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Rohatyn défend son plan « Mussolini en peau de FDR »

La rédaction
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2 mars 2009 (LPAC) — Lorsque Felix Rohatyn, ancien ambassadeur américain à Paris et banquier de la Banque Lazard, de pure tradition synarchiste, prit la parole à Washington la semaine dernière, lors de la conférence des gouverneurs, les participants s’étonnèrent de ses propos.

En effet, ces dernières années, Rohatyn s’est illustré par des attaques vicieuses contre l’héritage de Franklin Delano Roosevelt, tout en se présentant comme un grand défenseur de l’investissement dans les infrastructures.

Comme son co-penseur républicain, l’ancien secrétaire d’Etat George Schultz, il martelait qu’il était hors de question de revenir aux méthodes de la Reconstruction Finance Corporation (RFC) de FDR, l’agence d’Etat qui garantissait l’investissement dans l’infrastructure, et qu’aujourd’hui, seuls les partenariats public-privé (PPP)pourraient accomplir cette tâche, sans oublier le leasing, voire la privatisation, comme dans le cas des autoroutes, ports ou aéroports – en réalité, le modèle mussolinien des « grands travaux ».

Or, le Rohatyn « nouveau » nous clame la main sur le cœur que « pendant que des milliers de milliards de dollars sont injectés dans des banques zombies, la nation se disloque. Routes et ponts, écoles, aéroports et chemins de fer, ports et barrages, canalisations d’eau, etc. – toute l’infrastructure de base de la nation – s’effondre à grande vitesse pendant que les chiffres du chômage explosent ».

Rohatyn annonça qu’il était venu à Washington pour lancer un appel à l’action, que dans les cinq prochaines années, le gouvernement fédéral devrait investir 1600 milliards de dollars dans les infrastructures publiques, de préférence sous forme d’investissement public, du type FDR, ne tarissant d’éloges ni pour le Président Abraham Lincoln et son soutien au projet de chemin de fer transcontinental pendant la guerre de Sécession aux Etats-Unis, ni pour FDR quand il décida l’électrification rurale et lança, en pleine dépression, le plus grand programme de travaux publics jamais entrepris dans l’histoire des Etats-Unis.

Pour mieux tromper son public, Rohatyn érigea en modèle la RFC et la TVA (Tennessee Valley Authority, un grand projet de barrages et d’irrigation) de Roosevelt. Ces projets, dit-il, « ont façonné et revigoré notre économie en fournissant des capitaux à des hommes et des machines qui permirent de vaincre les puissances nazies et de surmonter la grande dépression. »

Rohatyn se serait-il enfin rallié au programme de LaRouche ? Non, et pour l’instant sa conversion à l’humanisme ne semble pas à l’ordre du jour.

LaRouche évalue sa métamorphose actuelle comme témoignant d’une réorientation complète du débat. « Rohatyn reconnaît que c’est ma politique qui passe ». Selon lui, Rohatyn et le milliardaire pro-britannique George Soros font équipe. Ce ne sont que les valets d’un syndic international de la finance.

Depuis que le Président Obama s’est révélé comme franchement opposé au narcotrafic, Soros n’a plus la cote. D’où le besoin de réintégrer Rohatyn dans le jeu, constate LaRouche.

L’autre angle d’attaque contre l’administration Obama prend la forme d’une véritable campagne de propagande anti-FDR, « démontrant par A + B » que ce n’est pas le New Deal qui a sauvé l’Amérique de la dépression, mais bien la Deuxième Guerre mondiale.

Ce mensonge éhonté émane des héritiers directs de ceux qui tentèrent d’assassiner FDR à l’époque.

Au même moment, bon nombre de blogs et de journaux se déchaînent contre l’ancien Président Bill Clinton. « Viré de ta maison ? Remercie Bill Clinton ! », clament leurs gros titres. Sur de pleines pages, Clinton est blâmé pour avoir, sous la pression de l’affaire Lewinsky, stupidement supprimé la fameuse loi Glass-Steagall qui séparait rigoureusement les activités des banques d’investissement spéculatives, des banques commerciales et des compagnies d’assurances.Il s’agit d’une tentative manifeste de le marginaliser et de neutraliser son influence sur la nouvelle administration, afin de laisser la place au tandem Soros-Rohatyn.

Par la suite, lors d’autres interviews, Rohatyn précisa que si l’Etat fédéral devait amorcer le mouvement, c’était surtout le privé qui allait compléter l’investissement, sous forme d’obligations émises par une Banque nationale d’infrastructure, alléguant que c’est l’unique façon de financer le type de réseau de TGV qu’Obama appelle actuellement de ses vœux.

Cependant, toute personne connaissant un tant soit peu l’histoire du « Système américain d’économie politique » sait que toute politique de crédit productif public est diamétralement contraire au type de PPP prônée par Rohatyn et consorts.

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