Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire Flash : 2 décembre - François Fillon veut six fois moins de communes et zéro départements Lire
Accueil Actualité
Brèves

Pacte de compétitivité : Rejetons le nouveau pétainisme européen

La rédaction
visites
733

Par Christine Bierre

Plusieurs voix se sont élevées en France ces derniers jours, comme celle d’Eric Verhaeghe, ancien du MEDEF qui vient de publier un livre, Jusqu’ici tout va bien , ou celle de l’économiste Christian Saint-Etienne, pour dénoncer chez les élites françaises une mentalité défaitiste et décadente semblable à celle qui conduisit la France à la défaite en juin 1940.

Et en effet, le dernier Pacte de compétitivité, proposé par l’Allemagne et la France, n’a d’autre objet que de poursuivre, en plein milieu de ce crash financier potentiellement terminal pour la planète, et tel un train infernal que rien ne peut arrêter, les politiques de concentration de pouvoir politique supranational et de rigueur contre les populations qui furent le sceau de celles de Laval et de Brüning en 1935/36, et surtout de Vichy en 1940.

Depuis quelques semaines, on nous annonçait un vaste projet franco-allemand, pas supplémentaire vers la construction d’un gouvernement économique européen. Ce fut chose faite lors du Conseil européen, le 4 février dernier, lorsque les deux pays ont fait part de leur proposition de Pacte de compétitivité européenne, titre ronflant qui cache des politiques de rigueur sociale devant permettre à l’Europe de continuer à renflouer les banques.

Mais n’est-ce pas grotesque que se soit au lendemain des révolutions ayant provoqué la chute de plusieurs gouvernements au Maghreb et en Egypte, visant à mettre en cause les politiques de compétitivité, c’est-à-dire de bas salaires, d’austérité dans le secteur public et d’incitations au capital financier, que le FMI et la Banque mondiale leur imposaient depuis plusieurs décennies, que de telles politiques soient imposées en Europe ? La conférence de Davos 2009 avait même décerné le prix de la compétitivité cette année-là à la Tunisie !

De quoi s’agit-il ? L’Allemagne, principale inspiratrice de ce Pacte, accepterait que le Fonds européen de stabilité financière, censé pouvoir mobiliser 440 milliards d’euros en garanties contre les défauts souverains mais ne disposant actuellement, si on ne tient compte que des titres AAA, que de 250 milliards d’euros, puisse compléter ces contributions, à condition qu’en contrepartie soit adoptées des mesures d’austérité sociale harmonisées à l’échelle de l’Europe. Parmi ces mesures : l’abolition de l’indexation des salaires sur le coût de la vie, qui avait déjà été imposée en France par Pierre Bérégovoy et Edouard Balladur, mais à laquelle des pays comme la Belgique, le Luxembourg et le Portugal restent particulièrement attachés ; le relèvement général de l’âge de la retraite et une harmonisation fiscale destinée à gommer l’actuel privilège de l’Irlande, dont le taux d’imposition des entreprises est de 12%, alors qu’il est bien plus élevé dans le reste de l’Europe.

Berlin milite aussi pour que tous les pays ajoutent à leur Constitution un plafond de non dépassement du déficit public. Il s’agit là d’une mesure très dangereuse, car, outre le fait que des politiques budgétaires n’ont pas du tout leur place dans un document consacré à des questions de principe, elles aboutiraient à l’interdiction du crédit productif public, c’est-à-dire à l’impossibilité pour les banques centrales redevenues publiques de faire des avances aux gouvernements pour les dépenses dans la recherche fondamentale et le développement des technologies de pointe appliquées aux infrastructures de base, permettant de tirer l’ensemble de l’économie de l’avant.

L’Allemagne propose en effet d’invoquer l’article 136 du Traité de fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), qui fournit la base juridique aux coopérations renforcées entre gouvernements de l’UE, à l’extérieur du cadre de l’Union européenne. Dans une interview accordée à La tribune du 14 février, le ministre des Finances Wolfgang Schauble explique pourquoi il faut utiliser cette voie, répondant ainsi à l’accusation de vouloir « contourner » les institutions supranationales. « Il faut voir la réalité en face : peu sont favorables à un amendement des Traités. L’accord en décembre dernier pour une modification limitée des Traités par la procédure simplifiée a été un succès. Dans un avenir proche, la marge de manœuvre pour des modifications importantes des Traités européens est faible. C’est pourquoi nous devons agir dans le domaine du possible. L’article 136 du Traité de l’UE nous le permet. »

Face à ces politiques folles de soutien aux banques et d’austérité sociale, les voix réellement dissidentes en Europe sont rares ou sont le fait de mouvements minoritaires très combatifs dont le soutien grandira exponentiellement du fait de la crise. Parmi eux, notre propre mouvement Solidarité et Progrès et nos organisations sœurs en Europe, ainsi que le Sinn Fein en Irlande ou le mouvement contestataire islandais qui a bloqué les politiques de renflouement.


A lire : Réforme constitutionnelle : Nicolas Sarkozy se soumet au FMI et à la City


Contactez-nous !