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Menace d’une « guerre par erreur » en Asie du Sud

La rédaction
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La semaine dernière, différentes voix à Washington ont souligné que la situation en Asie du sud - notamment le conflit entre l’Inde et le Pakistan - devient si tendue qu’une simple erreur de calcul militaire, comme en août 1914, pourrait provoquer une guerre. Cette fois-ci, cependant, les pays en question disposent d’arsenaux nucléaires. La mise en garde la plus solennelle a été lancée le 10 mai par David Ignatius dans un article du Washington Post. « Le sous-continent indien est la seule partie du monde où une guerre nucléaire peut aujourd’hui être considérée comme une sérieuse éventualité, écrit-il. Des responsables américains et européens (...) estiment que tous les ingrédients sont réunis pour un enchaînement désastreux d’erreurs de calcul du même ordre que celles de 1914. (...) Une guerre nucléaire entre l’Inde et le Pakistan signifierait des pertes humaines d’une ampleur sans précédent. »

Deux jours plus tard, la presse britannique rapportait qu’un ancien conseiller de haut niveau du gouvernement Clinton, Bruce Riedel, devrait publier prochainement un rapport révélant qu’en 1999, le Pakistan « préparait son arsenal nucléaire » contre l’Inde. Le gouvernement Bush s’apprête à envoyer la vice-secrétaire d’Etat, Christina Rocca, en Inde et au Pakistan le 14 mai pour les inciter à la « retenue ».

Ce danger de guerre est à prendre au sérieux, même si l’option nucléaire représente surtout une obsession de la part de Washington. L’origine du conflit n’est pas à rechercher dans le sous-continent en tant que tel, mais plutôt dans l’élargissement des opérations lancées par les partisans d’une « guerre perpétuelle ». Depuis le 11 septembre, les Etats-Unis et leur allié britannique ont déclenché un conflit très dangereux qui opposerait « chacun contre tous » dans cette région de 1,2 milliards d’habitants. Pour Lyndon LaRouche, c’est le rejet par les Etats-Unis de la proposition de triangle de coopération stratégique Russie-Inde-Chine, faite en décembre 1998 par le Premier ministre russe de l’époque, Evgueni Primakov, qui a jeté les bases d’une telle guerre. Cette opposition a été confirmé en septembre 2000 par l’ultra-libéral Institut Cato, qui a rejeté le « triangle stratégique », s’efforçant d’éloigner l’Inde de ce projet.

Par ailleurs, le bombardement de l’Afghanistan par les Anglo-Américains crée les conditions d’une « guerre perpétuelle » dans ce pays dévasté, qui est aussi l’un des premiers producteurs d’opium au monde. Le Pakistan, autrefois le principal allié des Talibans, est devenu l’avant-poste du renseignement et des opérations militaires américains dans la région. Les Etats-Unis ont donné leur aval au « référendum », particulièrement discutable, qui a prolongé de cinq ans le mandat présidentiel de Moucharraf. En même temps, Washington exige du Pakistan un soutien militaire pour ses opérations contre des militants anti-américains en Afghanistan - ce qui risque de mettre en péril le régime déjà instable de Moucharraf - tout en reprochant à Islamabad de ne pas traquer les combattants d’Al-Qaida qui ont franchi la frontière avec le Pakistan.

Pour sa part, l’Inde se trouve dans une impasse. New Delhi ne croit pas au prétendu « diktat » américain vis-à-vis d’Islamabad, qui se serait engagé à réprimer l’infiltration de militants pakistanais au Cachemire à travers la Ligne de Démarcation (LdD) et à arrêter les terroristes tenus pour responsables de l’attentat contre le parlement indien, le 13 décembre dernier. Depuis janvier, 700 000 soldats indiens sont en état d’alerte sur la LdD et le message de l’Inde est clair : si le Pakistan n’arrête pas le terrorisme transfrontalier, il risque une guerre conventionnelle. Depuis avril, contrairement à ce que prétend le sous-secrétaire d’Etat, Richard Armitage, cette infiltration a augmenté et devrait s’intensifier, comme l’Inde le craint, à la fonte des neiges, en juin-juillet. En outre, les troubles communautaires dans l’Etat de Gujarat, loin de s’apaiser, augmentent les pressions sur New Delhi.

A l’est, la guerre civile qui dure depuis six ans au Népal, entre les rebelles se disant « maoïstes » et le gouvernement, s’intensifie de jour en jour. Bien que pauvre et isolé, ce pays occupe une position stratégique importante à la frontière entre l’Inde et la Chine, dont les relations réciproques se sont améliorées récemment. Dans les années 50 et 60, il servit de base pour les opérations militaires américaines dans le Tibet. Le Premier ministre népalais, Sher Bahadur Deuba, a passé une semaine aux Etats-Unis, du 5 au 12 mai, avant de se rendre à Londres. Il se serait vu offrir 20 millions de dollars d’aides et de conseils militaires, mais il réclame davantage, y compris une base américaine, ce qui ne manquerait pas de provoquer une forte réaction en Chine.

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