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« Nous ne devons pas devenir le prochain empire déchu »

La rédaction
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Dans un discours prononcé le 16 octobre au Sénat, le sénateur Ted Kennedy s’est livré à un réquisitoire sans complaisance contre la politique irakienne de l’administration Bush. Ce discours traduit un tournant dans la politique américaine et devrait dorénavant devenir un point de référence. LaRouche l’a comparé à l’intervention télévisée d’Edward Murrow en 1954, qui allait finalement conduire à la fin politique du sénateur Joe McCarthy et de sa tristement célèbre chasse aux sorcières. Voici quelques extraits du discours de Kennedy :

« Presque six mois se sont écoulés depuis que le président Bush s’est envolé pour le porte-avion [Abraham Lincoln] afin de déclarer "Mission accomplie" en Irak. Nous ne savons que trop bien aujourd’hui que la guerre n’est pas finie ; la guerre continue ; la mission n’est pas accomplie. Une guerre inutile, basée sur des renseignements non fiables et imprécis, n’a pas mis fin au danger. Au contraire, elle a créé de nouveaux dangers, imposé de nouveaux coûts et prend chaque semaine de plus en plus de vies américaines.

« Nous sommes tous d’accord que Saddam Hussein était un tyran sanguinaire et que son régime brutal représentait un affront à la dignité humaine. Mais l’Irak n’était pas un terrain fertile pour le terrorisme. Cependant, à cause de notre invasion, il l’est devenu.

« Toutes les raisons invoquées pour partir en guerre se sont effondrées. Toutes les rationalisations du gouvernement pour nous préparer à partir en guerre se sont avérées un "double langage". On avait dit au peuple américain que Saddam Hussein fabriquait des armes nucléaires. Ce n’était pas le cas. On nous avait dit qu’il avait des stocks d’autres armes de destruction massive. Ce n’était pas le cas. On nous avait dit qu’il était impliqué dans les évènements du 11 septembre. Ce n’était pas le cas. On nous avait dit que l’Irak attirait des terroristes d’Al-Qaida. Ce n’était pas le cas. On nous avait dit que nos soldats seraient considérés comme des libérateurs. Ils ne le sont pas. On nous avait dit que l’Irak pourrait payer pour sa propre reconstruction. Il ne le peut pas. On nous avait dit que la guerre rendrait l’Amérique plus sûre. Elle ne l’est pas. (...)

« Aucune politique étrangère, dans notre société libre, ne peut réussir à terme si elle n’a pas le soutien de notre peuple. Nos hommes et nos femmes en uniforme ont combattu bravement et brillamment, mais la guerre du Président s’est révélée irréfléchie, inutile, sans objet et imprudente. Le peuple américain sait tout cela. Nos alliés le savent. Nos soldats le savent.

« Nous n’aurions jamais dû partir en guerre en Irak au moment où nous l’avons fait, de la manière dont nous l’avons fait, pour les motifs faux qu’on nous a fournis. Mais maintenant que nous en sommes là, deux impératifs sont absolument clairs : l’Amérique ne peut se retirer maintenant, abandonnant l’Irak au chaos ou à la guerre civile qui deviendrait pour nous un danger bien plus grand qu’auparavant. La politique erronée du passé ne doit pas servir d’excuse pour une politique erronée à l’avenir. (...)

« Pour que notre politique irakienne réussisse, elle doit prendre en compte ce que l’histoire nous apprend sur l’utilisation du pouvoir militaire pour résoudre le problème de la violence d’inspiration politique. Toute nouvelle politique doit fournir la sécurité essentielle à tout effort pour construire une nation. Toute nouvelle politique doit véritablement internationaliser la reconstruction de l’Irak et mettre fin à notre occupation. Et toute nouvelle politique réussie doit rendre aux Irakiens leur avenir politique.

« Il n’est certainement pas nécessaire qu’en cette aube du XXIème siècle, nous tirions à nouveau les leçons que chaque puissance coloniale de l’histoire a déjà tirées. Nous ne voulons pas être, nous ne pouvons nous permettre d’être - pour des raisons de caractère et de coûts - l’occupant d’autres pays. Nous ne devons pas devenir le prochain empire déchu du monde.

« Le gouvernement cherche à écrire une nouvelle histoire qui défie les leçons de l’histoire. La plus élémentaire de ces leçons, c’est que nous ne pouvons pas compter sur des moyens militaires avant toute chose pour résoudre un problème de violence d’inspiration politique. Dans une telle situation, le bilan de l’histoire s’oppose clairement à l’occupation militaire. Les Britanniques ont appris cette leçon en Irlande du Nord. Les Français l’ont apprise en Algérie. Les Russes l’ont apprise en Afghanistan et la réapprennent chaque jour en Tchétchénie. L’Amérique l’a apprise au Vietnam et nous devons la réapprendre en Irak. (...)

« Pourquoi ne pas réduire les ressources extraordinaires fournies à des entreprises et des consultants américains, et fournir directement des sommes plus importantes au peuple irakien ? Nous pourrions également le faire dans bien des cas, en développant des liens entre les conseils locaux et le Conseil du gouvernement irakien. Nous pourrions collaborer plus étroitement avec des organisations non gouvernementales locales et des entreprises locales. (...)

« L’Irak compte de nombreux ingénieurs du secteur pétrolier, parmi les mieux formés au monde. Pourquoi ne pas leur donner - plutôt qu’aux entreprises américaines - un rôle plus important dans la reconstruction de l’industrie ? Pourquoi ne pas créer des emplois pour les Irakiens et leur remettre la responsabilité de leur reconstruction ? Si nous nous obstinons à affirmer que "Halliburton doit régner" parce que le butin appartient au vainqueur, nous ne resterons pas vainqueur très longtemps. (...)

« Nous devons donner à l’ONU un rôle central. La décision du gouvernement de retourner aux Nations unies est un premier pas, mais il ne sera porteur que si le gouvernement change de politique. Le véritable test sera de savoir si le gouvernement est maintenant prêt à faire les compromis nécessaires pour convaincre d’autres pays d’envoyer des troupes pour remplacer nos soldats et apporter la stabilité en Irak. (...)

« Dans leurs mémoires conjointes, "Un monde transformé", le président George H.W. Bush et son conseiller à la sécurité nationale, Brent Scowcroft, réfléchissent à leurs propres expériences de l’Irak et de la Guerre du Golfe, en 1991. Ils avaient été critiqués par certains pour avoir arrêté cette guerre après leur victoire au Koweït, au lieu d’aller à Bagdad renverser Saddam Hussein.

« Voilà ce qu’ils ont écrit : "Tenter d’éliminer Saddam, élargir la guerre terrestre à l’occupation de l’Irak, aurait violé notre ligne de conduite, consistant à ’ne pas changer d’objectif au milieu du courant et à ne pas élargir la mission’, et aurait causé des coûts humains et politiques incalculables. Arrêter [Saddam Hussein] était probablement impossible. (...) Nous aurions été obligés d’occuper Bagdad et, en fait, de gouverner l’Irak. La coalition se serait instantanément effondrée, les Arabes la désertant de colère et d’autres alliés se retirant aussi. Dans ces circonstances, il n’y avait aucune ’stratégie de sortie’ viable en vue. (...) Si nous avions pris le chemin de l’invasion, les Etats-Unis seraient encore une puissance occupante dans un pays farouchement hostile. Le résultat aurait été très différent - et peut-être stérile." Ils avaient raison . »

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