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Peut-il y avoir des élections en Irak ?

La rédaction
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Sans la tenue d’élections en Irak, l’espoir de rétablir la souveraineté, l’indépendance et la paix restera faible, sinon nul. Or les actions militaires et politiques menées actuellement par l’administration Bush et le gouvernement intérimaire irakien reviennent à rendre impossible la tenue d’élections.

Le secrétaire général de l’ONU Kofin Annan et le roi de Jordanie Abdallah II ont déclaré qu’en l’absence d’une amélioration de la situation sécuritaire, des élections semblent exclues. Comme le note un rapport publié le 30 septembre par une entreprise privée de sécurité, Special Operations Consulting-Security Management Group, 2300 attaques sont survenues rien qu’au mois de septembre dans une vaste zone géographique allant de Mossoul au nord, à travers le Kurdistan, y compris Kirkouk, et le triangle sunnite (Tikrit, Samarra, Baquba, Ramadi, Falloujah et Bagdad), jusqu’à Bassorah au sud.

Contrairement à ce que prétendent l’administration Bush et le gouvernement intérimaire d’Iyad Allaoui, ces attentats ne sont pas l’œuvre de « terroristes étrangers » associés au fameux Abou Moussab Al Zarkaoui. Les responsables militaires américains, comme le notait le Daily Telegraph de Londres dans son édition du 4 octobre, admettent qu’al-Zarkaoui est essentiellement un « mythe » utilisé à des fins de propagande. Confrontés à l’horrible réalité d’une guérilla qui s’étend et s’intensifie, les Américains répondent par une force militaire brutale.

Le ministre de la Défense du gouvernement intérimaire, Hazim Al-Shalaan, s’est engagé à détruire 20 à 30 centres de résistance en l’espace d’un mois. C’est le prélude à l’offensive qui a commencé début octobre contre Samarra et devait se poursuivre, ville après ville, dans toute la région.

Les plans d’opérations militaires américaines ont été discutés par le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld lors d’une visite éclair dans la région du Golfe. Le ministre a rencontré des responsables irakiens à Kirkouk et à Bagdad, déclarant que « le général Abizaid et le général Casey, ceux qui sont en charge de l’Irak », allaient décider d’un renforcement possible des troupes américaines, ajoutant que 140 000 membres des forces de sécurité irakiennes seraient formés et équipés avant janvier 2005, date prévue pour l’élection.

Donald Rumsfeld a également tenu une réunion surprise le 9 octobre, à bord d’un porte-avion appareillé dans le Golfe, avec les ministres de la Défense d’Albanie, Azerbaïdjan, Bahrain, Bulgarie, République tchèque, Danemark, Estonie, Géorgie, Hongrie, Irak, Lettonie, Lituanie, Macédoine, Mongolie, Pologne, Qatar, Roumanie et Ukraine. L’objectif de la réunion, disait-on, était « de renforcer l’équipe, la coalition » et de donner des assurances sur la situation en Irak. Le général Casey, chargé du « plan » visant à reprendre les villes contrôlées par la résistance irakienne, a expliqué aux 18 ministres, par téléconférence depuis Bagdad, la stratégie de « pacification » de l’Irak.

Cependant, les spécialistes s’accordent à dire que, malgré de lourdes pertes, la résistance irakienne ne sera pas vaincue de cette manière. Le gouvernement de Bagdad a dû, par conséquent, envisager d’autres options. Il avait affirmé sa volonté d’organiser des élections à tout prix. Le Premier ministre par intérim Iyad Allaoui a proposé d’organiser des élections partielles, excluant les régions qui ne seraient pas sous contrôle gouvernemental. Mais des élections où ne participerait qu’une partie de la population ne pourraient pas être considérées comme démocratiques ou valides.

Mohammad Bashar Al Faidhi, porte-parole de l’Association des intellectuels musulmans, la plus influente organisation sunnite en Irak, a confirmé ce point de vue dans une déclaration faite le 6 octobre : « Nous pensons que si certaines zones étaient exclues des élections de janvier, cela pourrait être de mauvais augure pour l’unité du pays. (...) Ces élections seraient inéquitables car de nombreuses personnes dans certaines zones ne pourraient pas voter et leurs opinions seraient négligées. Ceci affecterait la crédibilité des élections . »

La tenue d’élections nécessite une protection pour les fonctionnaires de l’ONU chargés de veiller à l’inscription des électeurs et de contrôler les bureaux de vote. Les forces de police qui devraient normalement assurer la sécurité des bureaux de vote sont devenues la principale cible de la résistance. Les forces qui exercent véritablement un « contrôle » militaire sont les milices appartenant à différents groupes : les brigades Badr de la principale organisation politique chiite, le Conseil suprême de la révolution islamique, l’Armée du Mahdi, du chiite radical Moqtadar Al Sadr (négociant actuellement avec le gouvernement), et les milices PESHMERGAS des mouvements kurdes au nord du pays. Ces forces auraient de fait le contrôle des lieux où les gens doivent voter et seraient, par conséquent, en position d’influencer les résultats.

Le conflit en Irak a exacerbé les tensions ethniques et religieuses. Fin septembre, les conseillers municipaux des villes situées dans les provinces du Sud se sont réunis pour discuter d’une proposition d’établissement d’une « région méridionale » analogue à la région kurde au Nord. Or, les trois provinces du Sud recèlent plus de 80% des réserves pétrolières irakiennes. En même temps, le conflit ethnique à Kirkouk s’est élargi, les Kurdes continuant à repeupler la ville aux dépens des Arabes et des Turkmènes. Kirkouk, aussi riche en pétrole, est considérée par les Kurdes comme la « capitale du Kurdistan ».

Cette tendance à l’« ethnicisation » a été confirmée dans un récent sondage effectué par le Centre irakien de recherches et d’études stratégiques : plus de 52% des personnes interrogées ont affirmé qu’elles ne voteraient pas pour un candidat n’appartenant pas à leur groupe religieux, ethnique ou linguistique.

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