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Partenariat franco-russe : dernière chance d’entrer dans le monde de demain ?

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Par Christine Bierre

9 mars 2010 (Nouvelle Solidarité) - La visite du président russe Dmitri Medvedev début mars en France, pour l’inauguration de l’année croisée franco-russe 2010, confirme la volonté des deux pays de s’engager dans un véritable partenariat stratégique. Alors que la crise financière dans laquelle s’enfonce « l’Occident », porte en elle la menace de voir l’Europe, et même les Etats-Unis, sortir de la piste de l’histoire, cette relation privilégiée avec la Russie pourrait permettre à la France, au minimum, de garder un pied dans le groupe des grandes puissances de demain, la Russie, la Chine et l’Inde. Au mieux, elle devrait l’inciter à revoir totalement les politiques qu’elle mène depuis la mort du général de Gaulle et qui sont en train de l’amener inéluctablement vers sa déchéance.

Malgré la très forte impulsion donnée par de Gaulle pour faire de la France une nation souveraine moderne, elle a fini, sous la direction de dirigeants incapables, par succomber à l’influence néfaste des monétaristes de la City de Londres et de Wall Street. De puissance économique, avec 38 % de sa force de travail employée dans l’industrie en 1974, d’un pays tirant l’essentiel de sa force de ses découvertes scientifiques et technologiques, la France est devenue un pays où les services et la finance représentent désormais 80 % de son économie.

Les statistiques publiées à l’occasion des récents états généraux de l’industrie sont accablantes. Contrairement à l’Allemagne qui reste compétitive grâce au maintien de ses investissements dans les manufactures, mais aussi malheureusement au détriment des salaires, la France décroche sur les marchés internationaux. Face à une Allemagne dont le surplus de la balance commerciale a atteint 136 milliards en 2008, celui de la France est dans le rouge avec – 43 milliards d’euros. En cause, l’effondrement de la part de l’industrie manufacturière dans la valeur ajoutée. Entre 2000 et 2009, cette part est restée stable pour l’Allemagne à environ 29 %, alors que celle de la France dégringolait de 24 à 16 % dans la même période et que l’emploi industriel passait de 3,9 à 3,4 millions. Conséquence de ces choix, selon un tout récent rapport du ministère de l’Economie sur la désindustrialisation de la France, entre 2000 et 2007, 63 % des pertes d’emplois industriels sont dues à la concurrence étrangère et 23 % seraient imputables à la concurrence des pays émergents.

Avec le programme de « modernisation et d’innovation » adopté par Dmitri Medvedev, la Russie, qui a connu une crise sans précédent du fait des politiques monétaristes de la période Eltsine, dont elle est en partie sortie depuis la présidence Poutine, s’apprête à prendre le chemin inverse, en donnant un fort coup d’accélérateur à sa croissance technologique et industrielle, à l’image des autres géants asiatiques.

La main tendue par la Russie à la France à cette occasion pourrait être, dans ce contexte, particulièrement importante, indique Jacques Sapir, dans une tribune parue dans Le Figaro du 28 février. Selon cet expert franco-russe, « diverses pistes ont été tracées qui, toutes, ouvrent des perspectives importantes à l’industrie française si nous acceptons de coopérer avec ce programme ». Sapir souligne combien cette main tendue est un geste de la Russie envers notre pays. « En un sens, nous avons moins le choix qu’elle ne l’a. Il est bien fini le temps où l’Occident, de l’Europe aux Etats-Unis, avait le monopole des techniques modernes. Aujourd’hui, la globalisation de ces techniques fait de pays tels le Japon, la Corée du Sud, Taïwan et même la Chine des concurrents redoutables. Il est logique que pour mettre en place son programme d’efficacité énergétique la Russie se tourne vers l’Europe, et en particulier vers la France. Nos résultats plaident en notre faveur. Mais cela ne constitue nullement une obligation. Aussi, est-il important de saisir l’occasion qui nous est tendue. »

Visite essentiellement politique, une dizaine de contrats auront été signés au cours de ces trois jours. Parmi les décisions les plus importantes : GDF a signé un protocole avec Gazprom pour une participation de 9 % dans le pipeline North Stream, qui acheminera le gaz russe de Sibérie vers l’Allemagne ; Alstom prend une participation de 25 % dans les chemins de fer Transmashholding, ouvrant ainsi une porte à la France dans cet important marché, vu les besoins immenses de modernisation du rail dans ce pays ; enfin, Nicolas Sarkozy a annoncé que les négociations entre la France et la Russie pour la vente de quatre Mistral porte-hélicoptères étaient devenues « exclusives » et qu’au moins l’une de ces frégates serait construite à Saint-Nazaire.

Point noir de la visite, la tentative de Nicolas Sarkozy d’embarquer la Russie dans sa politique néo-conservatrice à l’égard de l’Iran.


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