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Promotion sans précédent de l’« Empire américain »

La rédaction
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Parmi la pléthore d’articles publiés dans la presse américaine et britannique en faveur d’un empire américain, signalons en particulier celui de Michael Ignatieff dans le New York Times du 5 janvier.

Dans « The Burden » (« Le fardeau »), Ignatieff écrit : « Depuis que George Washington a mis ses concitoyens en garde contre des aventures militaires, l’idée d’un empire à l’étranger est vue comme la tentation permanente de la République et comme sa Némésis [déesse grecque de la justice et de la vengeance]. Pourtant, quel autre mot que celui d’empire peut décrire l’objet formidable que l’Amérique est en train de devenir ? C’est la seule nation qui gendarme le monde à travers cinq commandements militaires globaux, qui maintient plus d’un million d’hommes et de femmes en armes sur quatre continents, qui déploie des groupes de combat sur porte-avions pour surveiller chaque océan, qui garantit la survie de pays tels qu’Israël et la Corée du Sud, qui fait tourner la roue du commerce et des échanges mondiaux et qui emplit le cœur et l’esprit de la planète entière de ses rêves et désirs (...).

« Bien que les Américains aient un empire, ils l’ont acquis tout en niant son existence. Mais le 11 septembre a été un réveil, un moment de prise de conscience de la dimension de la puissance américaine et des haines vengeresses qu’elle suscite (...).

« Etre une puissance impériale (...) signifie faire respecter l’ordre qu’il peut y avoir dans le monde et le faire dans l’intérêt américain. Cela signifie établir les règles que veut l’Amérique (surtout au sujet des marchés et des armes de destruction massive) tout en s’exemptant d’autres règles (...) qui vont à l’encontre de ses intérêts. Cela signifie aussi assumer des fonctions impériales dans des lieux que l’Amérique a hérités des empires du XXème siècle (...).

« L’Irak révèle crûment les réalités du nouveau rôle de l’Amérique. (...) L’empire américain n’est pas comme les empires du passé qui reposaient sur des colonies, la conquête et le fardeau de l’homme blanc. (...) L’empire du XXIème siècle est une nouvelle invention dans les annales de la science politique. (...). Même à l’heure actuelle, alors que le président Bush semble manœuvrer le pays vers une guerre avec l’Irak, on n’a pas encore fait face aux implications les plus profondes de ce qui est en train d’arriver : l’Irak est une opération impériale qui engagerait une république récalcitrante à devenir le garant de la paix, de la stabilité, de la démocratisation et de l’approvisionnement en pétrole dans une région volatile habitée par des peuples islamiques, s’étendant de l’Egypte à l’Afghanistan. Ce rôle, joué jadis par l’Empire ottoman, puis par la France et la Grande-Bretagne, sera maintenant tenu par une nation qui doit se demander si, en devenant un empire, elle risque de perdre son âme de république. (...)

« L’opération qui menace en Irak constitue ainsi un moment décisif dans le long débat de l’Amérique avec elle-même pour savoir si son rôle d’empire outremer menace ou renforce son existence en tant que république (...). Même en cette date tardive, il est encore possible de se demander : pourquoi une république devrait-elle assumer les risques d’un empire ?

« Changer un régime est une tâche impériale par excellence, étant donné qu’elle suppose que l’intérêt de l’empire a le droit de défaire la souveraineté d’un Etat. (...) Il faudra une décennie pour que l’ordre, sans parler de la démocratie, se consolide en Irak. (...). Comme tous les exercices impériaux en matière de création d’ordre, cela ne fonctionnera que si les fantoches installés par les Américains cessent d’être des fantoches et construisent une légitimité politique indépendante propre. (...)

« De quels atouts les dirigeants américains disposent-ils ? (...) La projection de la puissance américaine (...) porte avant tout un uniforme militaire. (...) et peut apporter aux Etats-Unis crainte et respect mais pas l’admiration ni l’affection.

« Le 11 septembre a renforcé la leçon qui veut que la puissance mondiale se mesure encore par la capacité militaire. (...) Les Américains ne peuvent pas se permettre seuls de créer un ordre global. La participation européenne au maintien de la paix, à la construction de nations et à la reconstruction humanitaire est si importante que les Américains doivent, même contre leur gré, inclure les Européens dans la gouvernance de leur projet impérial en évolution. Les Américains dictent pour l’essentiel la place de l’Europe dans ce nouveau grand dessein. Les Etats-Unis sont multilatéraux quand ça les arrange, unilatéraux quand il le faut ; et ils imposent une nouvelle division du travail, dans laquelle l’Amérique assure le combat, les Français, les Britanniques et les Allemands les patrouilles policières dans les zones frontalières, et les Hollandais, les Suisses et les Scandinaves l’aide humanitaire (...). Un nouvel ordre international émerge, mais il est conçu pour répondre aux objectifs impériaux américains. Les alliés de l’Amérique veulent un ordre multilatéral qui restreigne la puissance américaine. Mais l’empire ne se laissera pas lier, à l’instar de Gulliver, par des milliers de cordes légales (...).

« Les empires survivent lorsqu’ils comprennent que la diplomatie, soutenue par la force, est toujours préférable à la seule force. Si l’on considère l’avenir encore plus lointain, disons d’ici une génération, la Russie et la Chine résurgentes exigeront d’être reconnues en tant que puissances mondiales ayant une hégémonie régionale. Comme le montre le cas de la Corée du Nord, l’Amérique a besoin de partager le contrôle de la non-prolifération et d’autres menaces avec ces puissances, et si elle essaie, comme le suggère la Stratégie de sécurité nationale actuelle, d’empêcher l’émergence de tout rival à la domination globale américaine, elle risque ce que Gibbon prévoyait : une sur-extension suivie de la défaite (...).

« Ceux qui veulent que l’Amérique demeure une république plutôt que de devenir un empire ont raison, mais ils n’ont pas pleinement mesuré ce que la tyrannie ou le chaos peuvent infliger aux intérêts américains vitaux. L’argument en faveur de l’empire, c’est qu’il est devenu, dans un lieu comme l’Irak, le dernier espoir à la fois de la démocratie et de la stabilité. »

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