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Référendum irlandais sur Lisbonne : l’UE prise en flagrant délit de mensonge

La rédaction
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Paris, le 16 avril 2008 (Nouvelle Solidarité) — Le quotidien irlandais, Daily Mail, a révélé le lundi 14 avril, un plan « qui montre comment les ministres préparent une campagne délibérée de désinformation afin de faire gagner le ‘oui’ au Traité de Lisbonne lors du vote référendaire imposé par la Constitution. ». Le journal rend public un courriel adressé par Elizabeth Green, une diplomate britannique de haut rang basée à Dublin, au gouvernement britannique, après sa rencontre avec un haut responsable du ministère irlandais des Affaires étrangères, Dan Mulhall.

Ce courriel, rapporte le Mail, « était destiné à montrer à ses maîtres politiques à Londres, toutes les mesures que le gouvernement était prêt à prendre ici afin d’assurer un vote Oui au référendum ». Voici quelques extraits de cet article.

« L’Irlande est le seul Etat membre de l’Union européenne qui autorise ses électeurs à donner leur avis sur le Traité, et les chefs d’Etat sont visiblement terrifiés à l’idée qu’ils puissent le rejeter. Ceux qui font campagne pour le "non" mettent en garde contre un Traité qui pourrait mettre fin au pouvoir de l’Irlande de décider de sa politique fiscale comme de sa politique sociale.

« Toutefois, l’aspect le plus controversé est la possibilité d’avancées dans le concept ‘d’armée européenne’ qui violerait le principe de neutralité, l’un des principes fondateurs de l’Etat. La France a particulièrement à cœur de faire avancer l’idée d’une force armée européenne, que ses opposants craignent de voir passer à l’action malgré l’opposition de l’Irlande, en raison du système de vote à la majorité qualifiée au Conseil [clause passerelle de l’art 48, NDLR].

« Des craintes ont déjà été exprimées sur le sort des soldats de la paix irlandais envoyés au Tchad qui pourraient se retrouvé ainsi impliqués dans les objectifs politiques et militaires français dans la région. Le courriel qui a fait l’objet de cette fuite admet que c’est l’un des problèmes que l’on doit se garder de soumettre aux électeurs, et que le risque de voir les Français s’exprimer sur ce sujet rendait impossible la tenue du référendum à l’automne.Le courriel dit littéralement : "Mulhall estime que le choix d’une date en octobre aurait été plus facile sur le plan procédural, mais le risque d’évènements contreproductifs au cours de la Présidence française - en particulier sur la défense européenne - est beaucoup trop élevé. Nicolas Sarkozy est totalement imprévisible.

« Le haut responsable irlandais est également préoccupé par les récentes négociations à l’OMC, qui ont déjà suscité la colère des agriculteurs et qui pourraient décider les électeurs à voter contre le traité. Les agriculteurs et les acteurs de la filière agricole préparent une journée de grève cette semaine pour protester contre les positions prises par le Commissaire européen au commerce international Peter Mandelson. Le courriel indique aussi que Mulhall craint "un accord de l’OMC fondé sur des concessions qui pourraient conduire les puissantes organisations agricoles à retirer leur soutien".

"Toutefois, les ministres du gouvernement fondent leurs espoirs sur le fait que le traité ne peut être lu ou compris par la plupart des électeurs - et qu’en lançant un référendum à court terme, on empêcherait qu’ils le fassent de toute façon : "la plupart des gens n’aura pas le temps d’étudier le texte et suivra alors les recommandations des politiciens en qui ils ont confiance", ajoute-t-il.

« Il souligne également que le gouvernement prévoit d’empêcher les électeurs d’analyser les détails, déclarant que "l’objectif est de se concentrer sur les avantages globaux de l’Union européenne plutôt que sur le traité lui même".

« Il poursuit en expliquant les détails de la loi référendaire, qui a été adoptée "après de longues consultations avec les juristes du gouvernements et avec les partis politiques". Toutefois, il admet que la loi est "en grande partie incompréhensible pour le lecteur moyen".

« Le message fait référence à des manoeuvres destinées à tromper l’électeur sur la véritable date et indique : "Les Irlandais ont choisi le 29 mai mais vont retarder l’annonce de cette date afin de laisser le camp du non dans le flou". "Le Taoiseach (Premier ministre) et Dermot Ahern [Ministre des affaires étrangères, NDLR) ont estimé qu’il y aurait un petit avantage à laisser le camp du Non dans le doute". La date du 12 juin a été avancée depuis lors, mais il n’est pas clair que ce soit la date définitivement retenue ou si l’option du 29 mai est toujours en réserve afin de déstabiliser la campagne du "non".

« Le courriel ajoute que la Commission européenne faisait de son mieux pour éviter de diffuser de mauvaises nouvelles auprès des électeurs irlandais et que M. Mulhall estimait que d’autres institutions - y compris la Commission - jouaient le jeu et jouent un profil bas.

_ « Il ajoute que durant son voyage à Dublin, la Vice Présidente de la Commission Margot Wallstrom a indiqué à Dermot Ahern que "la Commission voulait minimiser ou reporter les messages qui pourraient être contreproductifs".


Voici le texte complet du mémo envoyé au gouvernement britannique par Elizabeth Green, diplomate britannique à Dublin, à la suite d’une réunion avec Dan Mulhall, haut responsable du Ministère irlandais des affaires étrangères.

Les Irlandais ont choisi la date du 29 mai pour le vote [sur le référendum], mais vont retarder l’annonce de cette date afin de laisser le camp du Non dans le flou (soyez discret, s’il vous plaît).
Le directeur de la DFA [Département des Affaires étrangères] de l’Union Européenne nous a donné le calendrier de mise en exécution du référendum ainsi que des détails du projet de loi qui seront publiés la semaine prochaine. L’objectif est de se concentrer sur les avantages globaux de l’Union Européenne plutôt que sur le traité lui même. Nous sommes concernés par l’impact potentiel d’accords avec l’OMC ainsi que par celui que pourrait avoir Sarkozy.

Le projet, incompréhensible pour le lecteur non-averti, a été accepté après de longues consultations avec les juristes du gouvernement et avec les partis politiques.

Le projet de loi devrait entrer au Parlement dans la seconde semaine d’avril et il faudra surement deux semaines pour le faire passer, ce qui nous amène autour du 22 avril. Le ministre de l’Environnement serait alors chargé de déterminer un ordre de procédure, établissant une date pour un référendum entre 30 et 90 jours après que l’ordre a été donné. Techniquement, le Taoiseach [Premier ministre] et Dermot Ahern [Ministre des affaires étrangères] ont estimé qu’il y aurait un petit avantage à laisser le camp du Non dans le doute. Le 29 mai était la date supposée dans les plans de travail.

Mulhall estime que le choix d’une date en octobre aurait été plus facile sur le plan procédural, mais le risque d’évènements contreproductifs au cours de la Présidence française [de l’UE] - en particulier sur la défense européenne - est beaucoup trop élevé. Nicolas Sarkozy est totalement imprévisible. L’autre facteur qui pourrait avoir un impact défavorable sur le vote de mai, selon les Irlandais, serait un accord de l’OMC fondé sur des concessions qui pourraient conduire les puissantes organisations agricoles à retirer leur soutien.

J’ai parcouru le calendrier de la ratification au Parlement du Royaume uni et j’ai noté que le vote sur le référendum prévu le 5 mars, se déroulerait à un moment particulièrement sensible. Mulhall a remarqué que les médias ont été pour l’instant discrets quant au processus de ratification. Il faudra que nous restions en contact vu l’interférence possible des médias.

Mulhall a estimé que d’autres partenaires, - dont la Commission - jouaient un rôle utile et adoptaient un profil bas. La Vice-présidente, Margot Wallstrom, qui était à Dublin hier et aujourd’hui, a dit à Dermot Ahern que la Commission voulait mettre en sourdine ou reporter les messages qui pourraient être contreproductifs.

(Ce texte n’est pas complet dans l’original, nous nous contentons donc de le reproduire tel quel, ndlr) … les Irlandais pensaient que le traité était à prendre comme acquis…David Miliband ne va pas….

La plupart des gens n’aura pas le temps d’étudier le texte et suivra alors les recommandations des politiciens en qui ils ont confiance.
Pour creuser le sujet : L’histoire secrète du traité de Lisbonne

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