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Mitzna contre Sharon

La rédaction
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Le 19 novembre, le maire de Haïfa, Amram Mitzna, a remporté haut la main l’élection à la présidence du Parti travailliste israélien. Mitzna, qui est aussi général de réserve, a fait campagne pour une politique modelée sur celle de l’ancien Premier ministre, Yitzhak Rabin, appelant à la reprise immédiate des négociations avec les Palestiniens pour parvenir à un accord de paix. Avec 54% des suffrages, il a largement battu ses deux rivaux, Haim Ramon et le faucon Benjamin Ben Eliezer, ministre de la Défense dans le gouvernement, maintenant défunt, d’unité nationale de Sharon, qui incluait le Likoud et quelques petits partis.

Les élections législatives sont prévues pour le 28 janvier prochain. Mitzna aura un dur combat électoral à mener contre Ariel Sharon. D’autant plus dur que, selon la presse israélienne, l’administration Bush soutient plutôt Ariel Sharon et qu’elle serait sur le point d’approuver un programme d’aides à Israël à hauteur de 14 milliards de dollars.

Avec une participation électorale, particulièrement élevée, de 60% des militants, Mitzna, présenté par ses détracteurs comme un ashkénaze élitiste, a en fait obtenu la majorité dans tous les groupes « ethniques », y compris les immigrés russes. Il est aussi largement majoritaire parmi les Arabes israéliens. C’est un renversement de situation par rapport à octobre 2000, lors des émeutes de la deuxième Intifada, quand les Arabes israéliens avaient déserté le parti en voyant 14 des leurs tomber, victimes de la répression israélienne, sous le gouvernement d’Ehoud Barak. Muhammad Zeidan, politicien réputé dans la communauté arabe israélienne, déclarait au Jerusalem Post du 20 novembre : « Les déclarations de Mitzna sur le retrait de Gaza sont courageuses et signalent une nouvelle approche et une politique offrant une lueur d’espoir de voir le bout du tunnel, pour ce qui est de la solution au conflit israélo-palestinien. »

Mitzna doit son succès en grande partie à sa popularité en tant que maire. Haïfa n’est pas seulement la troisième ville d’Israël, c’est aussi l’une des plus représentatives de la diversité de la société israélienne, avec son mélange de Juifs laïcs et religieux et d’Arabes israéliens. Elle comporte aussi d’importantes communautés d’ouvriers et d’immigrés.

Le maire de Haïfa est aussi connu comme un homme de principes. Officier pendant la guerre du Liban, en 1982, il a publiquement dénoncé le ministre de la Défense de l’époque, Ariel Sharon, que la commission d’enquête gouvernementale Kahan avait reconnu « indirectement responsable » du massacre de milliers de réfugiés palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila. Un analyste militaire israélien a déclaré que la victoire de Mitzna était « la meilleure chose qui soit arrivée depuis 1995 », année de l’assassinat de Yitzhak Rabin et de l’arrêt du processus de paix.

Même si l’on donne actuellement peu de chances à Mitzna pour les élections générales, on ne peut pas exclure une défaite de Sharon. Mitzna a déclaré qu’en tant que Premier ministre, il se retirerait immédiatement de la bande de Gaza et démantèlerait toutes les colonies s’y trouvant, le cas échéant en comptant sur les voix des partis arabes israéliens. Aucun homme politique israélien n’a pris un tel engagement depuis l’assassinat de Rabin. Mitzna a déclaré, en outre, qu’il ouvrirait des négociations sans conditions avec les Palestiniens en vue de rétablir la paix. Si les discussions échouaient, il se retirerait unilatéralement de la majeure partie de la Cisjordanie. Il y démantèlerait aussi une partie des colonies, surtout celles d’Hébron. S’il ne gagne pas, il a affirmé qu’il maintiendrait le Parti travailliste dans l’opposition.

Le 28 novembre, Ariel Sharon a battu Benjamin Netanyahou dans l’élection à la présidence du Likoud, avec 55,88% contre 40,08%. Bien que la victoire de Sharon soit interprétée comme une défaite « cinglante » pour Netanyahu, il faut préciser que seuls 45% des membres du parti ont voté.

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