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Nationalisations des banques, pour sauver qui et quoi ?

La rédaction
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26 janvier 2009 (Nouvelle Solidarité) — De plus en plus des voix s’élèvent en faveur d’une intervention de la puissance publique au sein des banques, voir même d’une nationalisation.

Est-ce à dire que l’heure de la « mise en banqueroute contrôlée »des instruments toxiques à laquelle Solidarité Progrès appelle depuis longtemps, est arrivée ?

Tant que le destin des instruments toxiques n’aura pas été clarifié par les uns et par les autres, rien n’est moins sur. Certains dans nos élites pourraient bien être en train de nous préparer un sauvetage total des banques en déroute.

La proposition la plus précise est celle de Bertrand Jacquillat, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques et membre du Cercles des Economistes. Répondant à La Tribune du 24 janvier qui demandait s’il « faut-il nationaliser les banques françaises ? », cet ancien d’HEC et du Harvard Business School, fondateur et président d’Associés en Finance et administrateur indépendant de Total, n’a pas hésité à dire « oui ».

« Le système bancaire n’est pas une activité comme une autre », dit il. « C’est une sorte de service public de l’économie, sans lequel l’argent ne pourrait plus circuler. En d’autres termes, c’est le cœur qui fait circuler le sang de toutes les transactions. On ne peut donc, en aucun cas, s’en passer. »

Bertrand Jacquillat décrit l’engrenage dans lequel sont rentrés les établissements bancaires contraints à se recapitaliser mais dans l’incapacité de le faire auprès des marchés monétaires et obligataires car la confiance n’y est pas, et dans une situation où leur solvabilité se trouve de plus en plus menacé en raison d’une qualité du risque qui ne cesse de se dégrader. « Dans ces situations exceptionnelles », où les actionnaires privés sont incapables de recapitaliser les banques, « seul l’Etat peut jouer le rôle de capitaliste de dernier ressort ».

« A force de recapitalisations par l’Etat, une forme de nationalisation des banques paraît inévitable », estime Bertrand Jacquillat, pour qui la population répondrait positivement à cette solution. A quelques conditions près cependant : « cette nationalisation annoncée ne doit pas être l’occasion pour les banques qui ont failli de conserver leur indépendance : l’entrée de l’Etat au capital ne doit être le moyen pour les mauvaises banques de se maintenir en tant qu’acteur indépendant, mais plutôt l’occasion pour l’Etat de réorganiser le secteur bancaire pour qu’il sorte renforcé de la crise. Dans les circonstances tout à fait exceptionnelles que nous connaissons, une reprise en main par l’Etat est somme toute la solution idoine ».

Parmi les autres voix qui sont intervenues dans le même sens mentionnons l’éditorial de Franz Olivier Giesbert dans Le Point du 22 janvier. Il s’en prend virulemment à ces « goinfres de la finance » qui ont conduit le monde « où l’on sait » et qui se refont une vie grâce à l’argent des contribuables « pour pouvoir le jour venu, faire de nouveau des bulles et recommencer leurs excentricités jusqu’au krach suivant ». « Quand on a déjà le beurre et l’argent du beurre, pourquoi ne pas disposer, en plus, de la fille de la fermière », remarque Giesbert dénonçant l’absence de retour d’ascenseur envers la collectivité de ces banques qui ont été amplement renflouées par l’Etat. « Il est temps que la puissance publique prenne – provisoirement, bien sûr – le contrôle des banques défaillantes. Il paraît que ce n’est pas libéral. Mais être libéral ne consiste pas à être laxiste ni naïf ni stupide ».

Même son de cloche dans l’éditorial du quotidien Le Monde du 21 janvier dernier qui, après avoir constaté l’absence totale d’effet des renflouements des banques organisés par les Etats, sur la liquidité du marché de crédit, note que « certains évoquent même une nationalisation provisoire du crédit. »

Si le mot « nationalisation » n’est donc plus un tabou, il reste à clarifier s’il ne s’agit pas d’une manœuvre visant à sauver, une fois de plus, les spéculateurs au détriment de l’intérêt général ?

Car la question centrale, comme le souligne S&P depuis le début, c’est d’évacuer et d’annihiler, par une procédure de faillite ordonnée, les déchets toxiques impayables, tout en sauvant les fonctions légitimes du système bancaire.

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