www.solidariteetprogres.org | BP27 92114 Clichy cedex | 01 76 69 14 50

Accueil >Actualité >Glass-Steagall

Quand Paul Volcker plaide pour le retour à Glass-Steagall

La rédaction
1447 visites | 3 commentaires

8 avril 2009 (Nouvelle Solidarité) — Paul Volcker, l’actuel directeur du Conseil pour la reconstruction économique et ancien directeur de la Réserve fédérale des Etats-Unis de 1979 à 1987, vient de plaider en faveur d’un rétablissement de la loi Glass-Steagall, une loi adoptée par Franklin Delano Roosevelt en 1933 séparant d’une « muraille de Chine » les activités bancaires traditionnelles, de celles des banques commerciales de celles des banques d’affaires, et d’investissement, ainsi que celles des compagnies d’assurances.

Les propos de Volcker, formulés le 6 mars lors d’une conférence devant la Stern School of Business de l’Université de New York, ne font que reprendre l’essentiel d’un rapport, publié en janvier 2009, du « Groupe des 30 », un centre de réflexion économique quasi-institutionnel fondé en 1979. Volcker a commenté sur CNBC les conclusions de ce rapport dès le 15 janvier

D’après les dépêches de l’agence Bloomberg, Volcker aurait même précisé que des banques spéculatives telles que Morgan Stanley ou Goldman Sachs, qui viennent d’échanger leur statut de banque d’investissement contre celui de banque commerciale normale (afin de pouvoir bénéficier des plans d’aide des plans de renflouement de l’Etat américain), devraient se séparer de certaines de leurs activités spéculatives dont les hedge funds à haut risque. « Je ne pense pas que ce soit un simple problème technique, mais un problème sociétal », a-t-il ajouté.

A l’ère où le retour à un minimum de régulation est à l’ordre du jour, ces paroles ont provoqué un tollé dans le monde des traders et autre spéculateurs. L’autre conseiller économique important d’Obama, Larry Summers, « l’homme de Wall Street », a mis tout son poids dans la balance pour que Volcker soit mis sur une voie de garage. Homme de consensus, Obama a accepté que ce dernier soit chargé d’une révision du code des impôts américain.

De plus, rappelons ici que Larry Summers fut précisément l’homme qui, en tant que secrétaire au Trésor du Président Clinton, finira par convaincre le Président d’abroger en 1999, au nom de « l’innovation financière » la fameuse loi Glass-Steagall, faisant le bonheur des spéculateurs.

Cette vérité semble échapper assez souvent à la presse économique de l’hexagone. Par exemple, Eric le Boucher, directeur de la rédaction d’Enjeux-Les Echos, dans un éditorial paru dans le quotidien Les Echos du 3 avril nous livre un fatras d’erreurs et de malentendus.

Alors que c’est Summers qui a fait abroger la loi Glass-Steagall et que Volcker fait campagne pour la rétablir, Eric le Boucher écrit : « Paul Volcker, président de la Federal Reserve au début des années 1980, savait ce qu’il faisait quand il a ‘déréglementé’ la finance américaine. Dans son bureau, les grands banquiers défilent pour réclamer l’abandon du Glass Steagall Act, adopté en 1933 dans la grande crise pour corseter les banques. Elles lui réclament la liberté et menacent de filer à Londres, où la règle est plus lâche. Avant d’accepter, Paul Volcker hésite car il sait qu’il ouvre la porte vers un monde plus rapide mais plus instable. »

Nous ne pouvons donc que vous inciter à vous abonner à notre journal Nouvelle Solidarité afin de disposer d’informations vitales en ce moment de crise grave.

Pour creuser le sujet : focus

  • 2525€
  • 5050€
  • 100100€
  • 250250€
  • 500500€
  • 10001000€
  • 20002000€
 

Voir les 3 commentaires

Vos commentaires

  • Le 8 avril 2009 à 15:37
    par edouard

    Bonjour,

    je ne comprends pas en quoi est ce si capital de : " séparer les activités de banque de dépôt et les activités de banques d affaire et d ’investissements " ?
    je ne comprends pas oû se situe le danger .

    Pourriez vous m’éclairer sur ce point dont je devine qu il est essentiel à la lecture de l’article mais dont le sens m’échappe.

    • Le 8 avril 2009 à 18:29
      par michel49

      @ Edouard

      c’est tres simple : si la banque fait des pertes dans son activité investissements elle les eponge avec les comptes de depôt qui sont toujours beneficiaires ; ainsi la banque prend en otage le pouvoir politique : si nous faisons faillite les deposants seront ruinés.
      Lorsque les deux activités sont distinctes la banque d’investissement fait faillite comme n’importe quelle entreprise et sans repercussion autre que pour les actionnaires.

    Répondre à ce message

  • Le 8 avril 2009 à 14:45
    par michel49

    De quelle façon M. Clinton a-t-il été "convaincu" ? ne serait-ce pas à cause d’une certaine Monica ?
    Les bonnes vieilles methodes sont inusables...

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Notez que votre message n'apparaîtra qu'après avoir été validé par notre équipe.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Vous pouvez utiliser les boutons pour enjoliver votre texte. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Déplier les commentaires||Replier les commentaires

« Le parti a pour objet de combattre, en France et dans le monde, pour la paix par le développement économique et l'égalité des chances et contre l'usure financière et les idéologies du sol, du sang et de la race. Il défend pour chacun et entre les peuples le progrès matériel, intellectuel et moral. A cet effet, il participe à la vie politique de notre pays, notamment lors des échéances électorales. Il peut apporter son soutien politique et financier à des partis et associations dont l'objet concorde avec celui-ci. »

Extraits des statuts - Article 2 - Objet