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Que faire face à une ’recrise’ alimentaire ?

La rédaction
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6 mars 2010 (Nouvelle Solidarité) — Interrogé le 3 mars par Voice of America, le directeur général de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Jacques Diouf, a déclaré qu’une nouvelle crise alimentaire pourrait s’annoncer.

En 2007, quand l’explosion des prix alimentaires rendait l’accès à la nourriture impossible, une vague d’émeutes de la faim s’était répandue à partir du Kenya avant de gagner une trentaine de pays. A l’époque, le niveau très élevé des prix de l’énergie, l’engouement insensé pour les biocarburants, le manque de stocks de céréales et des conditions climatiques défavorables dans certains pays avaient provoqué l’explosion des prix.

Si des prix élevés ont conduit de grands pays exportateurs de produits agro-alimentaires à investir dans le secteur, les pays les plus vulnérables n’ont pas pu suivre le mouvement. « Et c’est dans ces pays que les émeutes et d’autres problèmes s’étaient produits », rappelle Jacques Diouf.

D’après l’IRIN (Integrated Regional Information Networks), rattaché au Bureau des affaires humanitaires de l’ONU, les prix restent élevés dans beaucoup de pays et la menace de nouvelles hausses persiste. De longues périodes de sécheresse dans certaines régions d’Afrique et des pluies imprévisibles en Asie sèment l’incertitude concernant le rendement des cultures de 2010 dans les pays les plus pauvres du monde.

Cette analyse est confirmé par Damien Conaré, le rédacteur en chef du Courrier de la Planète qui affirme qu’au Sahel, « à la suite d’un fort déficit pluviométrique, la situation alimentaire dans l’est de la région (Niger, Burkina Faso, Tchad) suscite des inquiétudes pour les mois à venir ».

Le Programme alimentaire mondial (PAM) et la FAO évoquent « un risque imminent d’insécurité alimentaire élevé pour les ménages vulnérables ». En Inde, après une année de sécheresse, les autorités craignent également une pénurie des denrées de base. Pour Abdolrezza Abassian, économiste et secrétaire du Groupe intergouvernemental sur les céréales de la FAO, il faudrait « deux mauvaises années consécutives » pour que la crise alimentaire et énergétique de 2008 se reproduise. D’où l’importance d’agir maintenant.

D’après Jacques Diouf, les prix de l’énergie ne sont pas retombés au niveau d’avant la crise et les récoltes sont toujours détournées vers les biocarburants. D’après l’ONG ActionAid, les biocarburants « sont responsables d’au moins 30 % de la flambée mondiale des prix alimentaires en 2008 ». « Jusqu’à 100 millions de personnes supplémentaires pourraient être victimes de la faim si l’Europe s’engage à augmenter fortement sa consommation de biocarburants afin de répondre à la nouvelle législation de l’UE », affirme un rapport de l’ONG.

En fait, à part des réserves céréalières plus conséquentes, rien n’a vraiment changé depuis 2007. Comme conséquence, conclut Diouf, « si jamais, et je prie pour que cela n’arrive pas, une inondation ou une grave sécheresse se produit, on se retrouvera à la case du départ ».

Le 18 février, Jacques Diouf a invité les pays du G8 (Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Allemagne, Japon, Italie et Canada) d’honorer leurs engagements et de verser les 20 milliards de dollars sur trois ans promis en juillet 2009 lors du sommet de l’Aquila en Italie. En novembre, le ministre italien de l’Agriculture Luca Zaia avait annoncé une réunion des pays du G8 à Rome « début 2010 » pour « définir les modalités opérationnelles concrètes » d’intervention, mais cette réunion ne s’est toujours pas tenue.

Pour l’heure, nos gouvernements se fixent d’autres priorités : celle de nourrir les spéculateurs et de maintenir en vie un système financier moribond en faillite !

Pourtant, seule une réorganisation en profondeur de ce système, appliquant rigoureusement les critères définis par la loi Glass-Steagall instauré sous la présidence de Franklin Delano Roosevelt, permettra de remettre l’argent au service de la production. C’est seulement dans ces conditions qu’une véritable souveraineté alimentaire pourra devenir la règle et non l’exception.


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