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Rocard prend parti pour Glass-Steagall et la faillite organisée du système !

La rédaction
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4 octobre 2011 (Nouvelle Solidarité) – Dans une tribune publiée ce jour dans Le Monde, Michel Rocard met en garde « les orthodoxes financiers, défenseurs du paiement intégral de la dette, et surtout de la dette publique »  : « le paiement régulier partout de toutes les dettes échues (…) est à l’évidence impossible ».

Evoquant un risque de « défauts massifs » , l’ancien Premier ministre constate que les accords entre gouvernements, tant aux Etats-Unis qu’en Europe, n’ont fait « que régler les problèmes immédiats » . « L’émission de liquidités, via le financement des banques, continue. Mais celles-ci en sont revenues au comportement de 2008 (…) Les fonds spéculatifs continuent à prospérer, on en crée même de nouveaux, rien ou quasiment rien n’a été fait pour limiter le volume des marchés de produits dérivés virtuels, c’est-à-dire détachés de tout lien avec l’économie réelle. Et les liquidités émises, dans les conditions où elles le sont, ne s’orientent en rien vers des investissements productifs ou le financement de la croissance » .

« Tout cela peut craquer n’importe quand dans des temps proches. Et, cette fois-ci, le sauvetage par la garantie publique, et donc au final par le contribuable, ne sera plus possible » , écrit-il avant d’affirmer ne « plus croire » dans le remboursement des dettes privées comme des dettes publiques. Rocard met même en garde contre le risque totalitaire : les gouvernements grecs, irlandais, portugais ou même d’autres « plus gros », dit-il, ne pourront appliquer davantage d’austérité « sans appui de l’armée » . Puis il constate qu’aucun des pays européens ne pourront payer leur dette sans pratiquer cette austérité, ce qui condamnerait la croissance et les acculerait inévitablement au défaut de paiement.

Face au péril, Michel Rocard en vient donc à proposer de « réintroduire en urgence la séparation entre les banques de dépôt, qui doivent se voir interdire toute activité à risque, et les banques faisant tous les métiers de financement du risque, y compris l’investissement, qui doivent financer leurs opérations sur fonds propres ou sur capitaux dédiés. On amputerait alors d’une grosse partie les liquidités disponibles pour les mouvements spéculatifs, et on protégerait les économies physiques. »

Il aborde alors l’inévitable mise en règlement judiciaire du système : « Naturellement, cela veut dire que la masse énorme des créances douteuses, dans cette séparation, va se retrouver du seul côté des banques traitant le risque. Il sera nécessaire d’en annuler une notable proportion. C’est le prix du risque, puisqu’on ne peut pas payer toute la dette, qu’il faut sacrifier, et sûrement pas la croissance. Et si quelqu’un doit payer, ce qui paraît fatal, il est plus équitable que ce soient les preneurs de risque plutôt que les contribuables ou surtout les chômeurs. »

« N’oublions pas l’histoire : cette idée vient de Franklin D. Roosevelt, qui l’a mise en place en 1933 en obtenant du Congrès le Glass-Steagall Act, contre l’avis des banques à l’époque, bien sûr. C’était un ordre de séparation des institutions bancaires, selon qu’elles sont confrontées au risque ou non, gérer des dépôts exigeant de ne pas l’être. »

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