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Renflouement, austérité, hyperinflation : le triangle de la mort

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7 juin 2012 (Nouvelle Solidarité) – Alors que l’Espagne se trouve à deux doigts d’être exclue des marchés et que l’on se rapproche de l’élection parlementaire en Grèce, les propositions se multiplient pour essayer de sauver le système financier trans-atlantique.

Mais il ne faut pas se laisser tromper par les apparences. La multiplicité de ces propositions n’est qu’une variation de tonalité entre trois pôles formant ce qu’on peut appeler le « triangle de la mort » : les renflouements bancaires, l’austérité budgétaire et l’hyperinflation, chacun des mécanismes proposés étant composé d’un différent dosage de ces trois ingrédients de base.

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Côté renflouement d’abord :

A peine la téléconférence du G7 du 5 juin était-elle terminée que Barack Obama s’entretenait en privé avec David Cameron pour ensuite demander à Angela Merkel de s’attaquer immédiatement au renflouement des banques espagnoles. Si Merkel a supposément accepté de tempérer ses demandes en matière d’austérité, elle a néanmoins décidé d’attendre, avant de s’engager, que Madrid ait reçu le rapport commandé auprès de deux cabinets d’audit sur la solvabilité des banques espagnoles, rapport qui sera complété d’ici deux semaines, selon La Tribune.

La solution privilégiée par l’Allemagne serait de renflouer le fond de renflouement mis en place par le gouvernement espagnol, le FROB, non seulement pour donner l’impression que la crise concerne seulement les banques espagnoles, mais également parce que le FESF et le MES sont censés n’aider que les Etats, et pas les banques directement.

Certains responsables européens (dont le commissaire Ollie Rehn et Benoit Coeuré de la BCE) ont toutefois décidé d’emboîter le pas au méga-spéculateur George Soros, pour exiger que le FESF et le MES puissent recapitaliser les banques directement, sans être obligés de demander par les gouvernements concernés.

La feuille de vigne utilisée pour faire avaler cette couleuvre aux populations européennes serait de mettre en place une union bancaire centralisée censée garantir les dépôts à partir d’un fond financé par les banques elles-mêmes. Le tout serait accompagné d’un transfert de souveraineté au bénéfice d’une union politique en matière de politique économique et financière. Un groupe de travail dirigé par le Président du Conseil européen Herman van Rompuy, le Président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso, et le Président de la BCE Mario Draghi a été formé pour approfondir la question le 23 mai.

Côté austérité :

Les élections en France et en Grèce ont démontré qu’il devient de plus en plus difficile d’imposer à l’échelle de chaque nation les cures d’austérité requises, en raison du rejet massif par les populations de leurs gouvernements respectifs. Une solution proposée le 23 mai dernier par des membres pro-européens du Parlement italien est de voter, avec des membres pro-européens du Bundestag, une résolution commune visant à accélérer la mise en place d’une dictature intégrée au niveau européen, avec l’élection d’un Président européen. Les Italiens ont demandé l’émission d’euro-obligations, en contrepartie de la règle d’or (c’est-à-dire l’inscription dans la constitution l’obligation de l’équilibre budgétaire) exigée par les Allemands.

Pendant ce temps, une chute de la consommation provoquée par les mesures d’austérité de Mario Monti a produit une baisse de 2,2% des revenus de l’Etat italien sur la TVA et un trou de 3,5 milliards d’euros dans le budget au cours des derniers mois. La réponse de Monti ? Augmenter le taux de la TVA en septembre, comme il l’avait annoncé il y a quelques mois.

Coté hyperinflation :

S’adressant à des étudiants dans un collège de Milan le 5 juin, l’ancien ministre de l’Économie italien Giulio Tremonti a expliqué qu’une hyperinflation semblable à celle de 1923 en Allemagne est imminente. Le quotidien italien Il Giornale rapporte les propos de Tremonti de la manière suivante : « Ils disent que pour sauver le système il est nécessaire de sauver les banques, mais ils n’ont pas pensé que les banques incluaient la spéculation, et les gouvernements ont renfloué les banques sans conditions. »

Il a montré un graphique « impressionnant » résumant la relation entre l’activité réelle basée sur la production et les produits dérivés détenus par les banques, avec un rapport de un à douze. « Deux ans plus tard, le système bancaire s’attaque aux Etats avec l’argent qu’il a reçu de leur part. » Il a ensuite rappelé que l’hyperinflation de « Weimar est un scénario beaucoup plus proche qu’on pourrait l’imaginer », décrivant aux jeunes dans l’assistance le calvaire vécu par la population allemande à l’époque.

Il a également appelé à la séparation des banques avec un nouveau Glass-Steagall, comme le fit le Président Franklin Delano Roosevelt après la crise de 1929, dans le cadre d’un programme d’urgence plus global pour sortir de la crise. Un autre élément de la solution selon lui est l’émission d’euro-obligations non pas pour renflouer les banques mais devant être liées à la mise en chantier de projets concrets à l’échelle de toute l’Europe.

D’autres médias rapportent qu’il a dit que si la Grèce avait utilisé les 400 milliards d’euros qu’elle a reçu pour renflouer les banques pour un plan de développement de l’économie réelle, le pays serait aujourd’hui dans un boom économique.

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