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Qui va financer le méga-déficit américain ?

La rédaction
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Le département du Commerce américain a fait savoir le 13 mai que le déficit commercial des biens et services avait atteint le niveau record de 45,9 milliards de dollars en mars, soit une augmentation de 2,5 milliards par rapport à février. Pour ce qui est du seul déficit concernant les biens, sans compter les services, il a grimpé jusqu’à 51,2 milliards dollars en mars, franchissant ainsi pour la première fois la barre mensuelle des 50 milliards. Pour le premier trimestre 2004, ce chiffre était de 147,2 milliards. Si cette tendance se maintient, le déficit commercial annuel concernant les biens tangibles atteindrait le niveau astronomique de 590 milliards de dollars. La hausse du prix du pétrole est, bien sûr, l’un des facteurs de la détérioration de la balance commerciale des Etats-Unis.

Pendant l’euphorie de la « nouvelle économie », le financement du déficit était assuré par les acquisitions étrangères d’actions et d’obligations américaines, ainsi que par des investissements étrangers directs. En effet, l’année dernière, les banques centrales asiatiques ont empêché l’effondrement du système dollar, en achetant des volumes sans précédent de bons du Trésor et de titres d’« agence » (Fannie Mae et Freddie Mac). La Banque du Japon, à elle seule, est intervenue à hauteur de 300 milliards de dollars pendant l’année fiscale se terminant le 31 mars 2004, afin de limiter la hausse du yen par rapport à la monnaie américaine. Près de la moitié de cette somme - 138 milliards - a été déboursée au cours du premier trimestre 2004. Or, selon les données annoncées par le ministère japonais des Finances le 12 mai, il n’y a eu aucune intervention japonaise sur le marché des changes entre le 16 mars et la fin du mois d’avril.

Outre les bons du Trésor et d’agence américains, il n’y a qu’une catégorie de titres qui ait assuré d’importants afflux de capitaux étrangers aux Etats-Unis dans la période récente : les obligations d’entreprises. La Grande-Bretagne et les centres off-shore, notamment, en ont acheté des quantités conséquentes ces dernières années. Mais cette tendance est désormais compromise par un autre facteur : la probabilité d’une hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis.

Dès la mi-mars, le rendement sur les bons du Trésor à dix ans est passé de 3,65% à 4,80%, soit 115 points de base. Cette hausse a entraîné celle des taux hypothécaires moyens à 30 ans, qui ont franchi allégrement le seuil des 6%. Ceci, à son tour, a produit un krach des refinancements d’hypothèques qui, selon le dernier rapport de la Mortgage Bankers Association, ont chuté de 56% depuis la mi-mars.

En même temps, le marché des obligations pourries (junk bonds) - titres à haut risque et à haut rendement - connaît de graves difficultés. D’après les fonds spécialisés dans ces obligations, au mois d’avril, le retrait des capitaux a été le deuxième en volume depuis la création de ce marché. On craint maintenant un effet de débordement sur les obligations des entreprises les plus cotées, menant à l’implosion de tout le secteur.

Dès lors, comment les Etats-Unis pourraient-ils attirer cette année entre 500 et 600 milliards de dollars de capitaux étrangers pour financer leur déficit ? Le seul facteur ayant un peu rehaussé le dollar ces dernières semaines a été l’éclatement de la bulle des marchés émergents, c’est-à-dire le rapatriement massif de capitaux américains investis en Amérique latine, en Asie et en Europe de l’Est. D’où le « carnage » en cours sur les Bourses asiatiques, latino-américaines, russe et turque, qui se poursuivait le 17 mai. Mais à un moment donné, ce rapatriement s’arrêtera et alors, le dollar chutera.

De l’avis de certains, nous assistons probablement « au début du grand krach ». La Réserve fédérale a déjà épuisé ses munitions traditionnelles. Selon un important banquier européen, Alan Greenspan sait que toute hausse des taux d’intérêt risque de faire tomber le château de cartes que sont l’économie américaine surendettée et les marchés avides de liquidités à bon marché. Il ne serait pas étonné, dit-il, si la hausse attendue de tous n’intervient pas et qu’au contraire, la Réserve fédérale décide à un certain point de baisser d’urgence les taux pour gagner du temps.

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