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Nucléaire : M. Mélenchon, il n’y a pas de solidarité sociale sans progrès scientifique !

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Lire aussi : Nécessité politique et morale du nucléaire, par J. Cheminade


Certains détracteurs de Jean-Luc Mélenchon le qualifient de « leader populiste » ou de « Le Pen de gauche », voulant sans doute signifier par là qu’il chercherait à attiser la colère et les émotions désordonnées de son électorat, au lieu d’inspirer sa créativité.

Dans son dernier livre, Qu’ils s’en aillent tous ! , il donne, hélas, le bâton pour se faire battre. Et c’est au sujet du nucléaire (voir encadré n°1) que s’égare le plus caricaturalement sa rationalité révolutionnaire.

Lorsqu’il écrit par exemple que les déchets nucléaires sont « nuisibles jusqu’à la fin des temps » , il se met à vaticiner. En effet, rien n’est éternel ici-bas, pas même la radioactivité.

Certains éléments radioactifs ont des périodes de « demi-vie » de l’ordre du milliard d’années, d’autres de l’ordre du milliardième de seconde (la demi-vie, c’est la durée pendant laquelle la moitié d’une quantité donnée d’un élément radioactif a disparu). C’est précisément ce fait qui a permis à Pierre et Marie Curie, entre autres, de comprendre la radioactivité : les rayonnements radioactifs se produisent naturellement lorsqu’un élément se « transmute » en un autre élément ; la durée de vie de chaque élément dépend de sa vitesse de transmutation. Un élément radioactif peut ainsi se transmuter en un autre élément radioactif qui a une durée de vie très différente de la sienne, ou même en un élément réputé « non radioactif ».

En maîtrisant mieux les lois qui régissent ces phénomènes de fission et de transmutation, l’homme serait en mesure d’obtenir en fin de réaction des « déchets » à durée de vie très courte, ne posant pas le « problème » qui empêche certains écologistes de dormir. En outre, certains de ces « déchets » pourront devenir des ressources, utiles dans un autre contexte.

Certains mauvais esprits pourraient faire remarquer ici que la France disposait d’un prototype de surgénérateur – Superphénix – permettant précisément d’étudier ce phénomène de transmutation, mais que le gouvernement Jospin 1997-2002, dans lequel Mélenchon occupait un poste à l’Education, a malencontreusement détruit cet outil de recherche…

Un peu plus loin, l’ancien sénateur socialiste écrit : « On tait que le nucléaire dépend entièrement d’un combustible rare, l’uranium. La France n’en a plus un seul gramme dans son sous-sol (…) il n’y a des réserves mondiales d’uranium que pour 80 ans. » C’est vrai si l’on accepte d’en rester aux réacteurs à fission actuels, dits de la « troisième génération ». Ces réacteurs utilisent comme combustible de l’uranium-235, seul fissile et représentant moins de 1 % de l’uranium naturel. Il faut donc « enrichir » cet uranium naturel en séparant l’U235 de l’autre isotope, l’U238, pour avoir une concentration élevée en U235 permettant de produire la réaction de fission. Ici, l’U238 est présent dans la réaction mais n’a pas d’utilité propre.

Cependant, le principe du surgénérateur – réacteur de quatrième génération – est qu’on utilise comme combustible du plutonium fissile obtenu par transmutation de l’U238. Autrement dit cet isotope non fissile de l’uranium, qui ne sert pas à produire de l’énergie dans un réacteur de troisième génération, permet en gros de multiplier vingt à cent fois la quantité de combustible nucléaire disponible à condition de passer à la quatrième génération. La notion de « pénurie » est donc bien relative.

Revenons sur le début de la citation précédente, « on tait que le nucléaire dépend entièrement d’un combustible rare, l’uranium » . En fait, il existe dans la nature au moins un autre élément pouvant servir à la fission nucléaire contrôlée : le thorium. Quatre fois plus abondant dans la nature que l’uranium, le thorium présente un bien plus grand potentiel que celui-ci en tant que combustible pour la fission nucléaire s’appuyant non seulement sur la surgénération, mais également sur les réacteurs à haute température (HTR) à sécurité intrinsèque que la France a scandaleusement négligés jusqu’à ce jour, alors qu’on trouve de grands gisements d’oxyde de thorium en Inde, en Turquie, en Australie et… en Bretagne.

Ces réserves ne sont certes pas inépuisables mais, à vrai dire, rien n’est inépuisable dans notre univers dont la caractéristique principale est qu’il n’est de constant que le changement. Même le silicium et tous les matériaux nécessaires pour construire des panneaux solaires ou des éoliennes ne sont pas inépuisables. Il serait fou de penser que l’humanité puisse vivre « indéfiniment » sur le même type de ressources et de connaissances. La question vraiment pertinente pour l’avenir est : quel type de ressource devons-nous utiliser aujourd’hui pour obtenir les connaissances et les ressources qui nous seront nécessaires pour vivre demain ? De ce point de vue, le nucléaire de fission que nous utilisons aujourd’hui – le seul dont parle Mélenchon – n’est qu’une étape provisoire. L’étape suivante sera la fusion thermonucléaire (utilisant des isotopes de l’hydrogène abondamment présent dans l’eau de mer, et éventuellement de l’hélium-3 présent sur la Lune).

Il est dommage que Jean-Luc Mélenchon ait oublié la fusion. Celle-ci présente un potentiel bien plus énorme que la fission, mais elle demande un travail de longue haleine. Jean Robieux, l’inventeur de la fusion par laser dans les années 1960, pense aujourd’hui que nous n’aurons probablement pas de réacteurs à fusion industriels avant la seconde moitié de ce siècle, c’est-à-dire longtemps après sa mort. Pessimisme ? Non, au contraire ! C’est simplement la manière normale de penser l’avenir qui manque cruellement à la plupart de nos dirigeants politiques actuels. Ceux-ci ont en général très peur du changement.

Jean-Luc Mélenchon prétend ne pas avoir cette peur. Cependant, c’est en capturant la chaleur de sol et du sous-sol par la géothermie et en économisant l’énergie qu’il pense pouvoir assurer notre avenir. Cela tient plus de la magie que d’une stratégie de développement. Par exemple, pour alimenter le transport par ferroutage qu’il promeut – à juste titre – il faut de l’électricité, qu’on ne peut obtenir par la géothermie, du moins en quantité suffisante.

En termes de densité d’énergie, la géothermie représente en effet un recul scientifique et technologique par rapport au nucléaire. Pour illustrer d’une manière simple cette question de densité d’énergie, nous dirons qu’il aurait été impossible de faire voler un avion en brûlant le bois ou le charbon qu’on utilisait dans les locomotives, car le poids du combustible nécessaire aurait tout simplement empêché l’avion de décoller : il fallait une énergie plus importante dans une masse plus faible. Pour envoyer un homme sur la Lune, on ne pouvait plus utiliser le kérosène des avions pour des raisons similaires. Pour aller sur Mars dans quelques générations, il faudra maîtriser la technologie des moteurs à fusion thermonucléaire. Pour développer la connaissance nécessaire à cela, il faudra arriver à produire des flux d’énergie de plus en plus denses. Ceci n’est pas possible dans une société qui se fixe comme priorité de couper dans les dépenses, d’économiser de l’énergie ou de rester trop… terre à terre.


Qu’ils s’en aillent tous !

Jean-Luc Mélenchon

Sortir du nucléaire (p. 104 à 107)

« Pour que ça marche, il faut proposer de grands défis ! C’est en fixant et en atteignant des objectifs élevés que le pays retrouvera confiance en lui. Par exemple en matière de transport. Notre option : les camions sur des trains. Avec des cibles : pas un camion sur la route entre la frontière belge et les frontières espagnole et italienne. Ça n’a rien d’une utopie. Car, précisément, un réseau ferré dense et fin a déjà existé dans notre pays. Il s’est développé de manière continue de la révolution industrielle aux années 1920, jusqu’à ce que la domination de l’automobile conduise à fermer des milliers de kilomètres de lignes. Ces lignes, il faut les rouvrir. Et aussi pour le transport de voyageurs. En commençant par les trous noirs aujourd’hui dépourvus de tout transport collectif efficace, comme les départements d’outre-mer, beaucoup de banlieues et certains départements ruraux. Je tiens le même raisonnement à propos du nucléaire. Il faut en sortir. Progressivement et méthodiquement. En construisant un nouvel appareil de production énergétique public, fournissant une énergie bon marché et propre. La folie, c’est de dire qu’on va continuer à produire de l’énergie avec un système dont un seul accident peut équivaloir à toutes les catastrophes que le pays a connues depuis qu’il existe. Et qui, de plus, laisse des déchets nuisibles jusqu’à la fin des temps. Ce qui n’est pas rationnel, c’est de vouloir continuer. Il n’est pas vrai que ce soit impossible ! D’une façon générale, il n’est jamais vrai qu’une seule manière de faire soit possible. La sortie du nucléaire est réaliste. Etalée dans le temps nécessaire, elle est jouable. Il y faut des efforts de techniques, d’inventions et de productions. Tout le contraire de l’argument ridicule d’après lequel « c’est le nucléaire ou le retour à l’âge des cavernes ».

« Pour ma part, j’ai été convaincu par les techniciens et ingénieurs pour qui la ressource géothermique, sous ses différentes formes, peut prendre le relais de la production assurée par le nucléaire. Et la chaleur du sol et du sous-sol profond, elle, est renouvelable. En combinant cette ressource avec les économies d’énergie, on tient l’essentiel de la solution de remplacement. L’indépendance énergétique serait garantie pour toujours. Pas avec le nucléaire ! On nous rabâche tout le temps l’inverse. Mais on tait que le nucléaire dépend entièrement d’un combustible rare, l’uranium. La France n’en a plus un seul gramme dans son sol. Nous serions lourdement dépendants de cette ressource non renouvelable si nous relancions le nucléaire, comme le veut Sarkozy. D’autant que ce combustible va devenir de plus en plus convoité – il n’y a plus de réserves mondiales d’uranium que pour 80 ans. En 20 ou 30 ans de mise en place des énergies alternatives, nous serons tirés d’affaire. Resteront les déchets, bien sûr, si la recherche n’a pas trouvé la réponse au problème que pose leur durée de vie. Rien ne justifie donc la débauche d’argent public qui est investi dans le nucléaire à l’exclusion, ou presque, de toutes les autres sources d’énergie. La vraie solution d’indépendance nationale, c’est le remplacement du nucléaire. Car, si notre ressource en énergie dépend d’une matière première qui peut nous être disputée ou refusée, c’est une grave fragilité. Notre indépendance énergétique, c’est notre sécurité. Mais c’est aussi ce qui fera de la France le pays de la paix, et non des aventures impériales. »


Nécessité politique et morale du nucléaire

Par Jacques Cheminade

Je considère les prises de position par rapport au recours à l’énergie nucléaire comme un élément politique fondamental, révélateur des intentions réelles de ceux qui les prennent. En effet, cette source d’énergie la plus dense est indispensable à une stratégie industrielle d’avenir, au développement du tiers monde et à de futurs usages spatiaux. Sans elle, un coût d’énergie trop élevé condamnerait à un recul scientifique et social, conduisant fatalement à un malthusianisme destructeur dont le monde mettrait plusieurs générations à se relever.

Les économies d’énergie, les éoliennes, le solaire ou la géothermie ne sont pas des solutions à une échelle collective, car elles ne permettent pas de produire suffisamment d’énergie par unité de surface occupée, par matière utilisée et par être humain employé. Accroître la densité de population à l’échelle du monde en offrant à chacun une vie digne suppose un droit à l’énergie que, dans l’état actuel des connaissances, ne peut apporter que le nucléaire.

Non pas le nucléaire des nucléocrates, exploitant une technologie à un moment donné, comme celui fourni par les centrales EPR, mais le nucléaire en développement continu, comme exploration des capacités de l’esprit humain de découvrir des principes physiques nouveaux dans l’univers, de les maîtriser et de les appliquer pour le bien commun.

La caractéristique commune des Verts, d’Europe Ecologie, du NPA et maintenant de Jean-Luc Mélenchon est de « sortir du nucléaire ». Je ne mets pas en cause leur engagement contre le capitalisme financier et l’impérialisme. Je dis simplement qu’en se privant du nucléaire, ils enterrent tout projet se donnant les moyens de la justice sociale et du développement mutuel. Ils font donc ainsi, consciemment ou non, le jeu de ceux qu’ils prétendent combattre.

Le nucléaire est un marqueur de qui est réellement révolutionnaire ou qui ne l’est pas, car il n’y a pas d’issue qui ramène au passé. « L’énergie » n’est pas quelque chose qui se capture au sein de la terre, dans les rayons du soleil ou le vent, mais elle est le produit de l’esprit humain responsable de tout et de tous, qui découvre les lois de l’univers et fait don de ses découvertes à l’humanité.

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