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Qui cherche l’éclatement du Pakistan ?

La rédaction
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8 janvier 2008 (Nouvelle Solidarité) — L’assassinat, le 27 décembre 2007, de l’ancien Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto a précipité ce pays, et toute la région, dans une profonde instabilité.

Alors que le gouvernement américain a fait preuve de la même incompétence et du même manque de réflexion vis-à-vis du Pakistan que pour l’invasion et l’occupation de l’Irak, les intérêts britanniques ont progressé pas à pas vers un objectif stratégique : l’éclatement du Pakistan et la création d’un no-man’s land à la frontière avec l’Afghanistan et l’Asie centrale, cette entité séparatiste devant constituer une source d’instabilité permanente, de conflits asymétriques et d’opérations de marché noir, notamment de trafic d’opium à partir du « croissant d’or ».

D’ores et déjà, deux zones frontalières de la Province du nord-ouest et des Zones tribales sous administration fédérale (FATA) échappent au contrôle direct du gouvernement d’Islamabad et de l’armée pakistanaise. Les talibans et al-Qaida y ont rétabli des postes de commande, de contrôle et de communications, mais les soldats de l’armée pakistanaise, dont la plupart sont originaires de cette région, n’accepteraient pas de lancer des opérations militaires contre leurs propres frères.

Quant au service de renseignement pakistanais ISI, il entretient des liens de longue date avec les talibans, datant de l’époque où les Etats-Unis et la Grande-Bretagne soutenaient les opérations des moudjahidines contre l’occupant soviétique.

Selon une source haut placée dans la communauté de renseignement américaine, il faudrait au moins 100 000 soldats de combat de l’OTAN en Afghanistan, et 200 à 300 000 soldats en tout, pour débarrasser la frontière des insurgés et stabiliser le pays. Or les perspectives d’un tel déploiement sont nulles. La mission de l’OTAN en Afghanistan interdit explicitement toute opération de lutte contre le trafic de stupéfiants, apparemment à cause du manque de troupes.

Pourtant, on estime qu’environ 10 % des recettes provenant du trafic d’opium sur le marché noir alimentent les caisses des talibans, soit 100 millions de dollars par an, ce qui leur permet de renforcer leur organisation. Déjà, les talibans et les seigneurs de guerre qui leur sont alliés contrôlent à peu près un tiers du territoire afghan.

Le service de renseignement britannique MI6 a même engagé des négociations avec les dirigeants de cette organisation, à la consternation de la CIA, qui a récemment incité le gouvernement afghan à expulser deux « diplomates » britanniques qui faisaient parvenir du cash aux talibans et les aidaient par d’autres moyens à s’imposer dans différentes villes.

L’assassinat de Bhutto

Tout comme les néoconservateurs de l’administration Bush étaient persuadés que l’invasion de l’Irak serait « un jeu d’enfant » et que les soldats américains seraient salués en « libérateurs », des stratèges proches de la Maison Blanche ont concocté un scénario suivant lequel ils espéraient imposer la démocratie et la stabilité au Pakistan en installant un gouvernement de coalition formé de Benazir Bhutto, du président Moucharraf et d’un nouveau commandant en chef de l’Armée, choisi pour ses liens avec le Pentagone.

Mais Mme Bhutto rejeta cet accord, se lançant dans une offensive totale pour chasser le président Moucharraf, à coups de manifestations de rue et d’une ample couverture internationale dans les médias. Selon une source dans la communauté du renseignement américain, les « amis » britanniques de l’ancien Premier ministre auraient pu tenter de la convaincre d’abandonner son arrangement avec « le dictateur » et d’opter pour une prise de pouvoir directe - avec la bénédiction de Londres.

Certes, l’erreur de calcul de l’administration Bush a créé un contexte favorisant l’assassinat de Benazir Bhutto et le chaos qui s’ensuivit, mais elle n’en est pas la cause. Lyndon LaRouche a observé, quelques heures après l’attentat fatal, que ceux qui avaient convaincu le président Moucharraf de quitter son uniforme et de démissionner du commandement des Forces armées étaient probablement au centre du plan de déstabilisation. Sans le pouvoir que lui assurait l’uniforme, le président est devenu l’otage des circonstances.

Le Londonistan

Selon des experts du renseignement indiens et américains, l’enquête sur l’assassinat de Bhutto est rendue plus difficile du fait que la dirigeante du Parti populaire pakistanais avaient de nombreux ennemis, qui ne demandaient qu’à la voir disparaître. Ils ont créé une multitude d’occasions d’attentat et une prolifération de fausses pistes pour mieux dissimuler le crime.

Ces mêmes sources notent l’existence d’un réseau de groupes islamistes ayant leur siège à Londres, dont le Hisbut Tahrir, qui ont pénétré les rangs de l’Armée pakistanaise ces dernières années et avaient par conséquent accès à la ville garnison de Rawalpindi. De tels groupes, protégés sinon aidés par le renseignement britannique, fournissent une couverture parfaite pour un assassinat made in London.

S’il subsistait encore des doutes quant à la volonté de Londres de semer le chaos en Asie du sud et centrale, suite à l’assassinat de Bhutto, l’édition du 5 janvier de l’Economist aurait permis de les dissiper.

Dans son éditorial intitulé « L’endroit le plus dangereux au monde - Rien d’autre n’a fonctionné, il est temps que le Pakistan essaie la démocratie », cet organe de la City propose que l’enquête sur l’attentat ne soit pas confiée à des responsables pakistanais, que les forces armées et les services de renseignement soient purgés et que des élections démocratiques se déroulent sans délai.

L’alternative, affirme l’Economist, mènerait à l’anarchie. « Depuis trop longtemps, on a permis à M. Moucharraf de soutenir verbalement des forces démocratiques, tandis que les Etats-Unis ont fermé les yeux sur son mépris de la substance. »

Le Groupe de crise internationale (ICG), normalement une ONG respectée, est allé encore plus loin en exigeant le limogeage immédiat du Président pakistanais, sans quoi le pays finirait par éclater. Le gouvernement pakistanais a qualifié de « séditieux » cet appel.

A lire : Les Britanniques et l’opium afghan

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