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Mexique : la victoire de Fox est-elle un prélude à des explosions sociales ?

La rédaction
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La victoire de Vicente Fox à l’élection présidentielle du 2 juillet a été accueillie avec grande satisfaction par le gouvernement et les médias américains. C’est en effet lui que le département d’Etat et Wall Street voulaient voir accéder à la présidence mexicaine. Le candidat du Parti d’action nationale (PAN) a donc obtenu 43,6 % des suffrages, contre 35 % pour Francisco Labastida, le candidat du PRI, le reste allant au candidat de gauche, Cuauhtemoc Cardenas, du PRD.

D’innombrables articles de presse ont salué la victoire de Fox comme un « triomphe de la démocratie » qui « met fin à soixante-dix années de dictature du PRI » au Mexique. Pour le Washington Post, ce « triomphe » va revitaliser le processus de « démocratisation de l’Amérique latine, à un moment où le Pérou, la Colombie et le Venezuela semblent aller dans la direction inverse ».

Ancien élève en économie de Harvard, Fox a été directeur de la filiale mexicaine de Coca Cola. Ceci explique sa prédilection pour l’« économie du marché », ainsi que sa bonne réputation auprès de Wall Street et du département d’Etat américain. En revanche, le soutien appuyé que lui accorde le président sortant Zedillo, qui restera en poste jusqu’au 1er décembre, apparaît plus curieux. On peut penser qu’un puissant courant à l’intérieur du PRI a compris, bien avant l’élection, le « message » en provenance de Washington, selon lequel son avenir politique dépendrait d’un « arrangement constructif » avec le vainqueur probable du PAN. Même avant son entrée en fonction en décembre prochain, Fox pourrait, en étroite coordination avec Zedillo, commencer à opérer d’importants changements au niveau des institutions et de la politique économique.

En tout cas, Fox a annoncé son intention de s’entourer d’un gouvernement technocratique « pluraliste ». Lors d’une conférence de presse avec des journalistes étrangers, il a déclaré qu’il cherchait des « experts professionnels » pour son gouvernement, précisant qu’il avait passé un contrat avec « cinq agences internationales de recrutement de directeurs » qui doivent l’aider à sélectionner des candidats pour son gouvernement.

Fox a promis d’« intégrer entièrement le Mexique dans l’Alena », ce qui se traduira sûrement par la privatisation de l’électricité et de pans entiers du secteur pétrochimique. Ce qui rend le Mexique attractif pour Wall Street, ce sont ses réserves pétrolières et son réservoir de main-d’oeuvre bon marché, et là-dessus, Fox ne tient pas à décevoir ses parrains américains. Outre la privatisation des entreprises publiques, Fox pourrait aller de l’avant dans la dollarisation totale du Mexique, abandonnant officiellement la souveraineté monétaire au profit d’un bloc Alena-dollar.

Se drapant dans les plis de la « démocratie » et de la « transparence », Fox a annoncé « une guerre contre la corruption, l’impunité et le crime organisé », dont il pourrait se servir pour lancer une purge et le démantèlement des institutions nationalistes que ce soit dans l’Armée, la police ou l’administration. Fox a également annoncé la formation d’un nouveau ministère de Sécurité fédérale et de la Justice, modelé sur le FBI américain. Une Commission de transparence sera créée pour enquêter sur les anciens scandales entourant le PRI. Selon Fox, le problème du Chiapas sera « résolu » avant le 1er décembre, ce qui veut peut-être dire que la plupart des revendications des zapatistes narco-terroristes seront satisfaites. Il a aussi indiqué son intention de retirer l’Armée des zones rurales du Chiapas, comme le réclament encore les zapatistes.

Dans le contexte de la crise économique et financière aux Etats-Unis, qui aura un fort impact sur le Mexique, la politique de Fox reviendra à « empiler de la dynamite sociale ». Sur 98 millions de Mexicains, 40 millions gagnent moins de 2 dollars par jour. Pendant les six années d’adhésion à l’Alena, la dette extérieure mexicaine a doublé pour atteindre 212 milliards de dollars, alors que les salaires n’ont même pas regagné le niveau qu’ils avaient avant la crise du peso en 1995. Par conséquent, les « réformes libérales » de Fox risquent fort de provoquer une explosion sociale.

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