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Nouveau Bretton Woods : Couper les parties gangrenées avant de reconstruire

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Le gouvernement français a finalement décrété l’état d’urgence face au krach financier mondial : lundi, nationalisation de Dexia pendant la nuit par la France, la Belgique et le Luxembourg ; mardi, réunion de crise à l’Elysée avec les principales banques et compagnies d’assurances pour examiner l’état des lieux ; samedi, réunion probable à Paris des chefs d’Etat du G4 (France, Allemagne, Italie et Grande Bretagne) avec Jean Claude Trichet (BCE), Jose Luis Barroso (UE) et Jean Claude Juncker (Eurogroup) afin de préparer un sommet pour fonder un Nouveau Bretton Woods.

Alors que le krach a eu lieu en août 2007 et que Jacques Cheminade et Lyndon LaRouche avaient demandé à cette époque une réorganisation d’urgence du système monétaire international, il a fallu que certaines de principales banques du monde commencent à tomber pour que les chefs d’Etats de grandes puissances se rendent à l’évidence de l’effondrement du système et commencent à élaborer des plans d’action.

Erreur gravissime de ces plans d’action : tous songent à sauver un système déjà fortement gagné par la gangrène, en multipliant les transfusions alors que chacun sait que dans ce cas, il faut amputer avant de pouvoir stabiliser et reconstruire les parties saines du corps. Arrêtons tout de suite cette métaphore morbide et revenons aux termes classiques de l’économie. Lorsqu’une société est en faillite, on lui applique la procédure dite de « mise en règlement judiciaire », suivant laquelle des experts nommés par un tribunal examinent l’état de la compagnie, coupent dans les activités ayant provoqué la faillite et injectent de nouveaux crédits pour relancer les activités saines pouvant générer des bénéfices.

Faute d’appliquer cette procédure au système monétaire international avant de procéder à toute injection nouvelle de capital, non seulement ces efforts seront voués à l’échec mais ils contribueront à détruire ce qui reste de sain dans le système ! C’est vrai pour le plan Paulson, c’est vrai aussi pour les mesures adoptées ou proposées par les pays européens ces derniers temps.

Si Nicolas Sarkozy a laissé planer un certain nombre d’ambigüités dans son discours de Toulon, tentant de rassurer à la fois les banques et les épargnants, François Fillon a depuis été beaucoup plus net sur la volonté du gouvernement de sauver les banques majeures d’une faillite : « Si une banque française à des difficultés, l’Etat peut faciliter son adossement, prendre une participation comme nous l’avons fait avec Alstom et hier avec Dexia. Nous nous donnerons les moyens d’empêcher, un sinistre financier majeur. Il n’y aura pas de faillite », a-t-il dit dans son interview aux Echos (1er octobre). La veille, la Belgique, le Luxembourg et la France avaient décidé d’injecter 6.4 milliards d’euros dans la prise de contrôle de Dexia – bien compréhensible par ailleurs vu son poids dans les finances locales — sans que l’on sache, cependant, si ces Etats ont accepté ou non de renflouer aussi tous les actifs pourris de cette banque.

Nous semblons donc bel et bien partis dans la direction d’un « renflouement » pur et simple de ces banques, modèles de ce capitalisme sans foi ni loi, agissant au détriment de la société comme un tout, que dénonce si bien Nicolas Sarkozy.

Bien entendu, le Président a fait connaître, et ce de façon insistante, sa détermination a assurer un flux régulier de crédit aux PME et aux particuliers, actuellement totalement étranglés par le « credit crunch », une contraction total des crédits provoquée par le fait que les banques, craignant de nouvelles faillites, refusent de se prêter les unes aux autres.

Mais tout effort visant à orienter de nouveaux capitaux vers les PME, sans entamer en même temps la « mise en règlement judiciaire » de partis gangrenées du système et dans le contexte d’un vaste plan pour relancer les parties saines de l’économie via le financement de très grands projets et des crédits aux PME, serait voué à l’échec et ruinera en plus ce qui reste de sain dans le système.

Prenons deux des mesures adoptées ou proposées pour garantir le flot de crédit vers les PME. Réunis à Nice, les ministres de l’économie et des finances de l’UE ont mobilisé la BEI (Banque européenne d’investissement) pour qu’elle octroi 30 milliards de crédits supplémentaires au PME. Comme l’ont souligné les professionnels eux-mêmes, cependant, au stade actuel de la crise et vu les quelques 26 millions de PME existantes en Europe, cette somme représente une goutte d’eau dans l’océan. Mais pour étendre cette somme, la BEI, une banque publique européenne orientée majoritairement vers l’investissement productif, donc plus saine que la plupart, doit accepter de porter elle-même un plus grand risque, dans un contexte très dégradé avec un grand nombre de ces entreprises pouvant faire faillite prochainement !

Prenons aussi la proposition que pourrait faire le gouvernement d’utiliser les collectes supplémentaires du livret A – l’épargne que les citoyens croient avoir placée en lieu sur et qui a grossi de 8 milliards d’euro depuis le début de la crise – pour garantir des liquidités aux PME ou aux particuliers pour l’achat de logements. Si dans un contexte de réorganisation global du système et d’un plan visant à stabiliser l’économie par une forte relance de l’investissement productif, ce type de mesure pourrait peut-être se concevoir, dans le cadre actuel, avec un système monétaire international dans ses derniers soubresauts, suite à 30 ans de spéculation de plus en plus folle, cet argent sera englouti dans les vagues successives de faillites qu’entrainera la crise.

« C’est le système, idiot » ! Serait-on prêt à dire, imitant le slogan de la campagne qui avait permit à Clinton d’emporter sa deuxième élection présidentielle. Tant que le gouvernement français, et ses homologues, ne voudront pas faire face au fait qu’il faut une « mise en règlement financier » du système – organisant d’abord une banqueroute des instruments toxiques et des banques qui comme, Lehman Brothers et d’autres, ont pris des risques insensés – avant d’injecter de nouveaux fonds, tant que le gouvernement français, et ses homologues, ne rétabliront pas le crédit productif public pour disposer de crédit à bon marché pour un vaste plan de relance à l’échelle internationale, cette crise dont la virulence a été soulignée, y compris par François Fillon, pourrait emporter toute la civilisation pour de très longues années.

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Extraits des statuts - Article 2 - Objet