Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 8 décembre - Référendum en Italie : une nouvelle claque pour l’UE Lire Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire
Accueil Actualité
Brèves

Rapport de la SCCI : la guerre de Cheney en Irak était sans fondement

La rédaction
visites
757
commentaire

Le 8 juillet, la Commission du renseignement du Sénat américain (SSCI) a rendu publique la première partie d’un rapport sur le fiasco du renseignement avant la guerre d’Irak. Contrairement à ce qu’on peut lire ou entendre dans presque tous les médias, ce document constitue une grave mise en accusation de la Maison-Blanche pour avoir eu recours à des mensonges destinés à convaincre le Congrès et le peuple américain de la nécessité de lancer une guerre contre l’Irak.

Cependant, les faits les plus accablants pour le vice-président Cheney et pour la cellule « privée » du renseignement au Pentagone dirigée par Douglas Feith et William Luti, ne seront pas rendus publics avant la parution de la deuxième partie du rapport, soit après l’élection présidentielle de novembre. Néanmoins, la première partie établit clairement que les analystes du renseignement avaient rassemblé plus de 30 000 pages de documentation montrant que l’Irak ne représentait aucune menace pour les Etats-Unis, pour les alliés des Américains ou pour ses voisins du golfe Persique. Là où le soupçon subsistait que Saddam Hussein puisse posséder ou s’efforcer d’obtenir des armes de destruction massive (ADM), les indices étaient incomplets, contredits par d’autres renseignements ou basés sur des rapports provenant d’individus et de groupes douteux.

La plupart des éléments indiquant l’absence de toute menace ont été soit ignorés, soit présentés sous un faux jour dans la fameuse Estimation nationale du renseignement (NIE) sur les ADM irakiennes, datée du 1er octobre 2002, comme le documente amplement le rapport de la SSCI. Plus important, les démocrates de la commission sénatoriale ont mis en avant, dans leurs « considérations supplémentaires », le fait que de hauts responsables de l’administration Bush, dirigés par Cheney, étaient déjà déterminés à faire la guerre à l’Irak avant la rédaction de la NIE, et qu’ils ont fait de nombreuses déclarations publiques qui s’avèrent mensongères quand on les compare aux rapports analytiques fournis par la communauté du renseignement.

Un ancien officier du renseignement militaire nous a récemment confié qu’on lui avait enseigné, au début de sa carrière, qu’un bon analyste du renseignement devait se tenir prêt à démissionner s’il subissait des pressions pour enjoliver ou falsifier des informations. Si, à la lumière du rapport de la SSCI, on peut faire un reproche collectif à la communauté du renseignement, c’est que les responsables de la CIA, de la DIA et autres n’aient pas protesté haut et fort à chaque fois qu’ils ont entendu Cheney, Rumsfeld, Condoleezza Rice, ou même le président Bush, faire des affirmations publiques sur les ADM irakiennes ou les liens entre le régime irakien et le terrorisme, qu’ils savaient infondées, ou inventées.

Une bonne partie du rapport de la SSCI a trait à la NIE d’octobre 2002. Ce compte-rendu sur la menace des ADM irakiennes n’a été rédigé que suite aux pressions de sénateurs démocrates, qui voulaient un rapport officiel sur les faits avant le débat et le vote au Congrès accordant au président Bush l’autorité de faire la guerre. Aucune étude de ce genre n’avait été faite par la communauté du renseignement depuis des années, bien que Cheney et d’autres responsables du gouvernement n’aient cessé de multiplier les déclarations extravagantes sur les « preuves » du vaste arsenal de Saddam en ADM, de ses liens avec Al-Qaida, et de la reconstitution du projet secret d’armes nucléaires menaçant le monde de « champignons atomiques ».

Cette Estimation, préparée en quelques semaines, a échappé au processus habituel de contrôle. Son auteur principal, Robert Walpole, est considéré comme un carriériste ambitieux, facilement enclin à se conformer aux souhaits de la Maison-Blanche.

La commission du Sénat, qui avait demandé en automne dernier à la communauté du renseignement d’indiquer tous les éléments en contradiction avec les faits établis par la NIE, a reçu quelque 30 000 pages de documentation. La commission en conclut que les analyses de fond de la communauté du renseignement contestant les ADM et les liens avec les terroristes n’étaient pas reflétées dans la NIE, et certainement pas dans les déclarations de hauts responsables gouvernementaux.

Dans des remarques ajoutées à la fin du rapport, les sénateurs démocrates Rockefeller, Levin et Durbin en ont résumé les lacunes et les erreurs : « Malheureusement, le rapport brosse un tableau incomplet de ce qui s’est passé pendant ce temps. (...) La question centrale sur la façon dont le renseignement sur l’Irak a été utilisé, ou mal utilisé, par les responsables gouvernementaux dans des déclarations et des rapports publics, a été reléguée à la seconde partie de l’enquête de la commission, tout comme d’autres questions relatives aux activités de renseignement de certains responsables politiques du Pentagone, aux évaluations réalisées avant la guerre sur la situation en Irak après-guerre et au rôle joué par le Congrès national irakien, dirigé par Ahmed Chalabi, qui dit avoir passé directement au Pentagone et au bureau du vice-Président du "renseignement brut" et de l’information recueillie auprès de transfuges.

« En conséquence, la première partie du rapport n’explique pas pleinement dans quel environnement de pressions intenses on a demandé aux officiers du renseignement de fournir des jugements sur différentes questions concernant l’Irak, alors que les responsables politiques avaient déjà énergiquement communiqué leurs conclusions au public . »

Contactez-nous !

Don rapide