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Quand on reparle de la piste britannique dans l’assassinat de Rabin

La rédaction
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4 mars 2009 (LPAC) — Dans une nouvelle biographie du roi Hussein de Jordanie, écrite par le britannique Nigel Ashton, on apprend que le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, assassiné en novembre 1995, avait discrètement demandé au Roi, quelques mois auparavant, de lui organiser une visite à Bagdad afin d’y rencontrer Saddam Hussein.

Apparemment, il voulait introduire une coopération irakienne dans le processus de paix au Moyen-Orient. Si cette rencontre avait abouti, elle aurait pu rompre avec la logique des accords de Sykes-Picot, une logique qui permet aux Britanniques de tenir la région depuis 1916. Une menace de cet ordre pour les intérêts impériaux britanniques aurait pu constituer un motif pour assassiner Rabin.

Selon l’auteur de King Hussein of Jordan : A political Life, lorsque le Président irakien reçut cette lettre secrète, « Saddam n’a pas exclu des contacts directs avec Rabin », mais il était peu disposé à « passer par des intermédiaires de niveau inférieur ».

Dans un commentaire sur ce livre paru dans les colonnes duquotidien israélien Ha’aretz du 27 février, Amir Oren affirme que Rabin voulait nouer des relations avec Bagdad, d’une part pour tenter d’amener la Syrie à accepter un accord de paix, et d’autre part parce qu’il craignait bien plus l’Iran, grand ennemi de Saddam Hussein, que l’Irak. Oren, et aussi, apparemment, Nigel Ashton, omettent un aspect important de la politique de l’époque : après la signature des accords d’Oslo, fin 1993, Shimon Pérès exprima l’espoir que le gouvernement Clinton changerait de politique vis-à-vis de l’Irak, procédant à la levée des sanctions et à la normalisation des relations.

Ceci aurait pu donner un rôle à Bagdad dans le processus de paix israélo-palestinien, y compris en acceptant l’arrivée en Irak de réfugiés palestiniens, parqués pour l’instantdans des camps au Liban et ailleurs.

Dans la même veine, dès novembre 1993, quelques mois après la signature des accords d’Oslo, l’Irak accepter de coopérer avec les inspecteurs de l’armement des Nations unies,en vue d’une levéedes sanctions. Depuis cette époque jusqu’en 1995, la Russie et la France ont pour leur partexercé des pressions en ce sens. Rappelons aussi que pendant sa première campagne présidentielle, Bill Clinton avait indiqué qu’il serait prêt à lever les sanctions si Saddam Hussein se conformait aux résolutions de l’ONU, propos qui ont provoqué un tel tollé qu’il dut se rétracter.

Nigel Ashton, qui avait accès aux archives privés de feu le roi Hussein, affirme que « le roi Hussein avait son rôle à jouer dans l’affaire, faisant passer ses contacts avec Rabin par le canal habituel entre son chef des communications, Ali Shukri, et le directeur adjoint du Mossad, Efraim Halevy. Comme convenu avec Rabin, en juin 1995, le roi dépêcha son chef de la cour royale, Marwan Qasim, pour présenter à Saddam la lettre secrète proposant la visite conjointe. »

Toutefois, avant d’avoir pu organiser cette rencontre, on assista, selon Amir Oren, à une détérioration des liens entre la Jordanie et l’Irak, « après que deux gendres de Saddam Hussein se furent réfugiés à Amman et qu’un officier du MI6 britannique, opérant depuis la capitale jordanienne, tenta de manipuler certaines factions de l’opposition à Saddam, à l’insu des services de sécurité locaux ».

Rappelons que Yitzakh Rabin fut assassiné le 4 novembre 1995 par un israélien d’extrême-droite, ce qui mit fin non seulement à cette initiative, mais à tout le processus de paix.

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