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Nucléaire iranien : les anciens experts de l’AIEA mettent en garde contre la propagande des va-t-en-guerre

La rédaction
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23 février 2012 (Nouvelle Solidarité) – Environ 200 personnes étaient rassemblées à Washington D.C. le 21 février dernier, pour une conférence organisée par le Conseil national irano-américain (NIAC), à propos du régime d’inspection des armes de destruction de masse en Iran.

Parmi les orateurs se trouvaient Hans Blix, (ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’AIEA), Trita Parsi, (présidente du NIAC), Robert Kelley (ancien inspecteur en chef de l’AIEA en Irak), et Colin Kahl (ancien assistant du secrétaire adjoint à la Défense pour le Moyen-Orient). Michèle Steinberg de la revue Executive Intelligence Review (EIR) était présente dans la salle et nous a fait parvenir le rapport suivant.

Trita Parsi, la modératrice de la conférence, a tout d’abord soulevé le rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de novembre dernier, se demandant si les allégations contenues dans ce rapport, fournies par les services de renseignement nationaux avaient été vérifiées.

Revenant sur un article qu’il avait écrit concernant ce rapport, Robert Kelley a dit qu’il ne pouvait toujours pas se prononcer, au 21 février, sur les renseignements fournis par ces agences nationales car ils sont secrets. Une chose qu’il peut dire toutefois, est que l’ancien directeur de l’AIEA Mohamed El Baradei avait en son temps refusé de les utiliser, car il estimait qu’ils étaient sans fondement et peut-être même fabriqués de toute pièce. Il a ajouté que les récentes informations utilisées contre l’Iran ressemblaient fort aux accusations lancées contre l’Irak en 1995, et qui avaient été utilisées pour faire dérailler tout le processus d’inspection.

Hans Blix a pour sa part expliqué qu’une partie de l’information obtenue par les inspecteurs vient de leurs tournées sur le terrain, mais que celle qui leur est transmise à travers l’AIEA, en provenance des services de renseignement nationaux, n’est basée sur aucune preuve. Ceci est très dangereux, a-t-il dit, rapportant que lorsqu’il était inspecteur en chef en Irak pour les armes de destruction de masse (à l’exclusion des armes nucléaires), il avait presque alerté le Conseil de sécurité de l’ONU concernant la présence de grandes quantités d’Anthrax, mais il avait finalement décidé de ne pas le faire car les rapports des services de renseignement nationaux qu’on lui avait remis n’étaient accompagnés d’aucun fait probant. Par conséquent, El Baradei était très prudent avec ce genre de chose, et si l’AIEA n’obtient aujourd’hui aucune évidence réelle, elle devrait faire attention.

Blix, Kahl et Kelley ont tous dit que la récente résolution du Sénat américain pour empêcher l’Iran de devenir un pays capable de construire des armes nucléaires est un réel problème. Blix a montré qu’il n’existe pas de pays capable de construire la bombe : le savoir-faire en terme d’enrichissement de l’uranium devient essentiellement une capacité de devenir une puissance nucléaire uniquement lorsque la décision a été prise. Par exemple, le Japon a des tonnes de plutonium et n’a jamais construit la bombe. La Corée du Nord a conduit des tests avec des explosifs nucléaires, mais n’a pas été classée comme puissance nucléaire par la communauté internationale. Par conséquent, cette expression (pays capable de construire des armes nucléaires) n’est d’aucune utilité, et la seule condition qu’Israël est prêt à accepter est l’absence totale de toute activité d’enrichissement, et c’est une chose avec laquelle l’Iran ne sera jamais d’accord.

Parsi a déclaré que la meilleure manière de convaincre l’Iran à construire la bombe serait de l’attaquer. Kahl a rajouté que la pire chose serait en effet des frappes inefficaces, menées par les Israéliens, car cela amènerait les Iraniens à reconstruire leurs capacités, dans des endroits hors de portée, et entraînerait l’expulsion des tous les inspecteurs de l’AIEA. Ainsi, le monde ne serait plus du tout en mesure de savoir ce que fait l’Iran.

Parsi a demandé si les sanctions pouvaient amener les Iraniens à décider de construire la bombe, comme le feraient très certainement des frappes, et Blix a répondu qu’il est clair que si des frappes avaient lieu, elles auraient pour effet d’unifier tous les Iraniens derrière la décision de construire des armes nucléaires, et de consolider un régime qui n’est pas très enclin à négocier. Surtout, toute attaque israélienne, ou autre, serait incompatible avec une provision de la charte de l’ONU, requérant au préalable une résolution, et avec une autre condition de la Charte qui stipule qu’un pays peut en attaquer un autre uniquement comme acte de défense à une attaque armée. Or, l’Iran n’a pas attaqué Israël, ou tout autre pays. Les déclarations de l’Iran à l’égard d’Israël ne peuvent être considérées comme une menace d’attaque imminente, sinon les déclarations israéliennes contre l’Iran pourraient l’être tout aussi bien, sinon plus.

Blix a écorché au passage Barack Obama, rappelant qu’au moment de son discours de réception du prix Nobel, il avait dit qu’il préférerait agir sur la base du droit international, mais qu’il ne pouvait garantir qu’il se limiterait au droit international pour prendre ses décisions. Kahl a terminé en disant que la plus grande menace à l’heure actuelle en terme de guerre est une attaque israélienne sur l’Iran.

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