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Pour Wilhelm Hankel, l’euro est un cadavre ambulant

La rédaction
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8 février 2011 (Nouvelle Solidarité) — La discussion la plus importante au Forum économique mondiale de Davos fut précisément celle que les médias ont passée sous silence.

Consacrée à l’avenir de l’euro, elle eut lieu le 28 janvier et tourna à l’affrontement entre le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, et Wilhelm Hankel, ancien économiste en chef du Kreditanstalt für Wiederaufbau (Banque publique en charge de la reconstruction) et actuellement un des cinq professeurs ayant porté plainte contre la création d’un Fonds européen de stabilisation financière (FESF) devant la Cour constitutionnelle allemande.

Devant une salle pleine, Hankel fut applaudi quand il déclara que l’euro était un « cadavre ambulant » et que les tentatives pour le sauver mettraient à mort la démocratie en Europe. Trichet et les autres membres du panel, dont le célèbre économiste Nouriel Roubini, n’ont trouvé que peu d’arguments pour s’opposer à Hankel.

« Je viens d’un pays, déclara Hankel, qui, quatre-vingts ans après, pâtit toujours de l’erreur tragique faite par un gouvernement tentant de rembourser ses dettes tout en coupant les budgets. Ce fut le gouvernement qui précéda l’arrivée au pouvoir d’Hitler. Cependant, je ne formule pas mes critiques uniquement en tant qu’économiste allemand, mais aussi en tant que démocrate. »

Les mécanismes de surveillance stricte et de « gouvernance » actuellement discutés en Europe reviennent, pour Hankel, à des mesures de « de-démocratisation ». Ils visent à remédier au péché original de l’euro, à savoir la séparation du budget de la monnaie. Si nous devons les réunir à nouveau, estima Hankel, c’est aux parlements nationaux d’approuver ce choix.

En attendant, « nous avons mis la monnaie entre les mains d’individus qui n’ont aucune légitimité démocratique chez eux », déclara Hankel en fixant Trichet du regard. « Nous avons un problème profond de constitutionnalité en Europe ». En vérité, la solution est « très simple » : ou bien les pays faibles sortent de l’euro, ou bien, on revient à un système monétaire dans lequel l’euro ne sera plus qu’une unité de compte, comme l’était l’Ecu.

En réponse, Trichet récita sa litanie habituelle, à savoir que l’euro est une réussite parce que l’inflation reste faible. Étonnant, lorsqu’on sait que, lors de la conférence de presse mensuelle à Francfort le 3 février, il tua entièrement cet argument, en annonçant que la BCE prévoyait un taux d’inflation dépassant la limite des 2 %, pour les 12 prochains mois !

A cette occasion, notre correspondant lui demanda son avis sur les conclusions du Rapport Angelides, qui affirme que la crise aurait pu être évitée. Trichet tenta d’échapper au couperet, se disant d’accord avec le rapport et déclarant même que la BCE et les autres banques centrales, réunies à la Banque des règlements internationaux (BRI) en 2007, avaient tiré la sonnette d’alarme.

Or, c’est justement le contraire qu’affirme le rapport Angelides, puisqu’il accuse les banques centrales, entre autres, de ne pas avoir anticipé et empêché la crise, et d’avoir permis aux banques de se livrer à des pratiques criminelles.


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