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Même sans Lisbonne, un Big Brother transatlantique s’occupera de votre sécurité

La rédaction
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8 août 2008 (LPAC) – « La coopération judiciaire totale, le Traité de Lisbonne l’a rêvée, l’UE l’a fait », et sans attendre le traité. Voilà en essence ce qui se passe dans les institutions européennes. Après 18 mois de travail, le Futur Group, mis sur pied par le ministre allemand Wolfgang Schauble, et composé des ministres de l’Intérieur de la France, de l’Allemagne, de la Suède, du Portugal, de la République Tchèque et de la Slovénie, a finalisé son rapport ultrasecret sur la coopération en matière de sécurité en Europe. Notons d’emblée que la baronne Scotland, ministre de la Justice outre-Manche, a assisté aux travaux du groupe, bien qu’en tant qu’observatrice.

Un journaliste du quotidien britannique The Guardian, a pu prendre connaissance du contenu du rapport. Il affirme que ce dernier préconise, sous couvert d’améliorer la lutte contre le terrorisme, d’ouvrir une « ère euro-atlantique de coopération », grâce à des niveaux de coopération sans précédent impliquant un partage grandissant des fichiers qui contiennent des informations sensibles. Le groupe pense finaliser ce projet au plus tard en 2014 et formalisera le transfert d’énormes quantités de données, relatives à la vie privée des personnes, aux autorités américaines.

Le rapport contient d’autres propositions inquiétantes, en particulier la création d’une force expéditionnaire de gendarmerie, capable de se déployer lors d’actions paramilitaires à l’étranger.

On peut également y lire que « L’Union européenne devrait prendre une décision par rapport à l’objectif politique de conclure une ère de coopération euro-atlantique dans le domaine de la liberté, la sécurité et la paix avec les Etats-Unis ».

Pour l’Union européenne, il s’agirait aussi d’accroître les moyens budgétaires d’organisations comme Eurojust, Europol, Frontex ou Sitcen, des entités relativement peu équipées.

Sitcen est l’acronyme du Joint Situation Center [Centre conjoint de gestion de crise], décrit par le Guardian comme un « service de renseignement douteux basé à Bruxelles », et créé à l’origine comme un service de renseignement chargé de produire des analyses pour Javier Solana, le haut représentant pour la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et secrétaire général, à la fois du Conseil de l’Union européenne (UE) et de l’Union de l’Europe occidentale (UEO).

N’oublions pas que Javier Solana, ancien secrétaire général de l’OTAN, est également un membre éminent du Club de Rome et que son conseiller demeure Robert Cooper, l’idéologue dangereux du libéral-impérialisme, nouvelle métastase de l’Empire britannique.

Même l’American Civil Liberties Union (ACLU), une association américaine des droits civiques, a envoyé des lettres de mise en garde aux membres du Parlement européen jugeant qu’un tel projet renforcerait des lois étasuniennes liberticides et anti-constitutionnelles. Le Guardian estime qu’une certaine résistance viendra de l’Angleterre, où la mise en commun des fichiers relatifs à la sécurité, est vue comme inacceptable.

Une fois de plus, avec une Europe de cette nature, point besoin d’anti-européens !

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