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Pour les banques d’affaires… le krach est une bonne affaire !

La rédaction
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13 octobre 2008 (Nouvelle Solidarité) – En vendant à prix fort du conseil en « sauvetage de banque » aux Etats menacés par l’effondrement du système bancaire, certaines banques d’affaires font d’excellentes affaires…

« La récente tempête a démontré simultanément la vulnérabilité des banques d’investissement et, en même temps, le rôle crucial qu’elles jouent pour aider les pouvoirs publics à sortir les établissements de crédit de l’ornière » écrit l’hebdomadaire anglais Financial News, qui dresse une liste d’exemples, en particulier celui qu’offrent les trois derniers géants des banques d’affaires (investment banks) de Wall Street : Goldman Sachs, Morgan Stanley et Merrill Lynch.

D’abord, le Trésor britannique fait appel aux services de Goldman pour la nationalisation de Northern Rock et la maison new-yorkaise est conseillère dans la prise de participation de Kuweit Investment Authority dans Merrill Lynch. Ensuite, l’ex-PDG de Goldman Sachs, Henry Paulson, n’hésite pas à embaucher son plus proche collaborateur, Neel Kashkari, pour gérer la mise en œuvre du plan de sauvetage le plus important de l’histoire des Etats-Unis.

Morgan Stanley, pour sa part, joue également un rôle clé dans la nationalisation de la banque britannique Bradford Bingley et de la Glitner Bank en Islande, tout en secourant le premier assureur de la planète AIG, redevable de quelques 20 milliards de dollars à Goldman Sachs.

Morgan Stanley pilote par ailleurs le renflouement des géants du crédit hypothécaire, Freddie Mac et Fannie Mae, et vient de boucler la fusion HBOS-Lloyds.

De son côté, agissant aux côtés de BNP Paribas, Merrill Lynch est conseiller du gouvernement français dans le dossier Dexia pendant qu’UBS achemine l’aide d’Etat pour secourir le trio Barclays-Lloyds-Royal Bank of Scotland.

Les raisons d’une telle symbiose entre le monde des spéculateurs financiers et la puissance publique ?

Pour Peter Hahn, professeur à la Cass Business School, cité par Le Monde, « le principe de base est que l’administration ne dispose pas du savoir-faire nécessaire pour jouer cette partie de Monopoly de la finance. Aussi, dans l’urgence, les hauts fonctionnaires préfèrent-ils céder des affaires explosives à ces artistes de la créativité débridée en se bornant à fixer un cadre politique et des fourchettes de risques ».

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