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Pour sauver les banques, on trouve des milliards ; pour arrêter le choléra au Zimbabwe, on cherche des millions

La rédaction
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2 février 2009 (Nouvelle Solidarité) – L’épidémie du choléra, qui a coûté la vie à 3229 personnes et touche au moins 62900 personnes au Zimbabwe, se répand rapidement dans le monde rural de ce pays, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Vendredi, l’OMS signalait 1493 nouveaux cas et 69 morts, rien qu’en 24 heures. Dans l’ensemble des dix provinces, de nouveaux cas sont signalés. Budiriro, la banlieue sud-ouest de la capitale, Harare, compte le plus grand nombre de victimes, suivie de Beitbridge au Matabeleland au sud et Mudzi dans le Mashonaland à l’est.

L’ampleur de l’épidémie est sans précédent pour le Zimbabwe, et est hors de contrôle. En fait, à la fin de la semaine épidémiologique qui se terminait le 20 décembre 2008, l’OMS rapportait plus de 5000 nouveaux cas, c’est-à-dire une hausse considérable par rapport aux semaines précédentes, y compris du nombre de personnes décédant loin des centres de soin.

Interrogé par Le Monde, le directeur général adjoint de l’OMS, David Heymann, se lamente que ce soit « les scénarios épidémiologiques les plus pessimistes » qui se réalisent.

« Nous sommes confrontés à l’une des pires situations depuis que le choléra est une entité pathologique connue et décrite. Par certains côtés, il n’est pas exagéré de dire que ce que l’on observe aujourd’hui au Zimbabwe évoque ce qui a pu se passer au Moyen Âge lors des grandes épidémies de choléra, alors que l’on ne connaissait rien des mécanismes de contamination et des voies de transmission de l’agent pathogène. »

Pour expliquer cette situation calamiteuse, Heymann souligne que l’on assiste « à la disparition des infrastructures sanitaires et au désengagement des professionnels de santé, qui ne sont plus rémunérés par la puissance publique. Il faut savoir que nombre d’entre eux ne disposent plus des ressources nécessaires pour se rendre sur leur lieu de travail. Dans le même temps, les personnes directement confrontées au risque épidémique n’ont pas, dans de très nombreuses provinces du pays, les moyens de se rendre dans les dispensaires où elles pourraient trouver de l’aide. »

« Cette situation nous rapproche de facto des impuissances observées au Moyen Âge face aux épidémies de choléra, alors même que les personnes exposées sont aujourd’hui globalement mieux informées. »

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Si l’OMS a lancé le 30 janvier un vibrant appel pour intensifier la lutte contre le choléra au Zimbabwe, Heymann souligne la facilité avec laquelle le problème pourrait être résolu, car « d’une manière générale, les problèmes auxquels les acteurs sanitaires sont quotidiennement confrontés sont simples : comment distribuer, au mieux et au plus près des populations concernées, les dispositifs de réhydratation orale et les produits de désinfection des eaux de boisson. »

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D’après nos informations, l’OMS chiffre à 6 millions de dollars le coût minimal requis pour endiguer l’épidémie dans l’urgence. Cette somme ne paiera que les frais des approvisionnements en équipement médical, les salaires des équipes d’urgence et le fonctionnement d’un poste de surveillance épidémiologique installé dans la capitale.

Seuls 3,4 millions ont pu être trouvé jusqu’ici, auprès de la « communauté internationale ». Au moment où l’on annonce partout des plans de sauvetage pour les banques, qui se chiffrent dans les milliards de dollars, l’on a bien du mal à croire à l’impossibilité de trouver six millions de dollars pour éviter plusieurs dizaines de milliers de morts !

Constatons que l’ONU rencontre, elle aussi, les plus grandes difficultés à réunir les 567 millions de dollars nécessaires à l’aide alimentaire destinée à secourir quelques 5,5 millions de personnes dans ce pays. Elisabeth Byrs, du bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, annonce que cette année, rien n’a pu être été collecté dans ce but.

Dans un entretien exclusif avec l’hebdomadaire américain Newsweek, le ministre des Finances zimbabwéen, Gideon Gono, a fustigé une fois de plus l’impact mortel des sanctions imposées contre son pays. Gono note ironiquement que lorsque le Fonds monétaire international (FMI) exige du gouvernement américain qu’il imprime de l’argent, c’est un « soutien implicite » à ses propres méthodes qui ont conduit le pays dans l’hyperinflation. « Je commence à voir la Terre tout entière adopter une pratique dont on me disait qu’il ne fallait pas la suivre », disait Gono.

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