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Pour Kerry, le plan McChrystal va trop loin, trop vite

La rédaction
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Le 26 octobre—Le sénateur John Kerry, président de la Commission des relations étrangères au Senat des Etats Unis, a déclaré le 26 octobre devant le Conseil des relations étrangères de New York, que le débat sur l’Afghanistan « est en dehors de toute réalité ». Le jeu politique a « réduit un pays extraordinairement complexe, une région extraordinairement complexe, et une mission difficile, a un choix simpliste : ‘oui’ ou ‘non’ à l’augmentation des troupes ».

Tout au long de son discours, ce sénateur qui joue un rôle clé dans la politique étrangère américaine, a souligné toute l’importance des évaluations de terrain fournies par les autorités civiles aussi bien que les militaires, avant de prendre une décision sur une nouvelle montée en puissance en Afghanistan. Ces déclarations avaient lieu au moment même où le président Obama tenait la 6ème session de stratégie du National Security Council sur la politique en Afghanistan, sous la pression des Britanniques pour un nouvel envoi massif de troupes dans ce « cimetière de grands empires ».

Kerry a préféré, de son côté, lancer un appel à une collaboration avec la Russie, la Chine, l’Inde, l’Asie centrale et l’Iran, pour résoudre le problème. « Nous devrions explorer les façons de collaborer avec chacun de ces pays car chacun d‘entre eux a des intérêts directs en Afghanistan ».

A cause « de erreurs grossières commises dans cette guerre par l’ancienne direction civile, nous n’avons pas d’options optimales pour y faire face aujourd’hui », a dit Kerry d’entrée de jeu. Dans ce contexte, nous devrions faire ce qui est « faisable et possible ».

Nous n’avons pas assez de soldats pour lancer une vaste campagne nationale de contre insurrection en Afghanistan”, a dit Kerry, « et nous n’avons même pas besoin de le faire ». « Nous n’avons pas besoin de contrôler chaque hameau et village, étant donné que les parties non ‘pashtounes’ du pays sont déjà hostiles aux Talibans.

Kerry a surtout exprimé sa crainte que les Américains soient perçus de plus en plus par la population afghane comme des « occupants étrangers ». Il a souligné que « depuis que notre présence s’est accrue dans le pays, l’insurrection a progressé d’autant ».

Le plan du général Stanley McChrystal, en charge des forces de l’OTAN en Afghanistan, « va trop loin, trop vite », a-t-il dit, car nous n’avons pas « les garanties de gouvernance ni les possibilités de développement sur place qui sont les deux piliers nécessaires d’une stratégie de contre-insurrection ».

Toute décision doit être soumise à trois conditions : 1) « Y a-t-il assez de forces afghanes pouvant devenir les partenaires des troupes américaines, quel est leur nombre et quel type de responsabilité pour la sécurité peuvent-elles prendre ? 2) « Y-a-t-il assez de dirigeants locaux avec lesquels nous pourrions être partenaires… Nous devons être capables d’identifier et de coopérer avec les dirigeants tribaux, de district et provinciaux qui représentent l’autorité du pays afin de pouvoir garantir des services et rétablir la foi des Afghans dans leur gouvernement. 3) « Les civils qui doivent être prêts à suivre rapidement, en fournissant l’aide au développement qui apporte des bénéfices tangibles à la population locale (…) doivent connaître eux-aussi une amélioration de leurs conditions de vie ».

Parmi les problèmes de gouvernance évoqués par Kerry il y a “le fait que le gouvernement afghan n’a poursuivi jusqu’ici aucun trafiquant de drogue de haut niveau, et ceci pénalise tous nos efforts, car cela pose un problème fondamental de crédibilité. Le trafic de drogue qui génère 90% du commerce mondial d’héroïne et 3 milliards de dollars par an en profits pour certains, dont une partie à l’insurrection, alimente non seulement l’insurrection, mais finance aussi la corruption qui mine la gouvernance ».

Kerry ajouta, qu’on peut progresser, si on se focalise sur ce qu’il est possible de faire. « Nous ne pouvons pas construire une nation moderne à partir de rien, mais nous pouvons créer des politiques qui transféreront des responsabilités et des ressources aux Afghans pour bâtir leur pays à leur propre rythme ».

« La semaine dernière, j’ai pu voir par moi-même la situation, lorsque j’ai volé en hélicoptère de Kandahar dans le sud de l’Afghanistan à la très disputée province de Helmand. Cette région était autrefois le grenier à blé de l’Afghanistan, l’endroit où l’agriculture fleurissait alimentée par des systèmes d’irrigation construits par des ingénieurs américains dans les années 50 et 60. Aujourd’hui, les trafiquants de drogue et l’insurrection en ont fait dans le plus grand producteur d’opium pour l’héroïne du monde. »

Dans un district qui avait été sous contrôle des Talibans auparavant, Kerry a rencontre 25 dirigeants tribaux, les « anciens » de la région. Ils étaient contents de la sécurité que les troupes américains avaient apportée, mais c’est l’un d’entre-eux qui a exprimé ce qu’ils veulent réellement : « nous n’avons pas d’eau potable dans la propriété de ma famille, pas de puits, pas de canaux, et aucune infrastructure ». Les gens veulent des services basiques, a dit Kerry et « si nous pouvons aider les Afghans a creuser les puits et a draguer les canaux que « l’anciendu village » demande, nous pourrons alors aller de l’avant en leur donnant un sens que nous sommes réellement de leur côté. Ce faisant, je crois que nous pouvons marginaliser les Talibans dans cette région, mais aussi à travers l’Afghanistan.Dans ce contexte, nous devrions faire ce qui est « faisable et possible ».

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