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Pour ce qu’il a fait ET ce qu’il ne fait pas, Sarkozy doit partir

La rédaction
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11 octobre 2010 (Nouvelle Solidarité) – En juin dernier, le premier candidat déclaré à la présidentielle 2012, Jacques Cheminade, appelait à la démission de Nicolas Sarkozy, « sans plaisir et sans haine ». Pour lui, au delà des scandales Bettencourt et Karachi, ce n’est pas tant ce qu’il a fait qui exige son départ que ce qu’il n’est pas en mesure de faire : s’attaquer aux prédateurs financiers qui détruisent l’économie et imposent l’austérité. Il y a urgence à rétablir en France et dans le monde la stricte séparation entre les activités spéculatives et les banques censée émettre le crédit à l’économie réelle. C’est la mesure clé pour ouvrir la porte à un changement de système.

Nous republions ici la dernière partie de son interview à notre journal Nouvelle Solidarité paru le 16 juillet :

NS : Face à cette débâcle que vous décrivez [dans l’affaire Bettencourt, ndlr], l’opposition reste en retrait, le Parti socialiste avait dit dès le début, par la voix de Pierre Moscovici, que ce n’était pas une affaire qui exigeait le départ de M. Sarkozy ; les syndicats ne se sont pas non plus saisis de cette question pour faire reculer le pouvoir. Comment expliquez-vous cela ?

JC : Picasso avait écrit une pièce de théâtre qui s’appelait « Le désir attrapé par la queue ». Je pense que là, les partis sont tous attrapés par ce monde de l’argent. On a vu leur façon d’opérer qui étonne parfois, comme lors de l’élection interne du Parti socialiste, lorsque Martine Aubry avait affronté Ségolène Royal et qu’on a vu, des deux côtés, d’étranges manipulations électorales. C’est une sorte de bénitier dans lequel tout le monde a trempé les mains et dont l’eau est devenue complètement trouble. Pour utiliser une autre métaphore, je dirais que la République est devenue une sorte d’abreuvoir. Alors, faudrait-il dire « tous pourris » ? Ce n’est certainement pas le cas, mais il y a une complicité générale qui vise à maintenir un système.

Là, il y a quelque chose de franco-français, mais qui nous dépasse de loin. On voit dans les principaux pays du monde les mêmes conflits d’intérêt, les mêmes confusions du genre et c’est un reflet de la dynamique destructrice du système monétaire international, avec une capitulation des valeurs et un pourrissement des âmes.

Dans ce sens, c’est bien plus grave que l’affaire Bettencourt/Woerth/Sarkozy. Il y a un effet révélateur qui est, je pense, son caractère le plus intéressant. Avec la perte de contrôle d’eux-mêmes de certains dirigeants de la droite, tels que Xavier Bertrand, qui a dit qu’il y avait des journalistes qui utilisaient des méthodes fascistes, ou d’autres, qui ont dit que ça leur rappelait des comportements des années trente.

En fait, ce qui est similaire aux années trente, aujourd’hui, c’est toute la politique d’austérité suivie par le gouvernement, qui frappe les jeunes, l’étudiant qui cherche un logement, les handicapés, qui frappe, par la hausse des prix, toutes les classes moyennes. C’est une politique non pas de développement économique mais de gestion de crise, toujours en faveur des intérêts en place. Il se crée ainsi une sorte de logique de la corruption à laquelle il faut s’opposer.

C’est ce que nous faisons, en nous battant pour une dynamique de changement, de développement, une politique qui reprenne le préambule de la Constitution de 1944, réaffirmé par celui de la Ve République de 1958 et le programme du CNR ; une politique dans laquelle ces textes-là soient enfin respectés. Il faut que toutes les affaires financières soient soumises à l’impératif de justice sociale. On en est très loin et c’est cela qui est le véritable scandale.

Tout le reste vise à masquer ce scandale et à permettre de continuer autant qu’on le peut, et on ne le pourra pas très longuement parce que la crise financière et monétaire internationale se chargera de remettre les choses en place, dans le mauvais ou le bon sens. Nous espérons que ce sera dans le bon sens et non pas dans celui d’une dictature financière avec des couleurs nouvelles.

NS : Jacques Cheminade, vous appelez au départ de Nicolas Sarkozy. Que répondez-vous (vous venez de répondre en partie) à ceux qui demandent quelle est la différence entre votre démarche et celle d’Olivier Besancenot et de Marine Le Pen, qui appellent eux aussi au départ de Nicolas Sarkozy ?

JC : Nous appelons au départ de Nicolas Sarkozy sans plaisir, et sans haine. Simplement, c’est quelqu’un qui par ces accointances, par la façon dont il a opéré, démontre qu’il ne peut, en aucun cas, imposer une séparation entre le financement de la consommation et des entreprises, d’un côté, et le monde du jeu et des banques d’affaires, de l’autre. C’est pour cela que nous défendons une procédure Glass-Steagall du même type que celle que Roosevelt avait adoptée aux Etats-Unis ou celle que nous avions en France, en partie du moins, en 1945, à la Libération, c’est-à-dire que l’on sépare les banques d’affaires des banques de dépôts. Que les banques d’affaires ne puissent plus puiser dans l’argent des autres, celui des contribuables et des citoyens en général qui placent leur argent dans les banques de dépôts. Et qu’on ne puisse plus opérer avec des montages divers, des effets toxiques, des produits dérivés. Qu’on ne puisse plus opérer de cette façon sur les marchés.

Je sais que Michel Rocard l’a dit dans une interview au Figaro. Il pense que Nicolas Sarkozy ne doit pas être mis en cause, qu’on ne doit pas mettre en cause un président de la République. Moi je crois que oui, et j’en suis convaincu, parce qu’il y a une incapacité à gérer ce problème fondamental chez quelqu’un qui, au moment même où on devrait annuler les dettes de jeu qui pèsent sur tout le monde, les dettes du jeu du système monétaire et financier international, les paris faits par les différentes banques dans leurs divisions d’affaires, au moment où il faudrait faire cela, Nicolas Sarkozy autorise, au contraire, le jeu pour les particuliers sur internet ! Il y a donc une contradiction, et de plus, il livre ces possibilités de faire des paris à ses amis, que ce soit les Courbit, les Dassault, les Bouygues ou autres.

On a là quelque chose qui ne peut pas aller dans le sens d’un changement nécessaire, et comme cela ne peut pas fonctionner et que le changement est nécessaire à réaffirmer notre souveraineté nationale et à défendre notre pays, je pense qu’il doit savoir se retirer, ou se démettre, à temps.


Son site de campagne : www.cheminade2012.fr


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