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« Pétrole papier »
et pétrole réel

La rédaction
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Le 1er juin, le prix du pétrole brut léger américain au New York Mercantile Exchange (NYMEX) a atteint 24,38 dollars le baril, soit le prix de clôture le plus élevé depuis le début des échanges sur cette Bourse de New York. Le même jour, le Brent de Londres a atteint 39,12 dollars, le prix de clôture le plus élevé en 13 ans. Comme nous l’avons déjà dit, la récente hausse vertigineuse des prix du pétrole, accompagnée de fluctuations extrêmes dans les deux sens, n’est pas la conséquence de la loi de l’offre et de la demande, elle est due à des paris sur les grands marchés pétroliers à terme que sont le NYMEX et l’International Petroleum Exchange (IPE) de Londres.

Ces marchés à terme ne commercialisent cependant pas le pétrole réel, mais seulement d’énormes quantités de « pétrole papier ». Pour plus de 99,9% des contrats à terme au NYMEX, aucun baril de pétrole n’est réellement livré ou réceptionné. Néanmoins, ces transactions purement financières ont un fort impact sur les revenus des producteurs de pétrole et les dépenses des consommateurs.

L’IPE vient de rapporter que ses opérations avec les contrats en produits dérivés sur le Brent ont battu tous les records. Le 14 mai, le montant des contrats à terme sur le Brent a atteint 375 millions de barils, le plus haut niveau jamais atteint. Cela représente près de cinq fois la production journalière de brut dans le monde. Auparavant, le 12 février, le résultat journalier des contrats sur le Brent à l’IPE avait aussi atteint un record : 179 millions de barils, plus de deux fois la production journalière mondiale.

Au moment même où les titres atteignent des volumes astronomiques, les livraisons physiques de Brent sont en pleine contraction. Le Brent est un mélange de pétrole produit dans 19 champs pétroliers de la mer du Nord. Au début des années 90, la production quotidienne se situait autour de 700 000 barils par jour, en 2003, elle n’était plus que de 327 000 barils par jour. Si l’on prend la statistique actuelle d’environ 300 000 barils par jour de production physique de Brent, les contrats à terme du 14 mai dépassaient la production physique journalière par un facteur de 1,25.

Bien que le Brent représente moins de 0,4% de la production mondiale de pétrole, son prix détermine le prix de 60% du pétrole dans le monde. Cela permet à l’oligarchie financière de manipuler et de contrôler plus aisément les prix.

LaRouche propose un prix plafond pour le pétrole

Comme nous l’avons rapporté la semaine dernière, Lyndon LaRouche a appelé à fixer le prix du pétrole aux alentours de 22 à 28 dollars le baril, ce qui est actuellement l’objectif de l’OPEP, afin de protéger l’économie réelle des effets dévastateurs des marchés à terme sur le pétrole. Déjà dans sa campagne électorale de 2000, alors que le prix avait fortement grimpé en quelques mois, LaRouche avait fait une proposition similaire. Dans son mémorandum du 19 septembre 2000, « Des mesures d’urgence pour faire baisser les prix du pétrole », LaRouche appelait à prendre les mesures suivantes :

« Ce problème ne pourra pas être réglé à court terme par des moyens ordinaires. Seules des mesures énergiques, prises de manière concertée par des gouvernements souverains, pourraient ramener sous contrôle le prix du pétrole. Toute autre proposition serait une illusion puérile. (...). L’action à prendre, sous la direction du gouvernement des Etats-Unis, doit avoir pour objectif une coopération immédiate entre principales nations exportatrices de pétrole et principales nations consommatrices.

« Ces gouvernements doivent : a) déclarer un état d’urgence stratégique pour garantir la stabilité de la fourniture et du prix de l’approvisionnement énergétique vital au niveau national ; b) conclure des contrats directs, entre gouvernements, prévoyant la livraison de pétrole des nations exportatrices aux nations consommatrices sur au moins douze mois ; c) définir des prix raisonnables pour ces contrats ; d) (...) assurer en priorité l’approvisionnement de catégories de consommateurs privilégiés dans chaque pays, réduisant si nécessaire les réserves d’autres secteurs pour garantir ces livraisons prioritaires.

« Une telle action atténuera considérablement les tendances hyperinflationnistes qui affectent actuellement le secteur pétrolier. L’effet politique sera significatif, entraînant une réaction de la part des spéculateurs qui s’enrichissent aux dépens des pays subissant la hausse spéculative du prix du pétrole. Nous ne pouvons pas permettre à quelques spéculateurs cupides de bafouer l’intérêt national de différents pays et les relations entre économies nationales. C’est au nom d’intérêts stratégiques nationaux supérieurs que nous devons contrecarrer toute opposition à ces mesures nécessaires.

« L’action que nous proposons n’est pas un remède à la tendance hyperinflationniste plus générale actuelle, elle ne permettra de contrôler qu’une partie cruciale de cette inflation spéculative. Mais on établira ainsi les normes de coopération nécessaires pour traiter les crises bancaires et autres qui sont sur le point de frapper l’ensemble du monde au cours des semaines et des mois à venir. »

Prix du pétrole et fusions de compagnies pétrolières

On constate par ailleurs un rapport frappant entre le prix du pétrole et les fusions de géants, qui ont particulièrement marqué ce secteur. En août 1988, alors que l’or noir coûtait environ douze dollars le baril, British Petroleum fit l’acquisition d’Amoco, l’une des plus grandes compagnies américaines dotées d’importantes ressources en pétrole et gaz naturel domestiques. En novembre de cette même année, deux autres fusions géantes furent annoncées : Exxon acquit Mobil et Total acheta Petrofina. Ces trois fusions, ainsi que l’achat de Texaco par Chevron en octobre 2000, se sont traduites par une consolidation considérable du cartel pétrolier. Les Sept sœurs ne sont plus que cinq : Royal Dutch/Shell, BP, ExxonMobil, ChevronTexaco et Total (qui absorba aussi Elf Aquitaine). Déjà en 1984, Chevron avait acquis Gulf Oil.

Devant débourser des sommes astronomiques pour réaliser ces fusions, les géants pétroliers sabrèrent leurs investissements physiques (exploration, production, raffineries). Le Wall Street Journal (1er juin) observait qu’en périodes de pénurie et de prix élevés, la réaction normale de l’industrie pétrolière avait toujours été d’investir plus dans l’exploration et d’augmenter la production - ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. ExxonMobil et ChevronTexaco, entre autres, ont « dit et répété qu’ils ne modifieraient pas leurs dépenses pour cette année ».

Pour ce qui est des capacités de raffinage, la situation est encore pire. Au cours des 20 dernières années, les investissements dans ce domaine aux Etats-Unis ont été presque nuls, en grande partie à cause des activités de fusions. Au cours de cette même période, le nombre de raffineries a chuté de 60% et la capacité totale est passé de 20 millions de barils par jour au début des années 90 à moins de 18 millions aujourd’hui. Par conséquent, les Américains ont commencé à acheter de l’essence à Rotterdam en quantités énormes, faisant monter les prix en Europe. Aux Etats-Unis aussi, le prix à la pompe explose. Le ministre américain de l’Energie, Spencer ABRAM, a convoqué le 4 juin une réunion d’urgence avec les directeurs de l’Institut pétrolier américain et de l’Association nationale des pétrochimistes et raffineurs, les exhortant à faire tourner au maximum absolu les raffineries afin d’empêcher des pénuries d’essence pendant la période forte des vacances d’été. Pourtant, faire tourner à fond ces installations est toujours très risqué, en raison du danger d’incendies et autres accidents qui finissent par paralyser la raffinerie. Alors que les consommateurs doivent payer un prix exorbitant, les raffineurs américains empochent leurs plus forts gains depuis 15 ans.

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