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Qui dope la campagne de Ségolène Royal ?

La rédaction
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Comment imposer la mondialisation financière à une population française totalement rétive, qui vient de forcer son gouvernement à enterrer un contrat de travail « hyper flexible » suite à une mobilisation qui fit descendre dans la rue plusieurs millions de personnes, c’est la question ardue à laquelle l’oligarchie financière tente de trouver une réponse politique. Pour l’heure, sa stratégie consiste à tenter d’imposer, à gauche comme à droite, deux candidats présidentiels dont elle contrôle déjà les options politiques : Ségolène Royal à gauche, Nicolas Sarkozy à droite.

Les dernières interviews de Ségolène Royal reflètent l’image d’une mitterrandienne qui ne conteste pas la mondialisation financière. Pragmatique, elle est prête, tout comme Nicolas Sarkozy à droite, à choisir ses politiques dans l’éventail d’instruments économiques mis à la disposition des hommes politiques par l’oligarchie financière. Tous deux ont d’ailleurs déclaré s’inspirer de Tony Blair. L’option prise par l’oligarchie financière sur Ségolène Royal sautait aux yeux la semaine dernière, quand quatre grands hebdomadaires de gauche et de droite ont décidé de la mettre à la une : les très conservateurs et pro-américains Le Point et Paris Match, VSD, l’hebdomadaire proche du Likud, et le Nouvel Observateur.

Le fait que Jacques Attali, éminence grise de François Mitterrand, soit monté au créneau en faveur de Ségolène Royal est particulièrement intéressant. L’ancien sherpa de Mitterrand aurait ainsi choisi bon nombre des collaborateurs de Mitterrand, dont Ségolène Royal et François Hollande. C’est aussi lui qui lui donna en 1981 de précieux conseils sur les banques à nationaliser. Dans C’était François Mitterrand, Jacques Attali raconte comment il a convaincu François Mitterrand de ne pas nationaliser le très secret Groupe Lazard, présidé jusqu’à récemment par « son ami », Michel David Weil. Le fondateur du groupe Planète Finance, qui fait du crédit pour les micro projets à l’échelle internationale, y a d’ailleurs fait venir Felix Rohatyn, l’ancien associé-gérant et très proche collaborateur d’André Meyer, du groupe Lazard, à New York.

Dans une interview avec Jean-Paul Lepers, Jacques Attali se dit proche de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal. Il s’étend longuement sur les capacités présidentielles de l’un comme de l’autre, décrivant deux individus qui partagent la même volonté d’y arriver, même si, pour Nicolas, cette volonté s’affiche dans un dialogue interne avec le pouvoir, alors que pour Ségolène, ce dialogue interne aurait lieu avec la France. Selon RTL, Jacques Attali plancherait sur une politique étrangère pour Ségolène Royal. Autre signe de l’intérêt porté par les Etats-Unis à sa candidature, Condoleeza Rice l’a invitée à se rendre à Washington en juillet prochain, où elle rencontrera aussi Hillary Clinton.

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