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RIA Novosti

Russie - Amérique latine : coopération dans les sciences, les techniques et l’inovation

La rédaction
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Youri Zaïtsev, conseiller académique de l’Académie des sciences de l’ingénierie, RIA Novosti

Parmi les priorités majeures de la politique extérieure de la Russie figure l’intensification du dialogue politique et de la coopération économique avec les Etats d’Amérique latine. Cela s’explique par le volume important du marché latino-américain, les possibilités élevées de livraison aux pays de cette région de produits russes de haute technologie et de services, ainsi que par les positions de leader occupées par les pays latino-américains sur des marchés mondiaux des matières premières agricoles et de l’agroalimentaire.

Globalement, les perspectives de la coopération économique entre la Russie et les pays d’Amérique latine sont bonnes. Le commerce avec l’Amérique latine représente aujourd’hui environ 4 % de l’ensemble des échanges extérieurs de la Russie, et ce chiffre pourrait parfaitement doubler, voire tripler. Avec le Brésil, par exemple, les échanges bilatéraux atteignent dès à présent les 3 milliards de dollars. A l’époque soviétique, le record avait atteint 835 millions de dollars, mais il n’avait tenu à ce niveau qu’en 1983. Toutefois, à l’époque, 60 % des exportations étaient constituées par des machines et biens d’équipement. Aujourd’hui, les 3/4 des livraisons russes à destination du Brésil, de l’Argentine et du Mexique sont constituées par des engrais minéraux. Il n’y a qu’avec Cuba que le volume des équipements dans la balance commerciale soit assez élevé. Mais il s’agit, pour l’essentiel, de pièces pour des matériels achetés à l’époque de l’URSS.

La coopération dans le secteur de l’innovation n’est à l’évidence pas assez développée. Elle est même tout simplement absente depuis des années avec certains pays. Le Chili et le Pérou, par exemple, donnent une liste des 25 pays qui sont les plus gros investisseurs dans leur économie. La Russie n’y figure pas. Il en va de même pour le Mexique : il y a bien des investissements russes, mais ils sont très faibles. Les axes de coopération les plus prometteurs de la Russie avec les pays latino-américains sont les matières premières énergétiques, les combustibles, l’énergie, la métallurgie, l’industrie chimique et pétrochimique, les constructions mécaniques, le transport et l’agro-industriel.

Dans le secteur des hautes technologies, il convient de noter la coopération dans le secteur spatial. Des satellites mexicains, chiliens et argentins sont lancés à l’aide de fusées russes. Un cosmonaute brésilien a effectué un vol dans l’espace à bord d’un vaisseau russe Soyouz, et l’on est en train de réaliser un programme de création, d’après un projet russe, d’un polygone de tir moderne sur le cosmodrome d’Alcantara, dans l’Etat de Maranhao. Les spécialistes russes apportent une aide au Brésil pour élaborer des moyens efficaces de mise orbite de charges utiles.

Dans le secteur énergie-combustibles, la coopération et la transmission de technologies pourraient s’orienter vers l’introduction de méthodes modernes de recherche, de prospection et de monitoring des réserves de matières premières minérales et organiques (notamment à partir de l’espace), d’élévation du niveau d’extraction et d’exploitation, ainsi que vers la création de systèmes très fiables et écologiquement sûrs de transport. C’est ainsi que le russe Rusal a acquis au Guyana une des plus grosses compagnies d’extraction de bauxite et y a déjà réalisé pour plusieurs milliards de dollars d’investissements. Ces investissements permettront à la Russie de recevoir annuellement deux millions de tonnes de bauxite. Un chiffre assez élevé à l’échelle de la Russie, et a fortiori du Guyana.

Le géant pétrolier russe Lukoil s’emploie activement à consolider ses positions sur le marché latino-américain des matières premières énergétiques.

Dans la production d’énergie, la politique d’innovation peut se concentrer sur la création et l’utilisation d’installations vapeur/gaz pour les centrales électriques brûlant du combustible gazeux et d’unités force/vapeur à très haut rendement, utilisant de toutes nouvelles technologies de combustion des combustibles solides. La compagnie électronénergétique russe Silovye Mashiny (anciennement Energomashexport) a remporté les enchères pour la livraison d’équipements pour des centrales électriques au Mexique, au Brésil et au Chili.

La réalisation de cycles technologiques de production directs, garantissant une économie maximale de ressources et d’énergie à tous les stades du processus, est particulièrement d’actualité pour les pays latino-américains ayant une industrie métallurgique assez développée. Le même objectif - introduction de technologies économisant les matériaux et l’énergie - est fixé dans l’industrie chimique et pétrochimique.

Dans les constructions mécaniques, l’expérience russe d’automatisation des processus de développement et de production peut faire l’objet d’une demande, de même que l’utilisation de méthodes novatrices de traitement haute précision des matériaux, de contrôle et de diagnostic des pièces et agrégats au cours du processus de leur fabrication et de leur exploitation.

La coopération technologique dans les transports peut se développer dans les domaines du renouvellement et du perfectionnement des moyens de transport, des véhicules et des équipements. Des camions russes Oural sont achetés par l’armée uruguayenne. Une usine de montage d’Avtovaz fonctionne en Equateur. Du matériel aéronautique, essentiellement des hélicoptères, est vendu au Mexique, au Venezuela, à la Colombie et au Pérou.

Pour de nombreux experts russes, la principale forme de coopération garantissant l’élaboration et la commercialisation des projets d’innovation russes devrait être la création avec des compagnies latino-américaines de coentreprises dans des secteurs des hautes technologies aussi bien pour élaborer des modèles pilotes de coopération de productions conjointes de haute technicité que pour porter des réalisations russes novatrices au stade de l’utilisation commerciale. Il convient d’avoir présent à l’esprit, ce faisant, que les projets d’innovation ne seront efficaces que s’ils reposent sur des recherches fondamentales et appliquées de pointe et s’ils sont destinés dès le début à être commercialisés.

Une condition importante, même si elle n’est pas décisive, du succès dans la coopération scientifique, technique et dans le secteur de l’innovation entre la Russie et les pays latino-américains est sa stimulation active par l’Etat russe. Ce dernier doit notamment soutenir les projets nationaux présentés lors des salons internationaux, élargir la délivrance de licences de technologies nationales à l’étranger, garantir la transparence des exportations et importations de technologies.

L’Amérique latine constitue pour la Russie un partenaire économique et commercial extraordinairement intéressant et prometteur. Il en est ainsi du Brésil, qui est le quatrième producteur mondial d’avions et un leader sur le marché des appareils régionaux et moyen courrier, dont il détient 45 %. Avec pourtant un paradoxe : la Russie achète ces avions aux Etats-Unis, alors que les Etats-Unis eux-mêmes les achètent au Brésil...

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