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Quand le Wisconsin débarque en Allemagne

La rédaction
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21 mars 2011 (Nouvelle Solidarité) — Les manifestations spontanées qui éclatent en Allemagne nous offrent un exemple frappant de comment « un moment » de grève de masse peut transformer très rapidement une situation.

Ainsi, le 10 mars, à Dresde, capitale de la Saxe, plus de 17000 personnes se sont retrouvées pour manifester contre le dégraissage des services publics. Les enseignants y furent rejoints par d’autres fonctionnaires, notamment des policiers et des pompiers.

Initialement prévue pour peser dans les négociations salariales, la manifestation prit un tournant spectaculaire lorsque le ministre régional des Finances, Georg Unland (CDU), réputé pour son mépris envers les syndicats, prit le micro. Alors qu’il appelait à renoncer à toute hausse, même modérée, de salaire, à cause de « la crise de 2009 » et du sauvetage des banques, c’en fut trop pour les nerfs des manifestants.

Dans un mouvement de rejet on ne peut plus clair, la foule lui tourna carrément le dos. Sur fond de sifflets, trompettes et mégaphones, les manifestants criaient : « Oui, vous avez sauvé les banques mais pas nos emplois ! » et « Vous avez dilapidé l’argent en arrosant la Landesbank ». Alors qu’Unland leur rétorquait que leurs emplois étaient « à l’abri de la crise », les gens se mirent à scander : « Stop ! Stop ! Stop ! », le forçant à quitter le podium, à la plus grande satisfaction des enseignants.

Sur place, notre parti frère, le Büso distribua plusieurs milliers de tracts intitulés « L’Egypte est partout ! » et « Il y a des limites à la tyrannie ! », présentant les soulèvements du monde arabe, de l’Inde et des Etats-Unis comme une même révolte contre un système monétariste mondial en faillite.

L’état d’esprit des manifestants rappelle des souvenirs d’octobre 1989, lorsque des centaines de milliers de citoyens allemands étaient descendus dans la rue pour exprimer pacifiquement leur détermination, provoquant la chute du régime est-allemand de l’époque. Comme aujourd’hui, Dresde et Leipzig, ainsi que d’autres villes de Saxe, étaient au cœur de la résistance.

Si le personnage d’Unland suscite un tel rejet, c’est qu’il n’est que la caricature de toute une classe politique totalement coupée de la population et de ses intérêts réels. Il y a une semaine, les automobilistes allemands avaient déjà envoyé un message fort au gouvernement en boycottant en masse le nouveau bio-carburant E-10 dans les stations de service.

Dans le Schleswig-Holstein et à Düsseldorf, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, même la police refuse de faire le plein avec ce carburant, de peur d’abîmer le moteur. Une partie des Verts allemands tente d’ailleurs de faire croire qu’ils étaient dès le départ opposés à l’introduction de ce biocarburant.

A cela, ajoutons la grève nationale organisée par le syndicat des conducteurs de trains, qui a paralysé une bonne partie du trafic de fret et de voyageurs dans de nombreuses villes. Preuve que le climat social est au bord de l’explosion outre-Rhin, un sondage ARD indique que jusqu’à 73% des Allemands soutiennent la grève en dépit de la gêne personnelle occasionnée.


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