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Manipulations et tromperies économiques

La rédaction
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Dans la semaine qui s’est terminée le 22 août, les indices boursiers aux Etats-Unis, en Europe et au Japon ont atteint leur plus haut niveau de cette année. En même temps, le dollar a connu sa plus forte hausse hebdomadaire face à l’euro en plus de deux ans. La raison invoquée en est la « reprise de l’économie américaine ». Cette « reprise » est supposée devenir si forte dans les semaines et les mois qui viennent, qu’elle tirerait l’ensemble de l’économie mondiale hors de la dépression actuelle. Mais la réalité économique et financière est bien différente. Au lieu d’une amélioration de l’économie américaine, on a plutôt affaire à un autre effort conjoint de l’administration Bush, de la Réserve fédérale et de grandes sociétés pour créer de l’exubérance à coups de ruses comptables et d’injections de liquidités.

Les profits que les sociétés américaines viennent de déclarer pour le deuxième trimestre sont un peu plus élevés qu’au trimestre précédent et devraient augmenter plus rapidement, de l’avis des financiers de Wall Street, au cours du troisième trimestre. Mais ces chiffres sur les profits, qui ont ravi les médias financiers et les marchés boursiers, ne sont que des profits « pro forma ». Cela veut dire qu’ils ne sont pas calculés suivant des règles strictes, mais que chaque société a sa propre méthode pour faire ses calculs. On peut en particulier en exclure les coûts dits « extraordinaires », même s’ils reparaissent à chaque trimestre. Par contre, les profits que les sociétés déclarent auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) révèlent une tendance différente : ils sont toujours bien plus bas et montrent, pour le deuxième trimestre, une augmentation quasi-nulle.

L’autre élément ayant contribué à l’exubérance, ce sont les statistiques du PIB pour le deuxième trimestre, présentées par le département du Commerce le 31 juillet. Selon ces chiffres, l’économie américaine aurait connu une croissance de 2,4 %, ce qui semble bien meilleur que la croissance nulle, voire négative, des grandes économies européennes au cours de la même période. Ces 2,4 % de croissance correspondent à une augmentation du PIB de 56,1 milliards de dollars au deuxième trimestre. Or, la moitié de cette croissance a été calculée à l’aide de la méthode du « calcul hédoniste ». Ainsi, le département du Commerce a pris les 6,3 milliards de dollars d’investissements supplémentaires dans l’informatique - donc une somme réellement déboursée pour l’informatique - et les a transformés en une croissance « ajustée sur la déflation » de 36,4 milliards. Si l’on soustrait du PIB les 30,1 milliards de dollars ainsi ajoutés par ruse comptable, on arrive à une croissance de seulement 26 milliards, contre les 56,1 milliards annoncés. En outre, on a l’habitude en Amérique d’annualiser les statistiques trimestrielles. Cela signifie qu’au lieu des 26 milliards de dollars de croissance projetés pour toute l’année, sans recourir au calcul hédoniste des ventes d’ordinateurs, on se retrouve avec une croissance de seulement 6,5 milliards au deuxième trimestre, soit, en fin de compte, seulement 0,3 % de croissance. Mais il y a pire. Les dépenses gouvernementales en matière de défense au deuxième trimestre ont augmenté de 39,2 milliards d’une année sur l’autre. Ainsi, sans cette augmentation des dépenses de défense et sans le calcul hédoniste des prix informatiques, le PIB américain aurait en fait diminué au lieu de s’accroître.

Enfin, il y a la Réserve fédérale. Celle-ci a abaissé ses taux à court terme vers les plus faibles niveaux en un demi-siècle, tout en soulignant qu’ils resteraient à ce niveau quoi qu’il arrive. Bien que la baisse des taux n’ait nullement encouragé les investissements d’entreprises, elle représente un facteur crucial des achats par effet de levier de toutes sortes de titres financiers, notamment des actions de sociétés. En outre, la Fed ne perd jamais une occasion d’injecter des liquidités dans le système. En réaction à la gigantesque panne d’électricité du 15 août, la Fed a fourni pour 20 milliards de crédit à court terme aux banques, puis de nouveau, 12 milliards le 17 août.

Par contre, selon Thomson Financial, les PDG de sociétés américaines qui doivent rendre compte auprès de la SEC de chaque opération commerciale sur leurs actions, se montrent plus pessimistes ces derniers temps. Pour chaque dollar d’actions achetées en juillet, les « insiders » américains en ont revendu pour 32 dollars au cours du même mois.

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