Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire Flash : 2 décembre - François Fillon veut six fois moins de communes et zéro départements Lire
Accueil Actualité
Brèves

Qui sabote les entretiens avec l’Iran ?

La rédaction
visites
883

Le négociateur iranien du dossier nucléaire, Ali Larijani, était à Munich pour la conférence sur la Sécurité (9-11 février), où il a rencontré aussi le ministre allemand des Affaires étrangères Frank Walter Steinmeier et le chef de la politique étrangère de l’UE, Javier Solana. De là, il s’est rendu à Berne pour y rencontrer le président suisse Calmy-Rey. Aussi bien l’Iranien que ses interlocuteurs se sont dits optimistes sur les chances de relancer les entretiens. Un article paru dans le Neue Zuericher Zeitung du 13 février laissait entendre que la Suisse pourrait médier des entretiens entre Washington et Téhéran (comme les Etats-Unis n’ont pas d’ambassade en Iran, les Suisses font office d’intermédiaire). Selon l’agence de presse iranienne IRNA, le gouvernement iranien n’a pas vu la proposition, mais le Tehran Times affirmait que, selon le ministre des Affaires étrangères Mohammad Ali Hosseini, cette proposition prévoit la reprise des discussions à condition que l’Iran suspende l’alimentation de ses centrifugeuses avec du gaz UF6. Ceci pourrait expliquer pourquoi le président iranien Ahmadinejad n’a pas annoncé d’autres percées dans le programme nucléaire à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution.

Deux informations sont ensuite parues dans la presse indiquant des ingérences américaines et britanniques pour empêcher les entretiens. D’abord, le Financial Times du 13 février a publié un article « à sensation » à propos d’un document, apparemment préparé par Robert Cooper pour le bureau de Solana, affirmant que l’Iran aura, un jour, la capacité de construire une bombe. Sous-entendu, il est inutile de négocier.

Le NZZ du 17-18 février a ensuite publié un article explosif sur la manière dont le gouvernement Bush-Cheney avait saboté une tentative iranienne, médiée par les Suisses, de surmonter le conflit politique. L’offre avait été faite en 2003 par l’ambassadeur suisse en Iran, Tim Guldimann, qui avait rencontré Sadegh Kharrazi, ambassadeur iranien à Paris, également neveu du ministre des Affaires étrangères et gendre du fils de l’ayatollah Khamenei. Tous deux avaient travaillé sur une « feuille de route » pour un rapprochement entre Washington et Téhéran. « Tous les points contentieux ont été mis sur le tapis », écrit le quotidien de Zurich. L’Iran devait se déclarer prêt à négocier son programme nucléaire, à coopérer dans la lutte contre le terrorisme, à cesser son soutien au Hamas et à d’autres groupes militaires, et à reconnaître Israël. Les Etats-Unis, pour leur part, devaient reconnaître le régime de Téhéran ainsi que les intérêts iraniens dans la sécurité régionale, lever les sanctions, extrader des membres du MKO et permettre l’accès à des technologies de pointe étrangères.

L’offre aurait été acceptée par le président de l’époque, Khatami, et son chef de la diplomatie Kharrazi, alors que Khamenei aurait été « entre 85 et 90 % favorable à l’idée ». Lorsque Guldimann arriva à Washington le 4 mai 2003 pour transmettre l’offre, quelqu’un dans l’administration Bush la divulgua à la presse. Les Etats-Unis refusèrent d’y répondre.

A la lecture de l’article du NZZ, il est clair que Washington rejetterait toute offre iranienne aujourd’hui encore. En fait, depuis 2003, à chaque fois que l’on aborde l’offre de Guldimann, la réaction américaine se fait plus hostile. Lors d’un point de presse, le 15 février, le porte-parole du département d’Etat, McCormack, a indiqué que l’initiative suisse était « non professionnelle, non transparente et arrogante ». Lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il considérait la Suisse comme une liaison fiable, il n’a pas répondu, mais il a noté que l’intermédiation suisse n’existait pas pour formuler la politique, mais « pour échanger des notes diplomatiques ».

Contactez-nous !