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Pillage pétrolier en Afrique

La rédaction
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Sous le titre « Les Etats-Unis pressent l’Afrique d’ouvrir le robinet de pétrole brut », le Times de Londres du 25 juillet analyse un « changement marqué de la politique occidentale envers l’Afrique », mené par le gouvernement des Etats-Unis. Selon le Times, « le monde occidental a lancé un plan visant à réduire sa dépendance vis-à-vis du Golfe, politiquement risqué, en encourageant un fort accroissement de la production en Afrique occidentale et en pressant le Nigeria de quitter l’OPEP. »

Le quotidien cite Walter Kansteiner, sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires africaines : « Le pétrole africain représente pour nous un intérêt stratégique national et le sera de plus en plus à l’avenir. » Kansteiner venait de terminer une visite chez les producteurs africains les plus importants : Angola, Gabon et Nigeria. Dans son point de presse, après son voyage, il a expliqué que les Etats-Unis importent aujourd’hui environ 15 % de leur brut d’Afrique de l’Ouest et que ce chiffre pourrait monter à 20 % dans les deux ou trois ans à venir.

Depuis quelque temps, il est question au Congrès américain et au Pentagone de faire du pétrole africain une priorité de sécurité nationale pour les Etats-Unis. Le 25 janvier 2002, l’Institut des Etudes politiques et Avancées, basé à Jérusalem, a tenu un symposium à Washington sur l’importance stratégique des flux croissants de pétrole allant de l’Afrique vers les Etats-Unis, débouchant sur la formation d’un groupe de travail dénommé Groupe d’initiative sur la politique pétrolière africaine (AOPIG dans son acronyme américain), qui réunit des responsables de l’administration Bush, des représentants du Congrès, de grosses compagnies pétrolières, des sociétés d’investissement et des consultants internationaux. Le 12 juin 2002, l’AOPIG a publié un rapport, Pétrole africain : une priorité pour la Sécurité nationale américaine et le développement africain, pour le président de la sous-commission aux Affaires africaines de la Chambre des Représentants, le républicain Ed Royce. Celui-ci déclara à cette occasion que « le pétrole africain devrait être traité comme une priorité pour la Sécurité nationale américaine de l’après 11 septembre . »

Le rapport de l’AOPIG estime que les importations américaines de pétrole africain devraient augmenter de 1,5 million de barrils/jour actuellement, à 2,5 million de barrils/jour en 2015. Le Golfe de Guinée émerge comme un nouveau centre de gravité énergétique. Les réserves totales de pétrole et de gaz dans la région côtière ouest-africaine allant de la Côte d’Ivoire à la Namibie pourraient dépasser celles du Moyen-Orient. La plupart des gisements sont offshore et sont donc isolés des éventuelles turbulences politiques. Quant aux lignes de transport transatlantiques vers les Etats-Unis, elles sont plus courtes et plus directes que celles en provenance du Proche-Orient. L’Afrique de l’Ouest offre donc la solution potentielle la plus rapide, la plus sûre et la moins compliquée à mettre en œuvre pour remplacer une partie du pétrole proche-oriental.

Le Pentagone planifie déjà un accroissement des dépenses militaires pour assurer la sécurité du Golfe de Guinée. On envisage de créer un sous-commandement régional pour le Golfe, avec un nouveau port régional situé sur les îles de Sao Tomé et Principe, après que le Congrès américain et l’Administration aient formellement déclaré cette région comme étant d’un « intérêt vital » pour les Etats-Unis.

Début juillet, une délégation de l’AOPIG s’est rendue au Nigéria et a rencontré le président Obasanjo et le vice-président Atiku. Au cours de ces rencontres, les Nigérians ont endossé la proposition américaine d’établir une « Commission du Golfe de Guinée », qui impliquerait les Etats d’Afrique de l’Ouest producteurs de pétrole.

Comme le montrent ces développements, les Etats-Unis sont maintenant bien avancés dans la création d’une structure politico-militaire en Afrique de l’Ouest, qui leur garantirait un accès aux matières premières africaines, notamment le pétrole. C’est dans ce contexte - assurer aux Etats-Unis la fourniture en pétrole et en minéraux stratégiques - que se justifient les récents accords de paix au Soudan et au Congo. Dans les deux cas, c’est la pression américaine qui a forcé les parties en conflit à trouver un accord.

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