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Ouf ! Obama risque d’échouer sur sa réforme de la santé

La rédaction
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25 juillet 2009 (Nouvelle Solidarité) — Réformer un système de santé inéquitable et surfacturé, voilà l’une des raisons pour lesquelles le peuple américain a choisi Barack Obama comme président des Etats-Unis. Le programme paraissait plus que séduisant : élargir la couverture médicale aux 47 millions d’Américains qui en sont dépourvus ; imposer des règles pour combattre les abus des assurances privées ; réduire le coût des soins (pas toujours optimal) pour les rendre abordables pour chacun, « maîtriser les dépenses » grâce à une politique de prévention à l’égard des maladies chroniques et à l’ouverture du marché américain aux médicaments génériques. Avant les élections, le site internet du candidat estimait que pour financer cette réforme, il ne faudrait que 50 à 65 milliards de dollars, somme que l’on pouvait facilement trouver en revenant sur les réductions d’impôts accordées par Bush aux Américains gagnant plus de 250000 dollars par an. La suite a tourné au cauchemar.

Une fois élu, Obama a choisi de trahir ses promesses. Au lieu de profiter de sa période de grâce pour faire adopter un système d’assurance maladie universelle, comme le réclament Lyndon LaRouche et l’aile progressiste du Parti démocrate, Obama, otage complaisant d’un quarteron d’économistes « comportementalistes » (Summers, Orszag, etc.) qui verrouillent la Maison Blanche, a mis les assurances privées au centre de son dispositif, ces fameuses HMO’s qui décident, sur la base de critères purement financiers, quels soins seront dispensés aux malades. Les comportementalistes ne sont que le cheval de Troie de Wall Street, dont les grandes firmes détiennent précisément ces HMO.

Et Obama fait du Jospin, en pire. Ce dernier, tout en se prétendant anti-Blair un jour, n’affirmait-il pas que « le marché est efficace, mais injuste », jusqu’à se soumettre tous les jours à ses prétentions.

Deux idées illustrent la trahison d’Obama et le portent à adopter une logique d’élimination des « vies inutiles ».

La première, c’est le concept d’une « bourse aux assurances maladie ». On n’imposera rien à personne ; ceux qui veulent une assurance privée et peuvent se la payer le feront, ceux qui ne le peuvent pas pourront bénéficier d’une assurance maladie offerte par l’Etat. L’on évoque une « saine concurrence » qui fera « baisser les prix », alors qu’en fait, on favorise les malades riches, les sociétés d’assurance et les laboratoires pharmaceutiques, en refusant aux malades démunis les soins minimums, avec un triage systématique vis-à-vis de ceux affectés de maladies chroniques « trop coûteuses ».

La deuxième idée folle, c’est que pour rassurer les marchés, Obama s’est engagé à ce que sa réforme « n’aggrave en aucune façon le déficit budgétaire », la couverture accordée à tous étant « compensée » par la baisse des soins pour certains. Cette double préoccupation d’assurer un équilibre ne peut être accueillie que par un immense et tragique éclat de rire. En effet, l’inspecteur général du TARP (plan de sauvetage des banques) vient de faire savoir que ce programme en faveur des spéculateurs pourrait coûter jusqu’à 23700 milliards de dollars (et non les 700 milliards annoncés) ! En somme, on sauve les établissements financiers et on diminue les soins aux malades, sous prétexte de fatalité économique dans le premier cas – il faut sauver les banques pour le salut de l’économie – et de nécessité pragmatique pour le second : après avoir sauvé les banques, il ne faut tout de même pas trop dépenser pour les êtres humains !

L’équipe des conseillers de la Maison Blanche annonce alors, sur la base d’études statistiques tronquées, qu’il suffit de dégraisser Medicaid (l’assurance maladie publique pour les plus démunis) et Medicare, destiné aux personnes âgées. Selon eux, 30% des dépenses ne sont pas médicalement « justifiées » et consistent parfois à prolonger « inutilement », et à grands frais, des vies humaines ! C’est cette logique déshumanisante que dénonce Lyndon LaRouche. Elle dégage en effet un parfum des années trente, celui du fameux programme d’euthanasie Tiergarten 4 d’Adolf Hitler, adopté en 1939 pour financer la guerre.

Cependant, si la logique choisie par Obama pose un énorme problème, beaucoup de ceux qui combattent sa réforme s’appuient, eux aussi, sur une vision du monde fondée non sur une production élargie, mais sur l’allocation de ressources rares. L’opposition républicaine a beau jeu de clamer que cette dépense risque de finir par le rationnement des soins et des hausses d’impôts pour les contribuables. Cité dans la presse, le sénateur républicain John Voinovich le formule ainsi : « Pourquoi Obama baisse-t-il dans les sondages ? Eh bien, les gens se disent : Nous, on est dans la merde et ce type vient nous parler d’une réforme de la santé… Tout le monde sait que cela pèsera sur la feuille d’impôts. Et en plus, il veut rajouter à cela la taxe carbone qui pèsera sur nos factures de gaz et d’électricité... Les gens se demandent alors : ces types de Washington, ils sont devenus cinglés ou quoi ? »

Parmi les praticiens et hospitaliers, initialement assez favorables à la réforme Obama, c’est également la levée de boucliers contre un mode de gestion managériale qu’on cherche à leur imposer. La Medicare Payment Advisory Commission (MedPAC), une superstructure administrative chargée de restreindre les dépenses dans la santé, sera directement installée à la Maison Blanche. En réalité, Obama, qui réclame une « MedPAC dopée aux hormones », ne fait que reprendreun projet de l’Adminstration Bush-Cheney. Chip Kahn, le président de la Fédération hospitalière, a déclaré qu’il s’agit d’accorder un pouvoir immense à des gens non élus pour une question très sensible. L’association des ostéopathes menace de retirer son soutien si de tels pouvoirs soient attribués aux nouvelles agences chargées d’imposer coûte que coûte la « maîtrise des dépenses ».

Une élue démocrate de l’Etat de New York, Betsy McCaughey, qui préside actuellement le Comité pour la lutte contre les maladies infectieuses, a vertement critiqué le projet. Les réformes « aboutiront à réduire l’accès au soins et mettront les personnes âgées sous des pressions inacceptables. On les incite à écourter leur fin de vie et on condamne la génération du babyboom à des années pénibles. L’Office en charge du budget du Congrès reconnaît que seulement 1% des coupes dans Medicare proviendront de la réduction des abus et de la fraude. L’attaque contre les seniors est apparue lorsqu’on a voté le plan de relance. Attaché à ce plan se trouve une loi accordant un financement conséquent aux recherches sur "l’efficacité comparée des soins", un mot code signifiant la réduction des soins en fonction de l’âge des patients (…) En Angleterre, cette équation aboutit à priver de soins des personnes âgées. » Mme McCaughey note également que le conseiller médical d’Obama, Peter Orszag, a sommé le Congrès de transférer sa gestion de Medicare à une agence spécialement créée dans ce but au sein de l’Exécutif. Si cette réforme « restreint l’accès aux traitements et aux spécialistes, elle fera tout pour orienter les seniors vers le testament biologique et l’interruption de leurs soins et de leur alimentation… » Déjà, précisa-t-elle, dans l’Etat de l’Oregon, « on prive les cancéreux des soins permettant de prolonger leur vie et on leur offre à la place le choix d’un suicide médicalement assisté ».

Un groupe important d’élus démocrates progressistes des Etats [state legislators] vient de publier un appel contre la réforme. Ils affirment : « Nous ne devons pas laisser l’histoire se répéter. L’économiste Lyndon LaRouche a dénoncé ces politiques comme étant Nazies et nous soutenons cette condamnation. Il n’est pas trop tard pour empêcher cette réforme. Mais nous devons agir tout de suite. Il existe d’excellentes politiques de rechange. M. LaRouche a demandé d’annuler la politique des HMO imposée par Nixon. Il a également souligné la nécessité de retourner à l’approche rooseveltienne de la loi Hill-Burton [de carte hospitalière] adoptée en 1946. Par cette loi, l’Etat assume sa responsabilité en garantissant la construction et le fonctionnement des hôpitaux. En plus, le démocrate du Michigan John Conyers, soutenu par 84 représentants,a soumis un projet de loi "Medicare for all" proposant d’étendre le Medicare afin de garantir une assurance maladie à l’ensemble des citoyens américains tout en éliminant les HMOs. Nous saluons cette approche d’ensemble et appelons à sa mise en place ».

Contesté par le monde médical et sous attaque des républicains, Obama l’est tout autant de l’aile centriste du Parti démocrate, les Blue Dog Democrats (bleus, car s’affichant « fiscalement responsables »), comme de son aile progressiste (Dennis Kucinich, John Conyers, etc.), qui se sent trahie par les promesses du candidat en faveur d’une assurance maladie pour tous. D’autres démocrates, qui doivent se présenter devant les électeurs dès 2010, préféreraient utiliser l’argent pour un nouveau « plan de relance », car la situation sociale est intenable. Alors que le taux de chômage atteint 9,5%, 48 des 50 Etats flirtent avec la banqueroute et sont contraints à un amaigrissement généralisé. Le citoyen lambda voit alors apparaître un Président hésitant qui, par sa complaisance vis-à-vis des établissements financiers, se condamne fatalement à trahir ses promesses. D’après les sondages, de nombreux républicains sont donnés gagnants l’année prochaine.

A ce jour, il est probable qu’aucun texte final ne sera adopté avant les vacances et Obama lui-même annonce maintenant vouloir conclure si possible avant la fin de l’année. Espérons que son échec le fasse réfléchir.

En exigeant aujourd’hui sa destitution (impeachment), Lyndon LaRouche veut lui faire comprendre la gravité de ce qu’il fait et créer l’environnement permettant de contrecarrer ses propres tendances, celles d’un Narcisse capricieux et arriviste. Face aux conséquences de ses actes, il doit être mis devant le choix de se soumettre ou de partir.

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