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Pourquoi le système euro est voué à l’échec

La rédaction
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Dans un entretien pour l’hebdomadaire américain EIR, repris dans l’hebdomadaire allemand Neue Solidaritaet, le Dr Wilhelm Hankel, professeur d’économie à l’université de Francfort, explique pourquoi l’euro et le Système monétaire européen (SME) étaient, dès leurs origines, voués à l’échec et comment on peut et on doit opérer un retour aux devises nationales. Hankel est parmi les quatre professeurs allemands qui ont déposé un recours devant le Tribunal constitutionnel allemand, afin de bloquer l’entrée de l’Allemagne dans le SME.

Selon le professeur Hankel, « dans la zone euro, la concurrence est faussée : des pays relativement pauvres et accusant un gros retard de développement sont maintenant en mesure de faire concurrence aux économies avancées [car ils ont] un risque en termes de devises proche de zéro ». Grâce à l’euro, « des économies nationales plus faibles où le niveau de vie et les salaires sont bas, où il existe moins d’infrastructure coûteuse et où les impôts sont donc moins élevés, enlèvent des investissements aux pays plus développés, car ils ont "l’avantage" en termes de leur niveau d’imposition, de charges sociales et de salaires.

« [ceci] reflète une concurrence totalement faussée, qui viole la loi de la productivité ! Les nations plus productives, qui ont travaillé dur pour créer leur infrastructure, une protection sociale de qualité et des salaires élevés, se retrouvent punies pour être devenues prospères ! Elles perdent des emplois, des investissements et leur potentiel de croissance.

« Au cours des quarante premières et splendides années du Marché commun, l’Europe pouvait se protéger, en grande mesure grâce à la concurrence sur les devises. Dans des pays tels que l’Irlande, le Portugal, l’Espagne, l’Italie et jusqu’à récemment même la France, la devise nationale était dévaluée tous les deux ou trois ans pour des raisons faciles à comprendre. Un investisseur étranger devait prendre en compte l’éventualité qu’une partie de son capital puisse fondre du jour au lendemain. Pour sa part, l’Allemagne avait un avantage avec sa devise forte et stable ; et les investisseurs étrangers pouvaient profiter des réévaluations de la devise. Nous avions les taux d’intérêt nominaux et réels les plus bas de toute l’Europe. Lorsqu’elle perdit le deutschemark, l’Allemagne perdit le pouvoir d’attraction d’une économie hautement productive.

« Des quatre instruments d’une politique économique active, trois - le taux d’échange, le taux d’intérêt et le budget - ont été bloqués par l’euro. Le seul instrument qui nous reste, c’est le nivellement des salaires, qui est fatal. L’Agenda 2010 [promu par le chancelier] Schröder n’est qu’un euphémisme - l’on cherche en réalité à tirer les salaires allemands vers le bas pour atteindre le niveau moyen en Europe. »

Hankel conclut qu’une « économie sociale de marché, sans même parler de l’Etat social allemand, est incompatible avec l’euro ».

Pour lui, un retour aux devises nationales ne poserait aucun problème juridique ou technique insurmontable. « En droit international, dit-il, selon Hugo Grotius, les traités internationaux existent pour servir le bien public, et dans la mesure où cette prémisse cesse d’exister, l’Etat concerné peut se retirer du Traité, que celui-ci contienne ou non une clause de résiliation. »

Le premier pas serait « de garder l’euro, mais d’en faire ce que l’ECU représentait avant le SME, une simple unité comptable (...) Ce serait la base de relations de taux de change entre les devises nationales. L’on pourrait alors transformer la Banque centrale européenne en une institution commune pour la coordination de la politique monétaire partout en Europe, comme cela fut le cas avec le Système monétaire européen (SME) pour les taux d’échange après 1979 ».

Quant à revenir aux devises nationales, « cela ne pose aucun problème que de calculer tous les anciens comptes et obligations libellés en euro et de les reconvertir en deutschemarks. » L’on pourrait prendre en compte les anciens taux de change et les taux d’inflation. « D’un point de vue logistique, la conversion des devises ne pose aucune difficulté », comme on l’a vu avec la conversion du mark est-allemand en deutschemark en 1990, ou la conversion vers l’euro en janvier 2002.

Hankel souligna l’une des conséquences « décisives » d’un retour au mark : « L’Article 109 de la Constitution allemande, selon laquelle la loi de 1967 sur la Stabilité et la Croissance est une mission constitutionnelle, peut revenir sur le devant de la scène. Dans le cas où il existerait des déséquilibres dans l’économie, les ministres au niveau fédéral et au niveau des Länder ont la tâche, ou plutôt l’obligation, de mettre en oeuvre une politique de croissance active, financée par des déficits. Cela nous permettra de combattre le chômage et la crise économique à travers des taux d’intérêts bas, l’investissement public et des programmes en faveur de l’emploi. »

Tourner le dos au traité de Maastricht et revenir à un système de type SME en Europe avec des devises nationales doit aller de pair avec le rétablissement d’un système de type Bretton Woods : « Cela fait trente ans, depuis la fin du système Bretton Woods, que nous revivons les expériences des années 30. Le crédit est incertain lorsque les taux de changes sont flottants, et les marchés financiers non-régulés. Lorsque le crédit est incertain, le danger existe à tout moment que la pyramide de crédit ne s’effondre. C’est là où le système actuel en est arrivé. On peut essayer de « faire avec » jusqu’à ce que tout explose, ou on peut décider de revenir à une architecture financière ordonnée dans le système financier mondial - un Bretton Woods II. »

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