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Qui est Rahm Emanuel ?

La rédaction
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8 novembre 2008 (Nouvelle Solidarité) - Le premier responsable officiellement nommé à un poste dans la future administration Obama est le chef de cabinet de la Maison Blanche, Rahm Emmanuel. Qui est-il ?

Si Rahm Emmanuel n’a jamais été considéré comme un bandit, il a cependant le profil type du mafieux. John Lapp, de la Commission des campagnes démocrates pour le Congrès (DCCC), que Rahm Emanuel a présidé en 2005 et 2006, a dit de lui « il sait où les corps sont enterrés, ce que les gens veulent, désirent, et quels sont leurs besoins et leurs points vulnérables. Il ne tolère pas les erreurs. Il ne tolère pas les erreurs humaines. » Surnommé « chien d’attaque » ou encore « Rahmbo », il est connu pour avoir perforé une table à coups de couteau dans un restaurant lors d’un dîner célébrant la victoire de Bill Clinton aux présidentielles de 1992. Plein de rage, il égrenait les noms de ses ennemis politiques en plantant à chaque fois et à pleine force, son couteau dans la table au cri de « Mort, mort, mort ! ». Le Chicago Tribune l’a qualifié de « tyran brutal et efficace »

A la tête du DCCC, il s’est assuré la fidélité de nombreux élus démocrates qu’il a recrutés et fait élire en 2006, assurant ainsi son ascension dans la hiérarchie des parlementaires démocrates. Rahm Emanuel a parrainé autant que possible les candidats démocrates qui avaient soutenu la guerre en Irak. Plusieurs de ces élus ont ensuite rejoint la Blue Dog Coalition, un groupe parlementaire prônant la responsabilité fiscale.

Lui-même élu à la Chambre des représentants en 2002, Rahm Emanuel a gagné sa place non sans efforts. Elu dans une circonscription de Chicago, il a dû recourir aux services du Maire de la ville pour parvenir à ses fins. Donald Tomczak, chef du département des Eaux à l’époque avait reçu l’ordre de Bill Daley, le frère du maire, de mettre ses employés municipaux à disposition de la campagne de Rahm Emanuel, afin de défaire son concurrent dans la primaire démocrate, un progressiste soutenu par la base militante. Tomczak est actuellement emprisonné pour avoir organisé un système de pots de vin avec de l’argent de la municipalité, en faveur de sociétés de transport liées au crime organisé, en échange de quoi une partie de l’argent aurait servi à financer la campagne de réélection du maire. Richard Daley a été élu pour la première fois en 1989, avec comme conseiller principal et leveur de fonds en chef, Rahm Emanuel.

Mais avant ce retour en politique, Rahm Emanuel a travaillé pendant trois ans à la banque d’affaire de Bruce Wasserstein, Wasserstein Petrella, que ce dernier a revendue à la Dresdner Bank lorsqu’il a rejoint Lazard Frères en 2000. Emanuel s’y est occupé d’acquisitions de sociétés et a gagné, entre 1998 et 2001, plus de 16 millions de dollars. Un de ces deals était pour le compte de SBC Communications, qui peu de temps après embauchait Bill Daley (Oui, oui ! le frère du maire de Chicago qui utilisa plus tard les travailleurs municipaux pendant leur temps de travail pour faire élire Rahm Emanuel).

Ironie, et non des moindres pour celui qui sera le chef de cabinet du premier président noir des Etats-Unis, Rahm Emanuel est en conflit avec le Comité des élus noirs au Congrès. Il est suspecté d’avoir été l’un des instigateurs de l’opération visant à chasser le congressiste Charles Rangel de la présidence du tout-puissant Ways and Means Committee (qui supervise l’ensemble du système des revenus fiscaux), pour s’être virulemment opposé aux différents plans de renflouement du secteur financier avec l’argent du contribuable.

Autre ironie, Rahm Emanuel était directeur de Freddie Mac en 2000 lorsque cette agence semi-publique a été autorisée à recycler les titres hypothécaires subprime pour alimenter la bulle immobilière.

Il a aussi été le grand artisan des accords de libre-échange nord américain (ALENA, ou NAFTA en anglais), lorsqu’il était le directeur politique de la Maison Blanche en 1994, pendant le mandat de Bill Clinton.

Sa voracité et sa facilité à évoluer dans le monde des affaires et de la finance ont fait de lui un expert de la levée de fonds pour les démocrates, spécialisé dans les donations glanées auprès des hedge funds et des sociétés financières.

Voir les 9 commentaires

  • louvrier • 09/11/2008 - 04:19

    Mon pauvre ami, les temps sont de plus en plus durs pour les antisémites déguisés hypocritement en antisionistes...

    • pocpoc • 10/11/2008 - 12:30

      je peux donner la recette du tian de provence : c’est très bon et cela crée une convivialité quasi-oecuménique, pour peu que les différents partis acceptent de manger à la même table ; mais pour la définition des anti-ismes en général, à part signaler que c’est historiquement et psychologiquement l’hôpital qui se fout de la charité, le miroir qui se fout du reflet, ou le prophète de l’hospitalité, bof... ^^

      berf, ’vanité des vanités, etc.’, pour pouvoir gloser là-dessus, assurons déjà un lendemain politique et économique aux nations, avec tous les hommes d’assez bonne volonté pour préférer la bonne foi - qui fait le sel de la terre - à la peur irascible et crédule, qui intoxique les meilleures intentions.
       ;p

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  • Perseane • 08/11/2008 - 20:44

    Voilà qui est inquiétant ! Pourquoi avoir mis un tel personnage à un poste clef ?
    Que va devenir cette administration Obama ?

    • Christophe Paquien • 08/11/2008 - 22:27

      Rien de bon.

      Je n’ai d’ailleurs pas encore compris pourquoi tant d’engouement pour un type dont personne ne connait le programme.

      Je trouve même un peu "raciste" cette manière de s’emballer pour un type parce qu’il est métisse.

      Je suis d’accord que c’est nouveau.

      Mais c’est comme si, parce qu’il est noir, il sera obligatoirement bon.

    • pocpoc • 09/11/2008 - 15:16

      ’Je n’ai pas compris (...) tant d’engouement’

      J’imagine que les américains non plus (ni les français avec Sarko/Ségo) ! Ils appliquent juste les règles du jeu de massacre des partis et medias, cette culture impériale romaine où la plèbe se défoule par gladiateurs interposés, en attendant le pain promis par les propriétaires du cirque. Or les gladiateurs sont des professionnels et le combat fictif, tant que le public se contente de son rôle de consommateur-voyeur.

      Dans l’élection américaine, l’opposition est passée, mais elle est fictive, puisqu’aveugle ou muselée sur le cancer du capital fictif. La société ne guérira que si le public quitte le cirque pour devenir des citoyens -et exiger des dirigeants- responsables, inventeurs et producteurs. Quant à la nouveauté de "race", c’est pure illusion, la notion ne se fondant pas sur la science mais sur un empirisme arriéré, commode pour les propriétaires de chevaux ou de chiens, mais amoral et illégal, même si assumé par les esclavagistes et leurs apôtres.

      La vraie nouveauté tient au rôle du mouton noir (au sens culturel, non chromatique) dans la stratégie de l’establishment. Jadis, on le sacrifiait pour fonder l’unité du groupe sur un pacte de sang (en fait la peur d’être le suivant). Avec Obama, on assiste au "placement" du mouton noir à la tête du troupeau, qui le maintient sous pression et le pousse à s’entourer des rats et des loups - façon R. Emanuel - tous serviteurs zélés des vautours...

    • GM • 14/11/2008 - 13:23

      De quel "type" parlez-vous ? J’imagine qu’il ne s’agit pas de Barack OBAMA qui a quand même passé 21 mois à expliquer aux Américains son programme. Vous êtes certainement surpris parceque vous n’avez pas suivi et que manifestement vous ne pourrez jamais suivre. La victoire de Barack OBAMA n’a rien à voir avec la couleur de sa peau. Finalement qui est raciste ?
      Et puis...pour arriver jusqu’à ce niveau il faut quand même déjà être bon. Désolé mais, il faut savoir accompagner le changement au risque de se faire éjecter...

    • franck • 27/11/2008 - 07:23

      excuse moi GM mais la victoire d’OBAMA a tout a voir avec sa couleur de peau. tout etait programme, regarde qui etait en face : un sextagenaire loin des realites et une femme extremiste. il suffit de regarder l’equipe dirigeante qui lui a ete impose ( GEITHNER, SUMMERS, VOLCKER... )
      l’argent de sa compagne a ete le double de son adversaire ( 600 millions de dollars ) et si je te dis que seulement 1/4 des donations viennent de petits donneurs et le reste de grandes banques de wall street ( goldman stach en tete )
      la boucle est boucle.

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  • Orphée • 09/11/2008 - 13:26

    Le pouvoir a été donné aux media pour donner le pouvoir à Obama qui donne le pouvoir aux valets du système financier..
    C’est sûr, il faudra oser se donner le pouvoir d’affronter une telle association mafieuse.

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  • Senec • 09/11/2008 - 06:54

    Le suffrage universel, outil supposé de la démocratie, est la meilleure et la pire des choses.
    Jusques à quand va-t-on pouvoir se fier aux opinions d’une masse de gens de plus en plus en perte de repères valables ?

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