] Quand ils ont renversé le régime est-allemand en 1989, les gens de l’Est ont vécu l’expérience des protestations pacifiques de masse. » De même Cornelia Pieper, chef de file des Démocrates libres et libéraux, s’est indignée du ton insultant de Clement, ses remarques pourraient même, selon elle, créer les conditions où « les protestations à l’Est pourraient rapidement se propager à l’Ouest ». Le Gouverneur du Land de Saxe Georg Milbradt lui-même, confronté le 8 août par des jeunes du LYM dans une interview télévisée en direct, a déclaré le lendemain à la radio qu’il « n’excluait pas » que des membres de son cabinet puissent prendre part aux manifestations du lundi.

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