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RIA Novosti

Naissance d’un monopole nucléaire

La rédaction
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Tatiana Sinitsyna, RIA Novosti

Le Président Poutine a signé une loi qui ouvre de nouveaux horizons au développement du nucléaire civil russe. Cette loi, appelée familièrement « loi du tunnel », porte plus précisément sur « Les Particularités de la gestion et de la distribution des biens et des actions des organisations exerçant une activité dans le domaine de l’utilisation de l’énergie nucléaire, et l’introduction d’amendements à certains actes législatifs de la Fédération de Russie ». Avant d’être approuvé par le Président, ce document avait reçu l’aval des deux chambres parlementaires.

Cette loi vise à optimiser les conditions juridiques et organisationnelles de l’activité du complexe énergétique industriel nucléaire, à améliorer sa compétitivité dans le monde, et à renforcer son attrait pour les investisseurs. Elle repose sur une sorte d’opération chirurgicale - la dissociation des composantes civile et militaire du complexe nucléaire russe.

Si la composante militaire n’a pas été touchée, en revanche, sur la base des actifs des entreprises à vocation civile est créé un holding monopoliste étatique, baptisé Atomenergoprom (Atomprom en raccourci). Ce sera une structure verticale intégrée, possédant le cycle technologique complet du complexe énergétique nucléaire. Selon le directeur de l’Agence fédérale russe de l’Energie nucléaire (Rosatom), Serguéï Kirienko, « le holding doit bien maîtriser toutes les composantes du processus de production de l’énergie nucléaire - production d’uranium, enrichissement du minerai, fabrication du combustible, production d’électricité, constructions mécaniques nucléaires et autres, recherche scientifique, ingénierie, construction des bâtiments.

Il s’agit d’une véritable révolution dans la branche, l’Etat ayant ainsi placé sous sa houlette tout le secteur civil du complexe nucléaire. Le concept ancien, beaucoup plus efficace, de gestion unique de la branche nucléaire a été repensé et récupéré de l’époque soviétique, l’idée étant que l’Etat exerce son contrôle et que la gestion soit placée entre de mêmes mains.

Le holding nucléaire consolide la forme fédérale de propriété, excluant l’éventualité d’une privatisation. Sa structure regroupe toutes les entreprises touchant le secteur de la production de l’énergie nucléaire. Dans les secteurs qui étaient actionnarisés, l’Etat a acquis un paquet de contrôle des actions.

A la création d’Atomprom est lié le début de la campagne de conquête de nouvelles positions de « l’électricité nucléaire » sur le marché énergétique russe. Serguéï Kirienko avait déjà avancé le projet de construire en Russie 40 réacteurs nucléaires au cours des 25 prochaines années. Cela pourrait porter la part du nucléaire à 25 % (contre 16 %) dans le système énergétique fédéral. Ce projet est estimé à quelque 60 à 70 milliards de dollars, et il ne pourra être mené à bien sans investissements. Or, les investissements sont plus faciles à obtenir dans les secteurs où l’Etat se porte garant, et c’est bien dans cette perspective que s’inscrit la création d’Atomprom, une structure à même d’inspirer un niveau de confiance élevé.

Le holding monopoliste nouvellement né est l’un des fruits du plan de grande ampleur de développement de l’énergie nucléaire qu’a entrepris de mettre en œuvre en 2006 le Rosatom. Un programme ambitieux a été élaboré par les meilleurs spécialistes de la branche sous la direction de Serguéï Kirienko, avec le soutien politique et matériel inconditionnel du gouvernement et du Président.

Parvenir à ce que le secteur nucléaire, conservateur, réalise une grosse percée et lui conférer le dynamisme du marché représente une entreprise complexe, qui implique non seulement de profonds changements structurels, mais aussi la nécessité d’un changement des mentalités. Né dans les années 50 du siècle passé, à l’époque de la guerre froide, ayant eu la possibilité de ne pas vivre comme un miséreux et même d’alimenter de manière substantielle les caisses de l’Etat, le secteur nucléaire a cependant été paralysé par les affrontements autour dualité de la branche - civile et militaire. La loi adoptée lève toutes les questions sur lesquelles ont buté les projets d’enrichissement de l’uranium offrant des perspectives de coopération avec d’autres pays. Il entérine le fait que des personnes juridiques étrangères puissent être propriétaires de matériaux fissiles importés en Russie. La loi autorise également les personnes juridiques russes à détenir des matériaux, installations et points de stockages nucléaires n’ayant pas une vocation militaire. Mais la liste de ces propriétaires ne pourra être librement établie : elle sera fixée par un décret du Président.

Qu’est-ce qui, à proprement parler, a amené la Russie à procéder à une restructuration fondamentale de sa branche nucléaire ? A la charnière des deux millénaires, la Russie a effectué des choix énergétiques et misé sur le nucléaire. En 2003, le gouvernement a annoncé des plans de développement de l’énergie nucléaire, présentant celle-ci comme un facteur de stabilisation et de protection vis-à-vis des crises énergétiques prévues.

En 2006, dans son Adresse annuelle à l’Assemblée fédérale, Vladimir Poutine a fixé pour objectif d’assurer la sécurité énergétique du pays. Il parlait de la nécessité d’accroître les capacités de l’énergie nucléaire, de porter la part de sa production de 16 à 25 % d’ici 2025. Le programme fédéral ciblé de stratégie de développement du secteur nucléaire de la Russie a constitué la base des mesures concrètes à engager. Ce document explique le choix des objectifs opéré par l’Etat et expose les moyens de les réaliser.

« Si l’on ne fait rien, il n’y aura plus de nucléaire en tant que tel dans notre pays en 2025, il aura disparu pour des raisons techniques : les vieilles centrales, dont le délai d’exploitation sera arrivé à son terme, seront fermées, et les nouvelles n’auront pas encore vu le jour », avait précédemment affirmé Serguéï Kirienko. Selon les calculs des spécialistes, il ne restait plus qu’une chose à faire : « se retrousser les manches » et édifier au moins deux réacteurs par an. Et c’est donc Atomprom qui sera chargé de réaliser cet objectif.

Concurrencer avec succès les grandes compagnies mondiales est l’un des principaux objectifs du holding. Aujourd’hui, 90 % des bénéfices du secteur nucléaire russe proviennent des livraisons à l’étranger. Si bien qu’Atomprom a toutes les possibilités de gagner de l’argent non seulement en édifiant des centrales à l’étranger, mais aussi en transformant et en enfouissant des déchets nucléaires, en enrichissant l’uranium.

Désormais, pour bien progresser, l’ambitieux projet de « percée nucléaire » doit encore apporter une réponse à toute une série de questions : en recourant à quels moyens professionnels sera-t-il possible de réaliser tout cela, où trouver les possibilités intellectuelles et techniques pour le faire ?

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