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Mise à mort de la Belgique : que recherche le bourreau ?

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Par Karel Vereycken, Agora Erasmus


Le cartel bancaire du groupe Inter-Alpha ne cache pas sa prédilection pour l’éclatement des Etats souverains, derniers obstacles à sa politique de « fascisme financier ». Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les équipes de Churchill avaient élaboré divers plans de cantonalisation pour l’Europe de l’après-guerre, le plus extrême étant celui formulé par l’idéologue autrichien Léopold Kohr dans son livre La dissolution des nations. Cependant, même les options « modérées », telles que le « Fédéralisme européen » ou « l’Europe des régions » de Denis de Rougemont, furent battues en brèche par l’action de Gaulle et d’Adenauer. Aujourd’hui, avec la crise financière systémique, et faute d’hommes d’Etat dignes de ce nom, toutes ces options ont été réactivées.

C’est de ce point de vue qu’il faut considérer le cas de la Belgique, véritable laboratoire pour l’UE de demain. Comme nous l’avons documenté depuis 2005, la banque KBC, l’une des six banques à l’origine du groupe Inter-Alpha et qui est contrôlée depuis 1938 par la dynastie des Collins d’Anvers, n’est pas étrangère à la montée du séparatisme flamand.

Plus proche de nous, en 1979, Luc Wauters, alors PDG de la banque, avait commandé une étude secrète sur la dissolution de la Belgique. Suite à l’adoption du traité de Maastricht en 1992, la tentation séparatiste s’emballe au sein de l’UE.

S’inspirant de l’idéologue britannique Cyril Northcote Parkinson, le magnat europhile de la bière hollandaise Freddy Heineken publie la même année une carte de l’« Eurotopia », composée de soixante-quinze mini États de population égale (cinq à dix millions d’habitants chacun), seule configuration permettant, d’après Heineken, de construire une « Europe unie ».

En 2000, lors de la mise en circulation de l’euro, cette thèse fut reprise par des économistes du Massachusetts Institute for Technology (MIT), Alberto Alesina et Enrico Spolaore, deux élèves du « père de l’euro » Robert Mundell, qui affirment dans leur livre La taille des nations (2003) que « l’intégration économique » favorise d’office « la désintégration politique ».

En Belgique, le livre fit un tabac auprès de la mouvance séparatiste, confortée dans ses convictions. Il devint également la « bible » du think-tank patronal flamand In de Warande, qui publia en 2005 son manifeste pour une « Une Flandre indépendante en Europe ». Son président n’est autre que Rémi Vermeiren, l’ancien PDG de la banque KBC. Johan van Gompel, l’économiste de la branche Asset Management de KBC, en fait lui aussi partie, de même que Jacques Stockx, le directeur des études de KBC qui avait dirigé en 1979 l’étude secrète sur la dissolution… Imprégnés d’une vision monétariste comptable, ils comptent appliquer à la Belgique les méthodes coûts-bénéfices habituellement en vigueur dans les entreprises commerciales.

Dans cette logique, tout bon gestionnaire doit maximaliser les profits à court terme et réduire les dépenses. De là, il n’y a plus qu’un pas à franchir pour larguer non seulement les chômeurs bruxellois et wallons « surprotégés », mais également pour exiger la fin du système de retraites par répartition ou des dépenses de santé qui creusent les déficits.

Cette politique semble en flagrante contradiction avec la Constitution belge, qui, dans son article 7 bis, Titre 1er bis, spécifie que « Dans l’exercice de leurs compétences respectives, l’Etat fédéral, les communautés et les régions poursuivent les objectifs d’un développement durable, dans ses dimensions sociale, économique et environnementale, en tenant compte de la solidarité entre les générations ».

Si jusqu’ici cette officine néo-conservatrice de KBC évoluait en marge de la société belge, la victoire écrasante du parti séparatiste flamand Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA), lors du scrutin du 13 juin, a brutalement changé la donne. En effet, un des membres importants d’In de Warande, l’économiste anversois Jan Jambon, dirige désormais le groupe parlementaire de ce parti et apparaît comme le principal conseiller économique de son dirigeant Bart de Wever, un historien qui clame qu’entre la Flandre et l’Europe, « la Belgique s’évaporera », un peu comme Fortis, la plus grande banque du pays, s’est évaporée dans l’escarcelle de BNP-Paribas…

Le fantasme d’un divorce à l’amiable entre Flamands, Bruxellois, Germanophones et Wallons à l’horizon d’une dizaine d’années, risque de s’évanouir devant un obstacle majeur, et non des moindres, dans une crise qui pose la question de la survie même de l’euro et d’une explosion hyperinflationniste de tout le système : la dette publique.

Conformément au vœu élégamment formulé par l’hebdomadaire londonien The Economist, le 6 septembre 2007, le gestionnaire de fortune londonien Bedlam Asset Management a publié, fin juin, un rapport intitulé Au revoir Flanonie (contraction de Flandre et de Wallonie). Si ce rapport estime que la dissolution du pays est d’ores et déjà un fait accompli, il met en garde contre le risque majeur d’un défaut de paiement sur la dette souveraine, qui surviendrait dès la fin 2012. « Le problème désormais, comme pour les couples qui divorcent, est de savoir comment partager les biens, ou plus précisément, dans le cas de la Belgique, sa dette souveraine. »

Les négociations sur la réforme institutionnelle entre séparatistes et socialistes, en cours depuis le scrutin fédéral du 13 juin, en vue d’accorder une plus grande « autonomie » aux régions, impliquent en effet le transfert aux régions de la compétence régalienne de l’Etat belge à lever des impôts. Cependant, comme le souligne l’économiste flamand Paul de Grauwe dans le quotidien flamand De Morgen, en pareil cas, lesdites régions doivent également reprendre une part des 400 milliards d’euros de dette nationale. D’après le rapport de Bedlam, « la dette nationale devrait probablement être divisée suivant un rapport de 35/65 : 35% pour les Flamands, 65% pour les Wallons ». D’où le fait que « la Wallonie, relativement pauvre, ne pourrait tout simplement pas assumer les près de 260 milliards d’euros de dette nationale », tandis que « la Flandre plus riche émergerait avec un excédent budgétaire ».

En conséquence, pour bien gérer cette expérience de laboratoire, le rapport incite les autres pays à réagir très vite, dès que la nation belge « se décomposera ». Pour les Britanniques, « une solution » devrait rapidement être trouvée pour savoir si la Wallonie deviendra un Etat client de la France ou sera absorbée au sein d’une « France plus grande », et si la Flandre restera seule ou rejoindra la Hollande. Si cette question n’est pas rapidement réglée, alors que l’enjeu de la dette est clair, la menace d’insolvabilité devient réelle.

Ce message fut reçu cinq sur cinq par notre secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, qui convoqua en juillet des ambassadeurs, des journalistes et autres experts réputés pour bien connaître la politique belge, à une réunion secrète pour plancher sur le sujet.

Sur son site le Causeur, l’ancien journaliste du Monde Luc Rosenzweig suggère que « l’indifférence affichée par les autorités françaises à ce qui se passe en Belgique n’est que de façade. On se prépare en coulisses à l’éclatement du pays, et l’on passe en revue les divers scénarios qui vont du maintien vaille que vaille d’une confédération entre les deux parties du pays, à la montée en puissance, en Wallonie au moins, d’un courant "rattachiste", ne voyant d’autre solution pour l’avenir de la province qu’une intégration à la République française. Les "experts" réunis par Lellouche divergeaient sur le tempo, mais s’accordaient à penser que l’accession de la Flandre à l’indépendance était inéluctable ».

Vraisemblablement peu au fait des forces financières qui manipulent en coulisses les poussées séparatistes, Nicolas Dupont-Aignan a même déclaré que « maintenir une fiction de Belgique nous conduirait à un divorce violent, à la yougoslave, là où une séparation paisible à la tchécoslovaque est possible. Il est donc du devoir de la France de prouver qu’un autre modèle est possible en accueillant les Wallons et Bruxellois, s’ils le souhaitent, au sein de la République ».

L’oligarchie, pour sa part, n’a qu’une seule inquiétude : celle de voir se déclencher une réaction en chaîne non souhaitée, mettant son pouvoir en péril. A contrario, si elle parvient à gérer la dissolution de la Belgique sans provoquer l’explosion du système mondial, la décomposition de l’Espagne (Catalogne), de l’Italie (Padanie), du Royaume-Uni (Écosse) et éventuellement de la France (Euskadi) deviendra immédiatement la prochaine étape à l’ordre du jour.

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