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Pologne : pourquoi les Russes ne peuvent tolérer le bouclier anti-missile

La rédaction
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19 août 2008 (Nouvelle Solidarité) — Un article paru le 15 août dans l’International Herald Tribune permet de mieux saisir les raisons de la colère justifiée de la part de la Russie contre l’installation du « bouclier anti-missile » étasunien sur le sol polonais.

Bien que l’article s’étonne de la surréaction russe sur le sujet, il livre lui-même quelques détails sur le contenu de l’accord paraphé à Varsovie.

1) Bien que la plupart des medias signalent vaguement que la Pologne va « accueillir » des « éléments » du bouclier anti-missiles, il s’agit en réalité de l’installation d’une base militaire américaine abritant dix intercepteurs capables d’abattre un nombre limité de missiles balistiques. Selon le quotidien britannique Sunday Telegraph, la base accueillera en permanence quelques 200 militaires. L’IHT note que « la Russie s’est longtemps opposée à l’accord, affirmant que les Etats-Unis violaient les accords convenus après la guerre froide selon lesquels ils s’engageraient à ne pas stationner de troupes dans des anciens pays membres du bloc soviétique ».

2) En échange de son bon vouloir, la Pologne a obtenu une « coopération renforcée » dans le domaine de la défense. Elle recevra notamment 96 missiles Patriot dernière génération (Patriot Advanced Capability-3) capables, non seulement d’abattre des missiles intercontinentaux provenant de « pays voyous » (Iran, Corée du Nord, etc.) mais aussi des missiles de courte et moyenne portée et des chasseurs bombardiers, comme ceux de son voisin russe…
Notons d’emblée que le système PAC-3 fut développé par la société américaine Lockheed Martin, dont Lynne Cheney fut administratrice jusqu’en 2001.
Selon l’hebdomadaire turc Turkish Weekly, le ministre des Affaires étrangères polonais, Radoslaw Sikorski a reconnu le 15 août que les batteries de missiles Patriot en Pologne seront « installés sur des sites en fonction de nos besoins de défense ».
Le Weekly Standard, publication de la secte des néo-conservateurs américains, partisan d’une installation accélérée du bouclier anti-missile reconnaît que « la plupart des missiles que la Russie employerait contre ses voisins… sont des missiles a courte et moyenne portée », exactement contre quoi le PAC-3 prétend être une parade.

3) L’IHT note également que l’accord implique le déploiement immédiat de troupes américaines sur les frontières avec la Russie, bien avant l’arrivée du dispositif PAC-3 qui ne sera prêt que d’ici cinq ans. « Un officiel de Pentagone n’ignore pas la partie sensible et inhabituelle du dossier : une batterie de missiles anti-missiles Patriot américain serait déplacé de sa base actuelle en Allemagne vers la Pologne, ainsi qu’une centaine de militaires américains capables de la rendre opérationnelle ». Dans ce cas, les soldats américains seraient incorporés dans l’armée polonaise, au moins temporairement, et se trouveraient directement exposés sur la ligne de front avec la Russie.

4) Ce mariage étroit entre la défense nationale polonaise et le dispositif de l’OTAN conduit la Pologne a réclamer un « traitement de faveur » de la part des Etats-Unis en cas d’agression, car comme l’a formulé le premier ministre polonais Donald Tusk, « l’assistance militaire n’a pas grande valeur quand elle est offerte aux morts ».

Ce que l’International Herald Tribune oublie de signaler c’est qu’un groupe de scientifiques américains vient de démontrer que les intercepteurs installés sur le sol polonais, opérant de pair avec le système radar installé en République Tchèque, pourraient abattre des missiles intercontinentaux russes dirigés vers l’Ouest.

On pourrait en conclure que si l’installation du bouclier anti-missile en Pologne ne suffirait guère à neutraliser les arsenaux russes, elle permettrait en revanche de déclencher une troisième guerre mondiale, une option malheureusement de plus en plus opérationnelle pour une faction de l’oligarchie financière internationale.

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