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Querelles intestines au sujet de la guerre contre l’Irak

La rédaction
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Dans les jours qui ont précédé la réunion du 21 août du Président Bush avec ses conseillers militaires et stratégiques à Crawford (Texas), les querelles au sein de l’establishment politique américain ont atteint un point culminant. Sur le front de la guerre, la défection du Canada, l’allié traditionnel des Etats-Unis, a rendu l’atmosphère encore plus pesante. Le 20 août, le ministre canadien de la Défense, John McCallum, a déclaré que son gouvernement n’avait aucune information justifiant une action militaire : « Sur la base des informations dont nous disposons aujourd’hui, tout le monde dans ce gouvernement a déclaré qu’il y avait peu de chance que nous participions à une attaque contre l’Irak. »

Dans notre dernier numéro, nous avions rapporté les critiques exprimées par Brent Scowcroft contre une guerre d’Irak . Les commentaires de l’ancien secrétaire d’Etat Lawrence Eagleburger sur la chaîne Fox-TV, le 18 août, ont été encore plus dévastateurs. Ce dernier fait partie des cercles très proches de George Bush Sr. et d’Henry Kissinger.

S’en prenant au « parti de la guerre » qui, dans l’administration actuelle, pense qu’une guerre contre l’Irak ne sera qu’une simple formalité, il a déclaré : « Je suis absolument effrayé d’entendre les Richard Perle et les Wolfowitz de ce monde affirmer que nous pouvons le faire (attaquer l’Irak) comme un pique-nique. » Perle dirige le Defense Policy Board au Pentagone et Paul Wolfowitz est l’adjoint du ministre de la Défense Donald Rumsfeld.

Selon Eaglelburger, une campagne contre l’Irak nécessiterait « au moins quelques centaines de milliers de soldats pour être sûr de la mener correctement ». Eagleburger a affirmé qu’il ne pensait pas que Perle et Wolfowitz soient « naïfs », ajoutant : « Je dois vous avouer que je pense qu’ils sont sournois. (...) Je suis absolument effrayé de voir qu’ils vont convaincre le Président qu’ils peuvent (...) renverser Saddam à peu de frais, et nous nous retrouverons au milieu d’un bourbier parce que nous ne l’aurons pas correctement planifié. »

Eagleburger a exprimé son accord avec Brent Scowcroft, ancien conseiller à la sécurité nationale de Bush Sr. et aujourd’hui président du President Foreign Intelligence Advisory Board (PFIAB), qu’une guerre contre l’Irak saboterait l’objectif déclaré du Président qui est la « guerre au terrorisme ». Bien qu’Eagleburger l’ait nié, il ne fait pas de doute que Bush père a mobilisé ses cercles de collaborateurs pour neutraliser la marche vers la guerre - ou du moins l’empêcher telle qu’elle est conçue.

Ce n’est sans doute pas un hasard si les attaques émanant du « cercle de Bush Sr » ont débuté quand Scowcroft a lancé une première salve, au début de ce mois, au moment même où Bush père et fils étaient tous deux en vacances dans le Maine. Bush Sr est notamment critiqué, dans les cercles néoconservateurs proches de l’administration Bush Jr, pour n’avoir pas fini le travail consistant à se débarrasser de Saddam Hussein lors de la guerre du Golfe en 1991.

Bush Sr et son entourage sont particulièrement alarmés de voir que la propagande de guerre est également dirigée contre l’Arabie séoudite, pays avec lequel ils entretiennent des liens étroits. Comme nous l’avons rapporté, cette campagne a été menée par le Hudson Institute à Washington, et présentée au Pentagone lors d’un briefing le 11 juillet donné par Laurent Murawiec du Defense Policy Board.

Reflétant le désarroi des principaux cercles de réflexion politique aux Etats-Unis, le magazine Time du 26 août a publié une vive critique contre les positions de Perle et Murawiec, citant un participant anonyme à l’événement du 11 juillet : « J’ai trouvé ce briefing ridicule, une perte de temps, et que le plus vite il partirait, le mieux ce serait. » Le 23 août, le Washington Post publiait une attaque similaire contre Perle et Murawiec dans un commentaire de David Ignatius.

Ces derniers jours, les néoconservateurs ont contre-attaqué, exigeant une guerre immédiate contre l’Irak et dénonçant les opposants de l’establishment à cette guerre. Le 20 août, John Podhoretz du New York Post a fait l’éloge des politiques stratégiques de l’actuelle administration Bush la qualifiant de « créative et même visionnaire », et fustigeant « Bush le Vieux » et ses « conseillers âgés » comme étant « les plus médiocres pour constituer une administration ». Podhoretz ajouta que Bush Jr avait retenu les leçons des échecs de son père, et qu’il était allé au-delà de la loyauté filiale.

Au sein du gouvernement, les néoconservateurs sont soutenus par le ministre de la Défense Donald Rumsfeld, même si ce dernier a dû prendre publiquement ses distances par rapport aux diatribes anti-séoudiennes. Le 20 août, il s’est prononcé pour une nouvelle guerre contre l’Irak, déclarant : « Attendre une attaque de style Pearl Harbor (...). Attendre d’être attaqués par quelqu’un qui a mis au point et utilisé des armes de destruction massive - et cela ne menacerait pas des milliers de vies, mais potentiellement des dizaines ou des centaines de milliers - est quelque chose de différent. » A propos de ceux qui mettent en garde contre cette guerre, Rumsfeld a déclaré, sans mentionner Saddam Hussein : « Les gens qui ne sont pas d’accord devraient se demander ce qu’ils ressentiront au moment où se produira un autre événement - pas un événement conventionnel, mais un événement non conventionnel - et se poser la question suivante, " était-il juste d’avoir voulu d’autres preuves ou d’autres délais, ou d’autres résolutions de l’ONU ?" »

Le 22 août, le président de la majorité à la Chambre, Tom Delay, a exprimé son engagement en faveur de la guerre. Dans un discours prononcé au Forum de Houston (Texas), Delay a proclamé que les Etats-Unis étaient une « puissance super-dupeur », et annoncé : « Je suis ici pour me faire l’avocat de la guerre contre l’Irak. Saddam doit partir, et le plus tôt sera le mieux. » Delay a dénoncé « l’impertinence » des responsable gouvernementaux qui répugnent à se lancer dans cette guerre, et a ajouté : « Le département d’Etat ferait bien de se rappeler qu’il rend des comptes au Président des Etats-Unis, non à l’Union européenne. »

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