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Parmalat : possibilité d’une crise systémique

La rédaction
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Lors d’un conseil des ministres du gouvernement italien, le 23 décembre, le ministre des Finances Giulio Tremonti a averti que la faillite de Parmalat, le quatrième groupe agroalimentaire européen, pourrait provoquer une liquidation générale des obligations d’entreprise et, en conséquence, une « insolvabilité générale dans le secteur des entreprises ».

La crainte de nouveaux cas de faillite est d’autant plus grande que Grant Thornton, l’un des cabinets d’audit accusé d’avoir arrangé les malversations comptables « à la Enron » de Parmalat, était aussi l’auditeur de la société agroalimentaire Cirio qui a, elle aussi, fait faillite en 2003. Les deux représentants italiens de Grant Thornton ont été arrêtés et les procureurs italiens enquêtent par ailleurs sur le rôle de la Bank of America et de Citicorp, partenaires de Parmalat dans de nombreuses acquisitions en Amérique du Nord et du Sud.

La Banque d’Italie est aussi sur la sellette. En effet, en tant que superviseur général du système bancaire, la banque centrale aurait dû intervenir lorsque différentes banques plaçaient les obligations douteuses (en fait, frauduleuses) de Parmalat. La confrontation entre le gouvernement et la Banque d’Italie, latente depuis le désastre argentin et l’affaire Cirio, s’est fortement intensifiée. Le gouvernement prévoit d’établir une nouvelle autorité de supervision, réduisant le pouvoir de la Banque d’Italie en la matière. Le 22 décembre, Parmalat a été placée en règlement judiciaire, sous tutelle d’un syndic, afin qu’elle puisse poursuivre son activité productive sans être inquiétée par les créanciers.

Parmalat constitue le troisième cas d’insolvabilité majeure ayant frappé récemment l’Italie. La cessation de paiement argentine s’est traduite globalement par une perte de 12 milliards d’euros pour 450 000 Italiens et la faillite de Cirio, au début de l’année dernière, par une perte de 1,2 milliard d’euros pour 40 000 Italiens. Pour ce qui est de Parmalat, on estime que 100 000 investisseurs seront touchés par cette affaire.

Parmalat et l’éclatement de la bulle spéculative

Le 3 janvier, le candidat présidentiel américain Lyndon LaRouche a rendu publique une déclaration sur les implications de la faillite de Parmalat, intitulée : « Parmalat : l’éclatement de la grosse, grosse, grosse bulle ». LaRouche recommande de « ne pas se concentrer sur la plus petite partie du scandale financier », mais sur ses conséquences systémiques.

La faillite de Parmalat peut être comparée à celle du fonds d’investissement Long Term Capital Management (LTCM), qui « avait ébranlé les fondations et les structures du système monétaire et financier international, en août-septembre 1998. (...) Parmalat n’est qu’un aspect d’un problème bien plus vaste, qui touche à la gigantesque bulle des produits financiers dérivés.

« On en est arrivé au point où, avec la chute continue du dollar par rapport à l’or et à l’euro, un simple petit coup d’épingle suffirait à faire éclater à tout moment la bulle dollar. L’épingle a choisi de faire éclater Parmalat. Cet éclatement pourrait s’avérer être le proverbial "clou du sabot" par lequel le royaume fut perdu, en l’occurrence le royaume FMI, sous sa forme actuelle . »

Les « pyramides financières » de Parmalat se sont effondrées lors d’un brutal changement de phase dans la structure monétaire et financière globale, caractérisé par la crise du dollar, écrit LaRouche. En premier lieu, l’affaire Parmalat n’est que la partie émergeante d’une bulle bien plus importante, celle des produits dérivés. La faillite du géant agroalimentaire italien ne doit pas être vue comme un cas isolé, mais comme symptôme d’un cancer financier, énorme et complexe, et cette faillite pourrait être le détonateur d’une réaction financière en chaîne. Reste à savoir si, à ce stade, certains banquiers ayant contribué à créer cette bulle en ont assez de la maintenir...

A présent, selon LaRouche, trois niveaux d’action gouvernementale sont nécessaires :

  • Protéger les activités productives de Parmalat à travers une procédure de mise en règlement judiciaire, et éviter que l’entreprise ne soit démantelée en plusieurs morceaux, ce qui reviendrait à suivre les mêmes politiques que celles ayant mené à sa faillite ;
  • Etudier les causes et les remèdes à la crise en partant du point de vue de l’économie physique plutôt que des statistiques monétaires et financières ;
  • Etablir un nouveau système monétaire et financier international, « abandonner le système de taux de change flottants dérégulé, pour revenir à un système de taux de change fixes, soutenu par des mesures de régulation, ainsi que des accords à long terme dont les échéances seront étalées sur une période d’une à deux générations ».
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