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Parmalat : une fraude « inventée par les banques »

La rédaction
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Les enquêtes judiciaires menées à Milan et à Parme sur la faillite de Parmalat montrent que ce géant agroalimentaire était devenu un instrument des banques, qui ont conçu et géré les divers montages frauduleux ayant mené à la « disparition » de milliards d’euros.

Le 10 janvier, la police italienne a effectué une perquisition dans les bureaux de la Bank of America (BoA), à Milan, à la recherche de preuves de son éventuelle complicité dans les activités frauduleuses de Parmalat. Les mêmes soupçons se portent sur Citicorp, JP Morgan, Deutsche Bank, Banco Santander, ABN, UBS, Capitalia, S. Paolo-IMI, Intesa-BCI, Unicredito et Monte dei Paschi.

Le fonds de retraite du syndicat des charpentiers de l’Alaska du sud, qui a perdu beaucoup d’argent dans l’affaire, a porté plainte contre Parmalat. Son avocat, Darren Robbins, du cabinet Milberg Weiss Bershad Hynes & Lerach, a déclaré : « La fraude de Parmalat a été réalisée principalement à New York, le cabinet juridique Zini et Citibank y ayant joué un rôle crucial. Nous pensons que Citigroup, en créant des instruments comme le tristement célèbre "Buconero", a joué un rôle fondamental pour permettre à Parmalat de truquer ses bilans et de cacher sa situation financière réelle. » Buconero, une institution offshore créée par Citibank pour le compte de Parmalat, signifie littéralement « trou noir » en italien.

L’ancien PDG de Parmalat, Calisto TANZI, qui a été arrêté, a déclaré aux procureurs que le plan d’obligations frauduleux mis en œuvre par Parmalat « était entièrement une idée des banques ». C’est bien l’ancien directeur des Finances de la société, Fausto Tonna, qui a manipulé les bilans mais, selon Tanzi, ce sont « les banques qui l’ont suggéré à Tonna ». La version de Tanzi a été partiellement confirmée par Luciano Silingardi, directeur de la Caisse d’épargne de Parme et membre du conseil d’administration de la société. La Repubblica le citait ainsi : « Je me souviens qu’une des dernières émissions - 150 millions d’euros - a été présentée à une réunion du conseil d’administration comme étant la requête d’une banque étrangère, qui était prête à souscrire à l’ensemble de l’emprunt. Si je me rappelle bien, il s’agissait de la Deutsche Bank . »

Parmalat et les centres offshore

Après avoir pris connaissance du document de LaRouche intitulé Parmalat et l’éclatement de la bulle spéculative, un analyste financier londonien a rappelé le montant énorme des transactions financières opérées par les grandes banques internationales à travers les centres offshore comme les îles Cayman. Ces transactions servent souvent à financer des combinaisons spéculatives à haut risque, ou des opérations politiques clandestines, voire même des opérations franchement criminelles - loin de toute supervision gouvernementale. La faillite de Parmalat menace en fait toute cette sous-structure douteuse du système financier international, avec des conséquences financières et politiques imprévisibles.

Dans son dernier rapport trimestriel, publié fin décembre, la Banque des règlements internationaux (BRI) a consacré un chapitre spécial aux « Centres offshore, dollar et yen » en raison de la forte augmentation de ces activités offshore. Même si bien des facteurs restent obscurs, la BRI est, au moins, au courant du volume des transactions transfrontalières déclarées par les banques en question à leur banque centrale respective qui, à leur tour, les rapportent à la BRI.

Le rapport trimestriel note : « Suite à deux années de croissance lente après la crise du LTCM en 1998, les créances dans les centres offshore ont rebondi au cours des derniers trimestres. Les banques américaines sont responsables d’une grande partie de cette hausse. Le total des créances offshore rapporté par les banques à la BRI s’élevait à 1800 milliards de dollars au deuxième trimestre 2003.

« Trois trimestres consécutifs d’augmentations relativement importantes des créances offshore des banques américaines, d’abord dans les îles Cayman et à Jersey, ont largement contribué à la hausse générale de l’activité des centres offshore. Ces mouvements récents ont renforcé la position du secteur bancaire américain à la tête des utilisateurs de centres offshores, position qu’il détient depuis le quatrième trimestre 2000. Le total des créances offshore des banques américaines s’élève à 601 milliards de dollars au deuxième trimestre 2003, soit près d’un tiers de l’ensemble des créances offshore. » Au deuxième trimestre 2003, 42% des prêts de banques américaines à des banques étrangères ont transité par des centres offshore ; c’est le pourcentage le plus élevé de tous les pays rapportant à la BRI et cela représente une forte augmentation par rapport aux 34% de l’année précédente.

La majeure partie des activités offshore s’effectue avec des banques, et souvent entre différentes branches de la même banque. Toutefois, la BRI mentionne une nouvelle tendance : « Une part de plus en plus importante des activités offshore est assurée par des institutions comme les hedge funds, les compagnies d’assurance et des sociétés de titres. » La participation de partenaires non bancaires « a été le plus prononcée aux Bahamas et aux Bermudes ». Au cours du premier semestre de 2003, les banques rapportant à la BRI ont augmenté de 832 milliards de dollars leurs prêts transfrontaliers, dont presque 403 milliards ont été accordés à des partenaires non bancaires. Un quart de ces prêts (101 milliards) ont transité par des centres offshore.

De là, les capitaux sont ensuite envoyés à travers le monde. Dans la liste de l’encours des prêts transfrontaliers établie par la BRI (juin 2003), les îles Cayman (1020 milliards de dollars) arrivent en cinquième position derrière la Grande-Bretagne (2860 milliards), l’Allemagne (1640 milliards), les Etats-Unis (1450 milliards) et le Japon (1270 milliards).

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