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Maurice Allais, lucidité et courage face à la crise

La rédaction
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18 octobre 2010 (Nouvelle Solidarité) — Samedi en la cathédrale St Louis des Invalides, s’est tenue la cérémonie funéraire de Maurice Allais, un des ces quelques grands économistes de l’histoire française qui ont constamment cherché à appliquer dans l’économie, au service des hommes et au delà du monétarisme, des principes physiques puisés dans la science.

Après l’hommage rendu par Jacques Cheminade la semaine dernière, nous publions ici le texte que lui dédie Christine Bierre, vice-présidente de Solidarité & Progrès :

Maurice Allais nous a quittés le 9 octobre à 99 ans. Un à un, ces hommes de caractère nés au début du XXe siècle s’en vont, nous abandonnant à la misérable petitesse de ce nouveau siècle. Ils ont connu de terribles malheurs, deux conflits mondiaux, et le krach de 1929 qui survint lorsque Maurice Allais avait 18 ans. Mais ils ont eu aussi la chance de vivre dans un monde qui fut soulevé par quelques chefs d’Etat de talent et de courage, dont Franklin Roosevelt et Charles de Gaulle.

Et c’est fort de cette expérience générationnelle que Maurice Allais, seul avec quelques autres comme LaRouche, de onze ans son cadet, a pu tirer très tôt la sonnette d’alarme sur la crise terrible dans laquelle s’engouffrait l’humanité. Dans un ouvrage de février 1999, La Crise mondiale aujourd’hui , il dressait le parallèle entre la crise de 1929 et celle d’aujourd’hui, soulignant toutefois cette différence béante : « Entre la situation de 1929 et la situation actuelle [il y a une] une différence considérable d’échelle, c’est le monde entier qui actuellement est concerné. »

« La crise de 1929 a été la conséquence de l’expansion déraisonnable des crédits boursiers qui l’a précédée aux Etats Unis et de la montée extravagante des cours de Bourse qu’elle a suscitée », écrivait Allais, notant comment l’indice Dow Jones avait augmenté de 215 % entre janvier 1925 et septembre 1929, alors que le PNB ne s’était élevé que de 13 % dans la même période !

Tout aussi extravagants ont été l’endettement massif et la montée de la spéculation amenant à la crise actuelle, soulignait-il. L’abandon, en mars 1973, des parités fixes entre les monnaies en faveur de changes flottants, fut à l’origine d’une spéculation fulgurante dans les monnaies. Celle sur les actions et les obligations fut tout aussi spectaculaire, dit Allais, évoquant le fait qu’à New York, depuis 1983, se sont développés de gigantesques marchés à terme sur les indices boursiers, les « hedge funds » et tous « les produits dérivés ».

Et comme ces dernières années, tout ceci fut présenté à l’époque comme « une nouvelle ère » de prospérité générale !

Force est de constater que parmi les économistes, dans la période qui conduisit à la crise actuelle, seuls Maurice Allais et Lyndon LaRouche ont eu le courage d’aller au fond des choses. Allais voyait deux causes principales à toutes les crises. D’abord « la création de monnaie ex nihilo » par les banques privées via « le mécanisme de crédit », qu’il va jusqu’à qualifier de « "cancer" qui ronge irrémédiablement les économies de marchés » , empruntant la célèbre phrase de Jacques Cheminade en 1995. Autre mécanisme mis en cause, « le financement d’investissements à long terme par des fonds empruntés à court terme. »

Pour s’attaquer à ces maux, Allais proposa une réforme profonde : 1) « La création monétaire doit relever de l’Etat et de l’Etat seul » , seule la Banque centrale sous contrôle public devait être habilitée à émettre de la monnaie, et 2) « tout financement d’investissement à un terme donné doit être assuré par des emprunts à des termes plus longs, ou tout au moins de même terme » . Allais proposa ensuite sa propre version de la loi Glass-Steagall : la « dissociation totale » des activités bancaires « en trois catégories d’établissements indépendants »  : 1) « des banques de dépôt assurant, à l’exclusion de toute opération de prêt, les encaissements et les paiements, et la garde des dépôts de leurs clients »  ; 2 ) « des banques de prêt empruntant à des termes donnés et prêtant les fonds empruntés à des termes plus courts, le montant global des prêts ne pouvant excéder le montant global des fonds empruntés »  ; et 3) « des banques d’affaires empruntant directement auprès du public, ou aux banques de prêt, et investissant les fonds empruntés dans les entreprises. »

Maurice Allais fut aussi le pourfendeur de la mondialisation financière à l’origine du fort taux de chômage en Europe et dans le monde.

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