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Quand le gouverneur de la Banque de France craint le risque systémique des CDS

La rédaction
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21 octobre 2009 (Nouvelle Solidarité) – Dans un article du 19 octobre publié dans le Financial Times, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) fait part de quelques réflexions sur le rapport de la BCE Credit Default Swaps and Counterparty Risk (août 2009), un rapport auquel la Banque de France a contribué.

Sans offrir une alternative réellement satisfaisante, Christian Noyer définit clairement les risques posés par certains produits financiers dérivés, en particulier la bulle des Credit Default Swaps (CDS), en français évènements sur dérivés de crédit.

Les CDS sont considérés comme une des causes de la chute, le 15 septembre 2008, d’American International Group (AIG) et de la propagation incontrôlée des risques de crédit. Le marché des CDS est passé de 6396 milliards de dollars US fin 2004 à 57894 milliards fin 2007, prenant le caractère d’une énorme bulle. La banque Lehman Brothers était le premier acteur sur ce marché jusqu’à sa faillite. Les CDS, échangés hors bilan et hors bourse, permettaient de contourner toutes les règles prudentielles.

Christian Noyer souligne que « le marché se concentre de plus en plus sur un petit nombre d’institutions. En Europe, les deux tiers de l’exposition des CDS reposent sur les 10 contreparties les plus importantes. Au niveau mondial, cinq banques – dont deux basées en Europe – représentent la moitié du marché des CDS ».

En réalité, depuis le début de la désintégration financière, « plusieurs contreparties majeures ont quitté le marché » et « les hedge funds n’interviennent que pour 10% dans les transactions de CDS. Un tel niveau de concentration représente un facteur de vulnérabilité et un risque de liquidité du marché ».

Le gouverneur s’inquiète sur « le caractère interconnecté du marché des CDS. En fait, non seulement les grands acteurs du marché des CDS transigent principalement entre eux, mais ils émettent de plus en plus de garanties contre leur propre défauts : 60% des contrats sur des entités non souveraines sont en réalité des garanties pour les mêmes émetteurs de CDS. En d’autres termes, les émetteurs garantissent des émetteurs sur des risques encourus sur le marché des émetteurs. Cette circularité implique que la répartition des risques est moindre qu’initialement prévu ».

Pour Christian Noyer, la concentration et l’interconnectivité du marché des CDS « amplifie le risque de contrepartie et les conséquences systémiques potentielles de la chute d’un grand acteur du marché. C’est pour cela que les autorités ont vigoureusement promu la compensation (clearing) des CDS par des contreparties centrales (CCP) ». Cependant, étant donné que les chambres de compensation concentrent ce risque, elles « restent vulnérables face au défaut d’un grand acteur ».

Commentaire de Jacques Cheminade.

Les réflexions de Christian Noyer sont extrêmement révélatrices. Elles signifient qu’aux plus hauts niveaux de responsabilité, l’on est parfaitement conscient du risque de voir s’effondrer tout le système par « circularité » ou plutôt par consanguinité. Au fur et à mesure que leurs opérations sont devenues plus risquées et moins adossées à des actifs réels,de moins en moins dejoueurs ont de plus en plus échangé entre eux des garanties contre leurs propres défauts. Avec des instruments mathématiques parfois extrêmement sophistiqués, cela revient à émettre ce que jadis on appelait des effets de cavalerie. Le risque (appelé de contrepartie) est qu’une des parties ne puisse pas couvrir, ce qui amènerait un effondrement de l’ensemble par effet domino. Or l’Etat américain, qui a pu faire face dans le cas d’AIG, en renflouant l’assureur perdant pour qu’il puisse rembourser les banquiers gagnants (Goldman Sachs, Deutsche Bank, Société Générale, BNP...), ne pourra pas désormais être toujours là. En effet, ce serait alors la crédibilité même du dollar qui serait en jeu, comme celle du mark en 1923, avec les conséquences que l’on sait. La situation, comme le dit bien Christian Noyer, est aujourd’hui du même type, sinon exactement demême nature,en Europe.

L’on sait que quand ceux du haut doivent admettre leur vulnérabilité, et que la colère gagne ceux du bas, la situation devient révolutionnaire. Nous y sommes aux Etats-Unis, nous y serons bientôt en Europe. Après ceux de l’Orient, les grands timoniers de l’Occident sont en train de perdre leurs timons. Nous voici dans la mer haute et houleuse des vagues de renflouement de moins en moins physiquement contrôlées. Les animaux sont malades de la peste, et leur seule chance de survie sociale est qu’ils ne se comportent plus comme des animaux, mais comme des êtres humains créateurs agissant dans l’intérêt des générations à naître, et non pariant sur des « futures ».


Article :
Les premières mesures du "Plan LaRouche" pour sauver l’économie mondiale


Voir les 4 commentaires

  • Jack • 22/10/2009 - 14:01

    Oui il est vrai que l’argent « artificiel » déforme les réalités matérielles de l’économie.
    Cependant le capitalisme n’est pas un système construit artificiellement, mais « naturellement ».
    Les solutions existent évidemment et sont déjà en œuvre pour régler d’une manière ou d’une autre cette crise passagère. Passagère. Même si les moyens sont mauvais : planche à billet, dévaluation « larvée » du dollar, les solutions actionnées sont concertées entre les grandes puissances.
    Oui les banquiers avides, et stupides surtout, ont commis d’énormes bêtises, oui les dégâts sont forts, mais ce n’est pas pour autant que les vrais puissants et maîtres de ce monde vont casser LEUR jouet. Au pire certains (des banquiers) prendront une bonne fessée, et le système repartira. D’ailleurs il est déjà reparti. Qui va payer la note, principalement ? Les Européens des classes moyennes de la zone Euro, par leurs impôts.
    Ce mois d’octobre 2009 est quasi terminé. Les déclarations de Mr Larouche ont été trop pessimistes, comme toujours. La crise se termine progressivement... …Le dollar continue son accès de faiblesse (relative) et c’est voulu et accepté : il descendra vers 1,8 E, sans doute, même peut être jusqu’à 2 Euros, pour le + grand bénéfice, comme toujours des USA eux mêmes...
    C’est ce qui s’appelle simplement une dévaluation, dévaluation que fera (non, que fait aussi actuellement la Livre Sterling).
    Seuls ces "idiots" utiles (à payer pour le monde entier) que sont les Européens de la zone Euro paieront la note, par leurs impôts et taxes démentielles... Comme toujours...
    (Seuls de cette « zone », les allemands et les anglais – anglais qui eux ne sont même pas dans la zone Euro - s’en sortiront par le haut. Les uns par leur pragmatisme et leur travail, les autres par leur ruse...).
    La crise se terminera en douceur aux USA. Dans un an maximum le moteur mondial, (toujours les USA), repartira progressivement et le monde suivra, à sa remorque, comme toujours... …Obama, prix Nobel de la paix 2009 sera réélu triomphalement.
    Jack.

    • martial • 22/10/2009 - 17:00

      Tout dépend de la confiance dans le dollar. Tant que le dollar reste la monnaie d’échange international le système en place.

      Toutefois ce système financier ressemble actuellement à un château de cartes prêt à s’écrouler.

      La crise ne viendra pas du sommet de la pyramide.

      Mais de sa base.

      La monnaie est le socle sur lequel tout respose.

      Encore une crise d’envergure similaire à ce qu’on a connu en 2008 et comment les Etats feront-ils pour trouver le cash nécessaire pour assurer la survie des banques ?

      Les USA on déjà une dette de 1200 mille milliards de dollars.

      La France est à 1700 milliards.

      Les comptes publics partent tous à la dérives.

      Financement des retraites, sécurité sociale, assedics, salaire des fonctionnaires etc...

      Prochaine crise continuera t on à emprunter de l’argent dette ?

      Ou fera t on marcher la planche à billet ?

      La création de monnaie de singe produit de l’inflation telle weimar.

      J’ai entendu au début du mois d’octobre que les carburants augmenteraient de 10 %.

      10 % à la hausse sur le baril de pétrole c’est 10 % d’inflation pour l’ensemble de l’économie (transport des marchandises etc...)

      Les salaires quant à eux sont bloqués. Le crédit des banques aux ménages est stoppé pour acheter leur nouvelle maison ou leur appartement.

      (Je vois la tronche que tirent les agents immobilier en ce moment)

      La confiance dans le dollar s’effrite peu à peu au point que la spéculation sur l’ or n’a jamais été aussi élevée.

      Le cours de l’ or a battu des records historiques ces derniers temps.

      Et on attend la nouvelle de nouveaux scandales financiers concernant la vente de papier or.

      Donc je suis optimiste je parie sur la chute du dollar

      C’est mon voeu le plus cher.

      Qu’il y ait soit une inflation de type Weimar. Ou qu’on apprendre que la Chine, la Russie et l’Iran et les pays du Golf refusent les dollars comme monnaie des changes.

      J’ avoue ce serait jouissif.

      Car nous n’avons plus rien à perdre dans l’histoire à part un peu d’honneur et de dignité à ce que tout s’effondre pour de bon.

      Que le seigneur exhausse les prières des pauvres.

      Qu’il fasse que tout s’effondre. Ce serait un moment extraordinnaire.

      Je le pense réellement. Parce que vraiment on a plus rien à perdre.

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  • yann • 22/10/2009 - 09:18

    Mesdames et Messieurs,

    Nous sommes actuellement dans le vol 2009.S.O.S de la compagnie Banqueroute Air Lines avec un nouveau type de carburant basé sur la spéculation qui nous propulse à travers la bulle intergalactique des dérivés.

    Nous avons actuellement atteint actuellement le mur supersonique spécultif, où toute spéculation sur le futur emploi ne peut exister car il n’y a plus d’emplois possible. Nous ne pouvons entendre le bang créé par ce passage, et la légère secousse que cela nous occasionnera.
    Dès que nous aurons crevé la bulle, nous tomberons en vol plané. Les parachutes dorés sont prévus pour certains. Le reste des passagers peuvent admirer le paysage et apprecier la sensation egréable d’apesanteur due à la chute libre parabolique calculée par nos ingénieurs financiers avant le contact avec la réalité.

    La compagnie vous remercie de votre attention et vous souhaite un agréable spectacle...

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  • martial • 21/10/2009 - 20:49

    Nous percevons tous les risques d’une rupture du système capitaliste.

    Celui-ci est néanmoins très élastique.

    Il renaît toujours de ses propres crises tel un phénix

    Cependant nous atteignons des sommets en matière de risque actuellement

    1) Parce que la planète est un univers fini dont on épuise toutes les ressources

    2) Parce que la finance est sans contrôle depuis l’invention de l’argent électronique

    3) Parce que l’économie c’est mise à détruire des emplois pour enrichir les spéculateur sur de la richesse qui n’existe pas

    En conclusion : le monde économique est dans l’extrême. Il n’est pas dans l’éthique. C’est à dire la sagesse ou le juste milieu. Puisque c’est ainsi nous allons nous heurter à la Loi de l’Univers qui est l’équilibre la vérité et la justice.

    Comme Pierre Jovanovic l’explique très bien dans son livre 777 disponible à la fnac la mort du système financier international est survenu un 29 septembre 2008 qui restera une date dans l’histoire de l’écroulement de la société libérale. Ce jour était la crise des subprimes. -777,77 à la clôture de la bourse new yorkaise du Dow Jones ça fait mal !!!

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