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Refco, un remake de LTCM ?

La rédaction
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Refco est le plus grand courtier « indépendant » des marchés à terme américains. Le 10 octobre, son PDG, Philip Bennett, a été accusé d’avoir dissimulé 430 millions de dollars de créances douteuses par l’intermédiaire du fonds spéculatif Liberty Corner Capital basé dans le New Jersey. Ces créances irrécouvrables, conséquences de contrats de produits dérivés qui ont mal tourné, remonteraient aux crises de LTCM, de la Russie et de l’Asie en 1998. Bennett, de nationalité britannique, a été arrêté le 11 octobre et a dû verser une caution de 50 millions de dollars, de crainte qu’il ne s’enfuie en Angleterre, avant d’être provisoirement libéré.

La crise qui touche la société Refco, commencée dans sa filiale Refco Capital Market Ltd., menace désormais de mettre la maison mère en faillite. Certains craignent une répétition dévastatrice de la faillite de Long Term Credit Management (LTCM), qui avait mis le système financier international au « bord de l’effondrement », comme l’a reconnu un an et demi plus tard le directeur du FMI Michel Camdessus.

La Securities and Exchange Commission (SEC - Commission de contrôle des opérations en Bourse) est intervenue, tandis que la Réserve fédérale s’efforce, en douce, d’éviter que Refco n’entraîne le marché des produits dérivés dans sa chute. Quand on lui a demandé si cette crise représentait un « risque systémique potentiel », le président de la SEC Christopher Cox n’a pas voulu faire de commentaire, tout en reconnaissant cependant qu’« il y a toujours la possibilité que des cas individuels provoquent des effets plus vastes ». Apparemment, des mesures de « gestion de crise » ont été prises, puisque Cox a ajouté : « C’est la raison pour laquelle la SEC maintient une unité spéciale afin de scruter l’horizon pour découvrir si de tels risques se développent. »

Selon une source à la City, le « degré de criminalité » qui apparaît dans cette affaire et l’ampleur de la collusion entre les grandes banques internationales et le courtier en produits dérivés rappellent les déboires du pionnier en « obligations poubelles », Drexell Burnham Lambert, qui avait fait faillite dans les années 80. D’autres font le parallèle entre Refco et la faillite d’Enron.

Le Crédit Suisse First Boston (CSFB), Goldman Sachs, Bank of America, Deutsche Bank et American International Group (AIG), dont l’ancien PDG, Hank Greenberg, a été mis en examen pour fraude, font partie de ceux qui risquent d’être accusés de fraude et de manquement à leur devoir de contrôle. Tous ont garanti l’entrée en Bourse de Refco le 11 août 2005, qui a raflé 600 millions de dollars, bien que Refco ait reconnu, dans ses déclarations à la SEC, manquer de « procédures formalisées pour clore les comptes ». Le 13 octobre, la commercialisation des actions a été suspendue après la chute vertigineuse du cours, qui est passé de 23 à 7,90 dollars.

Alors que les projecteurs sont braqués sur Refco, il ne faut pas oublier que, le 7 octobre, la SEC avait annoncé l’ouverture d’une enquête sur le fonds spéculatif Man Financial accusé d’avoir aidé un autre fonds spéculatif actuellement en faillite, Philadelphia Alternative Asset Management, à dissimuler des pertes s’élevant à 175 millions de dollars, escroquerie similaire à celle dont Refco est accusé. Man Financial est la filiale américaine de Man Group à Londres, le premier fonds spéculatif mondial avec 44 millions de dollars d’avoirs. Si les plus gros peuvent pratiquer ces dissimulations, combien d’autres, sur les 8000 fonds spéculatifs, se livrent à ce genre de comptabilité obscure ?

Rappelant la faillite de LTCM en 1998, le quotidien britannique The Guardian du 16 octobre estimait que Refco « pourrait être le catalyseur d’un autre effondrement ». Le même jour, le New York Times jugeait l’affaire « effrayante », faisant remarquer que le ratio capital/actifs du courtier était de 0,3 %. En effet, en février 2005, Refco disposait d’un capital de 150 millions de dollars contre 49 milliards de dollars d’actifs. En mai 2005, ses contrats en produits dérivés hors bilan se montaient à la somme astronomique 150 milliards de dollars.

La faillite de Refco a produit de multiples ondes de chocs, frappant notamment les fonds de pension tel que TIAA-CREFF. Cet énorme fonds de pension des employés du secteur public risque d’être le plus gros perdant, ayant acheté pour 25 millions de dollars d’actions Refco lors de son entrée en Bourse en août dernier. Le cinquième acheteur était General Motors Investment Management, qui supervise les plans d’épargne-retraite des employés de GM et de ses filiales. Les marchés obligataires des pays émergents sont également touchés : non moins de 60 % des transactions sur les obligations argentines et brésiliennes à New York passaient par Refco - un marché se montant à un milliard de dollars par jour. De même, la Bourse de Chicago va en ressentir les effets, les opérations de Refco représentant 10 % de ses activités.

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